Le village de Saint-François-Xavier-de-Brompton est ceinturé d’eau, mais sans réseau d’aqueduc et sans bornes-fontaines, la municipalité n’a pu offrir de raccordement temporaire à la famille dont le puits de surface a été asséché par des travaux d’infrastructures.

Au puits de l’information et à la source de l’indifférence

CHRONIQUE / Le maire de Saint-François-Xavier-de-Brompton, Gérard Messier, est sorti de son mutisme à propos du différend ayant pour conséquence de priver une famille de sa municipalité d’eau potable depuis pratiquement un mois.

Le creusage et le dynamitage effectués par une firme chargée de remplacer une conduite d’égout pluvial sur la rue de l’Église auraient provoqué le 18 mai l’assèchement du puits de surface de la résidence habitée par Annie Poulin, Nicolas Duchesneau et leurs deux enfants.

Le maire admet avoir été jusqu’à maintenant plus distant qu’engagé auprès de cette famille, le temps d’aller chercher des avis légaux.

« Nous avons été mis en garde de ne pas poser de gestes pouvant compromettre la gestion du dossier. Après vérification, les articles de loi sont clairs, tout préjudice causé durant l’exécution de travaux n’est pas la responsabilité de la municipalité, mais bien du consultant ou de l’entrepreneur en ayant la charge. Nous avons malgré tout avisé notre assureur, la Mutuelle des municipalités du Québec, qui pilotera le dossier » explique M. Messier.

Il est étonnant que l’aspect légal ait été l’urgence de niveau 1 du conseil municipal dirigé par cet ancien président du Syndicat de l’enseignement de l’Estrie qui, à mon souvenir, n’a jamais repoussé le soutien à ses membres au jour du règlement des griefs.

Considérant que le gouvernement provincial oblige les municipalités et les MRC à se doter de plans d’urgence afin de pouvoir répondre promptement et efficacement aux pires cataclysmes, un délai d’un mois est difficilement justifiable pour offrir un accompagnement minimal à une famille n’ayant plus le service de base qu’est l’eau.

« Sans réseau d’aqueduc et sans bornes-fontaines, nous ne pouvons recourir à ces sources pour un branchement temporaire et comme le dépannage offert par un voisin semblait adéquat, il nous est apparu que la famille parvenait à subvenir adéquatement à ses besoins dans l’attente d’une solution permanente », justifie le maire de Saint-François-Xavier-de-Brompton.

La municipalité avait prévenu ses citoyens que des travaux majeurs se préparaient en expédiant par la poste à chacune des portes une invitation (datée du 10 avril) pour une séance d’information ayant eu lieu le 24 du même mois.

« Nous avions ce soir-là des engagements que nous ne pouvions déplacer. Nous avons pris des informations par la suite et des vérifications concrètes ont été effectuées. La pression ainsi que le niveau de l’eau de notre puits ont été mesurés, ce qui démontre qu’il était fonctionnel avant le début des travaux, comme au cours des six dernières années », précise Annie Poulin.

En remontant dans l’histoire, cette dernière a découvert que de semblables travaux effectués en 1969 avaient asséché pas moins d’une vingtaine de puits.

« La firme qui exécutait les travaux savait qu’il y avait des puits de surface dans le secteur. Quant au lien de causalité, je ne me prononcerai pas là-dessus. C’est l’enquête technique qui mènera aux conclusions ainsi qu’au règlement le plus rapide et le plus équitable pour tous. En tout cas, c’est que nous souhaitons », ajoute prudemment le maire Messier.

L’eau jaillira vraisemblablement d’un nouveau puits avant l’argent d’un règlement puisque la firme spécialisée contactée par les sinistrés croit pouvoir les raccorder à un puits artésien à bon débit d’ici le début de la semaine prochaine.

Je veux bien que des élus évoquent la prudence et le devoir d’objectivité, mais ça ne le soustrait pas à leur devoir d’agir d’abord en bon père de famille.

LA BULLE CITOYENNE

La Ville de Sherbrooke a beau émettre des communiqués de presse qui sont publiés sur son site internet et relayés par les médias de la région, un nombre renversant de citoyens ancrés dans leurs habitudes et enfermés dans leur bulle poussent leur bac de recyclage à la rue en suivant mécaniquement le calendrier municipal.

Ils ne portent pas la moindre attention au déplacement des jours de collecte pour éviter d’aggraver les surplus de matières recyclables au centre de tri Récup Estrie. Sans ces ajustements, ne resterait plus que l’enfouissement et il viendrait alourdir la facture.

Les indifférents sont évidemment perplexes lorsqu’ils retrouvent leur bac plein. Plusieurs s’en offusquent. La Ville a répondu à 400 appels de ce genre la semaine dernière. Sans compter les messages laissés sur les répondeurs.

On passe le message poliment aux retardataires où on attend que la Ville ait à augmenter son personnel pour répondre aux plaintes?