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Tommy Brochu, initiative de journalisme local
La Tribune
Tommy Brochu, initiative de journalisme local
Dans les prochaines semaines, je saurai si j’ai été vacciné.
Dans les prochaines semaines, je saurai si j’ai été vacciné.

Ai-je été vacciné? Je le saurai!

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CHRONIQUE / D’ici quelques semaines, je pourrai savoir si j’ai été vacciné... ou pas.

Petit rappel ici : il y a un peu moins de quatre mois, j’ai reçu le vaccin-test de Médicago. J’avais cinq chances sur six de recevoir des doses de ce vaccin développé à Québec, donc une chance sur six d’avoir un placebo.  Alors depuis le jour J, une question me trotte dans la tête. J’ai été vacciné ou pas?

Comme les vaccins de Pfizer, de Moderna et d’AstraZeneca sont maintenant disponibles sur le marché, je pourrai bientôt savoir si on m’a injecté deux doses d’un candidat-vaccin qui démontre assez de marqueurs d’efficacité et de sécurité pour amorcer sa troisième phase de recherche ou si on m’a plutôt injecté dans le bras une solution d’eau saline.

« Les participants qui désirent savoir s’ils étaient sous placebo ont la possibilité de le faire et de se retirer de l’étude s’ils étaient sous placebo, explique le président directeur général de Q&T Recherche, Pierre Gervais. Il serait impensable de dire aux gens qu’ils ont signé un papier, donc qu’ils se sont engagés. On n’est pas dans un régime totalitaire. Les gens ont pleine autorité sur eux-mêmes. »

« Ceux qui décident de continuer l’étude, ils demeurent en phase d’observation », explique celui qui est également pharmacien.

Cette nouvelle me rend très content. En décembre dernier, la seule chose qui me faisait hésiter à me porter volontaire, c’est que nous devions savoir quelle solution nous avait été injectée seulement à la fin de l’étude, 14 mois plus tard. Ça nous emmenait en février 2022.

D’ailleurs, en 40 ans de carrière dans le domaine pharmaceutique, Pierre Gervais n’avait jamais donné le résultat avant la fin de l’étude. 

Mais est-ce dangereux pour la phase deux de l’étude si tous les participants décident de savoir s’ils ont été vaccinés ou non? « Pas vraiment, répond le PDG de Q&T. Déjà, beaucoup de données ont été amassées sur la sécurité et sur l’immunogénicité. On sait que les doses utilisées provoquent une belle réaction immunitaire. »

Attendre

Il faut encore patienter, mais je vois la lumière au bout du tunnel. Pour connaître la réponse à la question que je me pose depuis le mois de décembre dernier, je devrai être admissible à recevoir un vaccin. Et ce n’est pas demain la veille que les jeunes de 23 ans en bonne santé auront accès aux vaccins disponibles sur le marché. 

« C’est pour maintenir le double insu tant qu’il est possible de le faire, indique M. Gervais. [...] Si le participant est un anti-vaccin, qu’il déteste et ne veut rien savoir de ça et réalise qu’il est sous vaccin actif, tout à coup, les effets secondaires augmentent. Il a mal à la tête, etc. C’est un effet qui serait parfaitement normal. On attend le plus longtemps possible de façon à ce qu’il ait le choix. »

Si on m’a injecté le candidat-vaccin, je pourrai continuer l’étude, même si je suis dans le secret des dieux. Sinon, je pourrai quitter l’étude et attendre qu’un vaccin soit disponible pour les jeunes de 23 ans, possiblement au mois de juin.

Et si je veux pousser l’audace, je pourrais me faire vacciner par la Santé publique même si j’ai reçu le candidat-vaccin de Médicago. « Il est possible qu’un sujet décide sans nous en parler de le faire. Il y a un tas de données qui nous rassurent, qui disent qu’il n’y a pas de problème à faire la dose d’un vaccin A et d’un vaccin B. Ce n’est pas ce qu’on suggère, mais il n’y a pas de risque encouru », résume Pierre Gervais.