Ah, Facebook!

À cause de moi, une ancienne voisine a commencé la nouvelle année tourmentée.

Josée* a habité à côté de chez nous pendant quelques années. Assez longtemps, du moins, pour qu’on développe une relation courtoise. 

Bonjour! Bonjour! 

Ça va toi? Oui. Toi? Oui!

Elle aimait faire du couponnage. Je me rappelle lui avoir refilé à quelques reprises le petit dépliant de rabais pris en sandwich entre les deux hebdos dans le Publi-Sac.

On n’a jamais pris l’apéro ensemble, mais même après son déménagement, quand on se croisait au centre-ville, on piquait un petit brin de jasette. On s’informait l’une de l’autre. 

Un jour, Josée m’a demandé d’être son amie Facebook. J’ai accepté. 

Certains de mes collègues journalistes gèrent deux comptes Facebook; un personnel et un professionnel. Pas moi. J’ai pas envie et encore moins le temps. C’est ce qui explique d’ailleurs pourquoi je brille par mon absence sur des réseaux comme LinkedIn et Instagram. 

Ma tribune, c’est cette chronique. 

Active sur Facebook, je ne le suis pas tant que ça. Honnêtement, sur ma page, on n’y apprend rien de nouveau sur moi. Et des photos, j’en mets rarement. J’utilise ce réseau pour mon travail et, comme la plupart des gens, j’aime y répondre avec humour et cynisme aux publications des autres. 

Ceci dit, comme plusieurs me suivent déjà sur une base régulière dans le journal, endroit où je me dévoile sans trop de complexes, je me suis questionnée sur l’intérêt qu’ils me suivent également sur Facebook, endroit qui, dans mon cas, est assez vide en contenu.

Dans cette optique, j’ai donc décidé un jour de parcourir ma liste d’amis en répondant à cette question... et j’ai bloqué plein de monde pour qui, selon moi, la réponse était clairement qu’intérêt, il n’y avait pas! Dans le même élan, j’ai aussi bloqué les fanatiques de chats, de chiens et de chevaux. Celles qui partagent trop de chaînes de lettres et ceux qui se sentent obligés de nous partager ce qu’ils mangent pour souper.

Vous me voyez venir? Dans mon grand ménage, j’ai bloqué Josée!

Au retour des Fêtes, elle m’a écrit un long courriel qui, si je le résume en un mot, disait «Pourquoi?» 

Si j’avais été tout simplement supprimée, j’aurais pu comprendre que je n’appartiens ni à tes amis intimes ni à ta parenté, mais de là à complètement disparaître, je cherche encore..., qu’elle me demandait.

Je me sens comme la bête noire de tes 353 amis!

Aïe, aïe, aïe!

Exclue. Voilà comment elle se sentait. Et, pauvre elle, elle s’en est fait pendant des jours.

Après un échange de courriels où on s’est expliquées, elle m’a appris que le blocage était une méthode «simple, mais drastique» de ne pas voir ce que nos amis publient.

Tu n’es probablement pas à jour sur les innombrables paramètres que la plateforme remplace ou rajoute régulièrement?, qu’elle m’a fait remarquer, en visant dans le mille.

Jamais je n’ai lu le livret d’instructions qui vient avec Facebook. Pas plus que je n’ai lu celui fourni avec mon cellulaire, mon ordi ou ma TV. Quand ça niaise, je trouve toujours un piton (ou un David, conseiller en informatique) pour «m’aider». 

Sur Facebook, celui écrit Bloquer répondait à mon besoin du moment. 

En passant, je dois admettre que simple et drastique, ça me ressemble beaucoup.

Moi, quand je fais du ménage, m’a alors expliqué Josée, je décoche le ‘abonné’ de la personne qui pollue mon fil d’actualité. Comme ça, j’ai la paix!

Josée m’a toutefois avoué avoir déjà bloqué quelqu’un. Un homme qui se disait intéressé par le cinéma maison qu’elle avait à vendre. Après avoir pris un arrangement avec lui pour qu’il passe le chercher, il a répondu avec un selfie de lui NU! 

Lui, je ne me suis pas posé de questions, je l’ai bloqué, qu’elle m’a écrit. Ce comportement m’oblige à bannir cette personne définitivement.

C’est là que j’ai tout compris. Dans son livre à elle, bloquer égale bannir. De voir que je lui avais réservé le même sort qu’à son cinéphile-imbécile l’a horripilée. Et je la comprends.

La blesser n’était tellement pas mon intention. 

Moi pis mes rages de ménage!

En 2018, dans mes envolées, je vais apprendre à ménager les gens.

Merci Josée! (qui a vite été réintégrée dans mes amis Facebook).

*nom fictif