Gilberte Gilbert Maltais, de Jonquière, a reçu un certificat honorifique du député Sylvain Gaudreault, lundi, pour souligner ses 100 ans, un anniversaire qu’elle a fêté le 24 décembre 2018.

À 100 ans dans son logement

CHRONIQUE / Il y a 20 ans, quand une personne atteignait l’âge vénérable de 100 ans, elle faisait souvent l’objet d’un reportage dans Le Progrès-Dimanche. C’était à l’époque un événement rare. Aujourd’hui, avoir 100 ans est devenu quelque chose de normal, presque banal, alors que de plus en plus de gens vivent un siècle.

Mais avoir 100 ans et vivre seul dans son logement de façon autonome, c’est un peu plus rare.

J’accompagnais le député de Jonquière, Sylvain Gaudreault, lundi, lors d’une visite officielle pour émettre un certificat honorifique du gouvernement du Québec pour souligner les 100 ans de Gilberte Gilbert de Jonquière, une centenaire qui vit seule dans son logement de manière autonome.

Autonome

Sa voisine d’en haut raconte. « Je venais juste d’emménager ici et je vois cette dame en train de gratter la neige de son entrée piétonnière. Je sors à l’extérieur, je l’aborde en lui demandant quel âge elle a ? Elle me dit 93 ans. Je lui ai dit bien là vous me remisez cette pelle-là et vous ne la ressortez plus jamais, je vais m’occuper de gratter votre trottoir », rappelle la voisine.

La centenaire se rappelait très bien ce moment. Elle habite dans ce logement d’une coopérative d’habitation depuis le décès de son mari, il y a 23 ans. « J’ai eu des voisins pas très portés sur la gratte, ils se pelletaient un chemin pas plus large qu’une “trail” de lièvre », dira-t-elle un peu pince-sans-rire.

Gilberte Gilbert a eu 100 ans le 24 décembre 2018. « Gilberte, ce n’était pas un bon choix comme nom. J’aurais pu le changer. Comme je suis né le 24 décembre, je portais aussi le nom de Noëlla sur mon baptistère, mais quand je me suis mariée j’ai porté le nom de mon mari ; Gilberte Maltais, c’était correct », indique la dame qui possède encore une mémoire phénoménale. « Il y a quelqu’un qui m’a dit une fois que ce n’était pas très original comme nom ; il a perdu une belle occasion de se taire », rétorque la centenaire en souriant.

Bien entourée

Pour la visite du député et du journaliste, Gilberte Gilbert était entourée de ses enfants et de deux voisins dans son loyer de quatre pièces et demie propre et bien décoré.

« C’est grâce à mes voisins et aux nombreuses visites de mes enfants que je peux rester seule ici dans ma maison. Le matin quand ils sortent, ils regardent à ma fenêtre pour voir si les toiles sont levées et si tout est normal. Je suis une lève-tôt et j’ouvre toujours mes toiles dès mon lever », fait savoir la dame pleine de vitalité.

Elle dit fièrement qu’elle ne prend aucun médicament à son âge. Une de ses filles précise qu’ils ont même de la difficulté à lui faire prendre une Tylenol à l’occasion. « Je n’ai jamais fumé et je n’ai jamais pris d’alcool », dit-elle pour expliquer sa longévité.

Gilberte Gilbert compte aujourd’hui huit enfants, 15 petits-enfants, 18 arrière-petits-enfants et 4 arrière-arrière-petits-enfants. « Les plus beaux moments de ma vie ont été la naissance de mes enfants. Les sept premiers sont nés à la maison et le dernier à l’hôpital. Encore aujourd’hui, quand les enfants de mes enfants mettent un bébé au monde, c’est encore de beaux moments », fait savoir cette dame originaire du chemin du Plateau à La Baie.

Du chauffage au bois à Internet

Elle a passé sa vie à s’occuper de la maison et de ses enfants. Elle est allée à l’école jusqu’en 7e année, assez longtemps pour savoir lire, écrire et compter. « J’ai aussi beaucoup appris dans les livres de mes enfants quand je les aidais à faire leurs devoirs », prend-elle soin de préciser.

Elle a grandi sur une ferme dans une maison chauffée au bois et sans électricité. Elle a vécu l’arrivée de l’électricité, de la radio, de l’automobile, de la télévision, de la laveuse à linge et récemment elle a été bien impressionnée de parler à son petit-fils au Costa Rica via l’application Skype. Comme bien des mères de famille de son époque, elle pratiquait la couture et faisait les vêtements de ses enfants en plus de préparer des repas quotidiennement.

« Aujourd’hui je cuisine beaucoup moins. Mes enfants m’apportent souvent des plats préparés que je fais chauffer, mais je cuisine encore des soupes, j’aime bien ça », dit-elle. Elle confie qu’elle n’écoute pas la télévision pour se divertir, mais pour apprendre des choses. « Il faut que ça donne de quoi, sinon ça ne sert à rien », plaide la centenaire. Elle a conclu notre rencontre en disant que les gens aujourd’hui savent trop de choses. « On n’a pas besoin d’en savoir autant au sujet de tout », philosophe la dame qui a la foi et qui aime la vie avec la lumière quotidienne qui entre dans son logement.

Vieillir, c’est beau quand on a la santé physique et psychologique, en plus de profiter d’un bel entourage et de l’amour de ses descendants.