Chronique

«Il y a de l’espoir»

CHRONIQUE / Dans son cabinet, le docteur Gilles Julien revoit certains patients qu’il a suivis quand ils étaient enfants. «Ils reviennent avec leurs enfants, ils ont besoin de cette continuité, d’une forme d’accompagnement».

Du lien d’attachement.

De la communauté.

Depuis qu’il prend soin des «petits poqués», l’expression est de moi, le père de la pédiatrie sociale en a vu de toutes les couleurs. Nous avions un rendez-vous téléphonique la semaine dernière, il s’est excusé de quelques minutes de retard. «Le jeune en était à sa deuxième tentative de suicide.»

Il a pris le temps de l’écouter.

Une histoire de DPJ, un conflit de personnalités entre une intervenante et la mère. Le DJulien a réussi à convaincre la mère de le laisser parler à la travailleuse sociale (TS) pour qu’il lui soumette l’idée de laisser le dossier à quelqu’un d’autre. «Dans ce cas-ci, la TS augmente le conflit.»

Il ne sait pas ce que ça va donner.

Il sait que cette mère doit être approchée doucement, qu’elle ne fait pas confiance facilement. 

Lundi dernier, La Presse a publié les résultats d’un sondage mené auprès d’un millier de jeunes placés par la DPJ, en famille d’accueil ou dans un centre de réadaptation. La majorité s’est dit satisfaite de leur famille d’accueil, à peine la moitié pour ce qui est des centres de réadaptation. Mais ce qui ressort surtout, c’est que plusieurs de ces jeunes accusent un retard scolaire, seulement 17 % ont atteint le niveau correspondant à leur âge, contre 75 % chez les jeunes en général.

Le résultat n’étonne pas le DJulien. «Il y a un manque de suivi, un manque de stabilité. Dans les ressources, l’accent est mis davantage sur le comportement que sur l’académique. C’est le retard qui est le plus dur à récupérer. Dans les centres, il n’y a pas beaucoup d’attachement, ce n’est pas encouragé. Les jeunes ne sont pas valorisés.»

Au fil des années, s’il y a une chose que le DJulien a comprise, c’est l’importance de ce lien de confiance. «S’il n’y a pas de lien de confiance, on arrive vite à la confrontation et au dérapage. [...] Et quand il y a confrontation, ça nuit, ça provoque le décrochage, les suicides. C’est simple et basic.»

Il le voit bien, les dossiers de DPJ qui dérapent sont souvent ceux où les parents osent remettre en question les interventions. «Dès qu’un parent élève la voix, c’est une mauvaise note, et ça s’accumule...» Les parents confrontants ont automatiquement le mauvais rôle, celui du méchant, celui qui ne comprend pas ce qui est bon pour son enfant.

C’est un cercle vicieux.

Pour en sortir, Gilles Julien insiste sur la nécessité d’une approche qui ne juge pas, un «intermédiaire entre les systèmes», entre l’école et la DPJ entre autres. C’est l’approche que prônent les 33 centres de pédiatrie sociale à la grandeur du Québec, qui doivent souvent réparer les pots cassés.

Les pots, ce sont des enfants.

Il faudrait plutôt réparer le système de protection de l’enfance. «Sans dénigrer ce qui existe, il y a des choses qui doivent être changées. Il faut rendre les services intégrés plus accessibles, une approche qui n’est pas orientée vers le jugement et la dénonciation. La base de la DPJ, c’est la délation.»

Le Dr Julien et son équipe travaillent d’ailleurs sur des projets pour mobiliser les communautés, non pas à dénoncer, mais à se solidariser. Depuis l’an dernier, lui et Hélène (Sioui) Trudel, la mère de la pédiatrie sociale, mènent un projet-pilote, Familles Enfants Réseaux (FER), pour créer un «cercle protecteur» autour des jeunes.

Ils travaillent aussi sur des réseaux de voisins pour, entre autres, offrir du répit à des familles.

Mais rien de tout ça n’est possible sans un lien d’humain à humain. «Mon point, pour être impliqué dans cette problématique depuis longtemps, c’est qu’il y a un dénominateur commun : l’attachement. Quand un intervenant s’attache à un jeune, ça donne des résultats. Si j’avais un choix à faire, ce serait d’augmenter cet accompagnement, pour que chaque jeune ait un mentor. Ça marche dans tous les cas.»

Il faut, aussi, avoir un véritable mécanisme de contrôle de la DPJ. «On a suggéré un Défenseur des droits de l’enfant, le Québec est la seule province à ne pas en avoir. Il faut un vrai défenseur avec une autorité et des pouvoirs qui serait nommé par l’Assemblée nationale, comme ils font en Ontario. Il faut qu’il ait le pouvoir de vraiment aller au fond des choses.»

De regarder sous le vernis.

Parce que oui, parfois, des enfants écopent à cause d’un entêtement et d’un bras de fer entre la DPJ et les parents. «C’est sûr qu’il y a un déni dans la population. Les gens ne peuvent pas croire que des cas peuvent déraper comme ça.»

Gilles Julien a rencontré la semaine dernière le nouveau ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, il devait aussi rencontrer Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé, responsable de la DPJ. «On a des gens qui ont un regard frais. Le nouveau gouvernement a l’air de vouloir changer les choses, de faire autrement. Il y a de l’espoir.»

C’est ce que je retiens.

Le 15 décembre aux quatre coins du Québec aura lieu la Guignolée des centres de pédiatrie sociale, la plus connue étant celle du Dr Julien à Montréal. Plus près de nous, il y a la Guignolée du Dre Duquette à Québec et la Guignolée du CPS de Lévis. Pour plus d’informations, www.pediatriesocialelevis.com et pediatriesocialequebec.org.

À Gatineau, la Guignolée du Dre Bureau aura lieu le samedi 15 et le dimanche 16 décembre, de 9h à 17h, dans 35 sites sur le territoire de la ville. Pour plus d’informations, www.pediatriesocialegatineau.com.

Actualités

La lettre d’Hélène à Margot

CHRONIQUE / À pareille date l’an dernier, Annie Falardeau a trouvé une carte de Noël à travers le courrier adressé à sa mère. Une dame prénommée Hélène offrait ses vœux de joie, santé et bonheur à celle que tout le monde appelle Margot.

Victime d’un grave accident vasculaire cérébral, Marguerite Trudel n’habitait plus sa maison. Elle venait d’être admise dans un centre d’hébergement et de soins de longue durée. Les séquelles de l’AVC étaient importantes: corps paralysé du côté gauche, troubles de la mémoire et de la parole.

Science

La Terre n'arrêtera pas de tourner, mais...

SCIENCE AU QUOTIDIEN / «Comme on voit toujours la même face de la lune, certains disent que c’est parce qu’elle ne tourne pas sur elle-même. Si c’est vrai, il s’agirait d’une rare exception parce qu’à ma connaissance tous les astres tournent sur eux mêmes, non ? Et j’ai aussi lu quelque part que la vitesse de rotation de la Terre ralentissait petit à petit, si bien que dans quelques millions d’années, elle s’arrêterait complètement et que sa face constamment exposée au Soleil serait brulée tandis que l’autre serait gelée. Qu’en est-il ?», demande Ghislain Gauthier.

Si la Lune ne tournait pas sur elle-même, il s’agirait en effet d’une exception fabuleusement rare. Les astres — qu’il s’agisse de planètes, de lunes ou d’étoiles — se forment lorsque des nuages de gaz et/ou de poussières flottant dans l’espace finissent par s’effondrer sous l’effet de leur propre gravité. Ces nuages vont alors tourner sur eux-mêmes, puis former un disque qui tourne sur lui-même, puis le disque va petit à petit se transformer en sphère. Et le «produit final», la planète, conserve cette rotation.

J’imagine que l’Univers est trop vaste pour qu’on puisse dire qu’il n’existe absolument aucun astre sans rotation. Mais à partir de ce qu’on sait des étoiles, planètes, lunes et astéroïdes que l’on a observés jusqu’à maintenant, la règle est que tous les objets ont une rotation. Et notre Lune n’y fait pas exception.

On peut avoir l’impression contraire parce qu’on en voit toujours la même face, mais c’est simplement parce que sa rotation est synchronisée avec sa «révolution», comme disent les physiciens : elle prend le même temps pour faire un tour sur elle-même (environ 28 jours) qu’elle n’en met pour faire le tour de la Terre (28 jours aussi). Ce n’est pas un hasard s’il en est ainsi — et l’explication nous permettra au passage de comprendre pourquoi il est vrai que la rotation terrestre ralentit peu à peu.

La Terre et la Lune sont d’énormes masses assez rapprochées (à l’échelle cosmique, s’entend) et qui exercent une forte gravité l’une sur l’autre. Cette gravité, bien sûr, explique pourquoi la Lune continue de tourner autour de notre planète, mais elle fait un petit quelque chose de plus : des effets de marée. Sur Terre, on les voit avec le niveau de la mer, mais la gravité lunaire ne fait pas qu’attirer des masses d’eau. La croûte terrestre se soulève également d’environ 30 centimètres au passage de la Lune, ce qui crée une sorte de «bourrelet» de matière qui se déplace au rythme de la rotation de la Terre et de la révolution lunaire.

Maintenant, il y a deux choses à souligner à propos de ce «bourrelet». La première, c’est qu’il représente un surplus de masse, qui exerce donc un surplus de force gravitationnelle. Comparé à la totalité de la gravité terrestre, ce n’est pas grand-chose, mais cela reste une force qui agit. La seconde, c’est que ce bourrelet est toujours légèrement décalé, légèrement en avance par rapport à la Lune parce que la Terre tourne sur elle-même en 24 heures, alors que la Lune met 28 jours à compléter un tour de la Terre.

Et ce dernier point est capital : comme l’orbite lunaire va dans le même sens que la rotation terrestre, cela signifie que le petit surplus de force gravitationnelle du bourrelet fait accélérer la Lune.

Compte tenu des distances et des masses impliquées, l’accélération est infinitésimale. Pour vous donner une idée, sachez que plus un satellite file rapidement sur sa course orbitale, plus il s’éloigne de sa planète — et l’accélération dont on parle ici fait s’éloigner la Lune au rythme de… 3 cm par année. C’est comparable à la vitesse à laquelle poussent les ongles, alors la distance Terre-Lune est d’environ 380 000 km. Presque rien, quoi.

L’accélération de la Lune n’est cependant qu’un des deux côtés d’une même médaille. Car ultimement, d’où vient l’énergie qu’il faut pour la faire orbiter plus vite ? De la rotation terrestre, sur laquelle notre satellite naturel agit comme une sorte d’ancre. À mesure que la Lune accélère, la Terre tourne de moins en moins vite sur elle-même. Encore une fois, c’est infinitésimal, mais c’est suffisant pour faire une différence notable sur de longues périodes.

Des géologues ont d’ailleurs été capables d’en prendre des mesures très concrètes. On connaît en effet des roches qui se sont formées par l’accumulation de sédiments dans des circonstances telles que l’on peut encore discerner, même des millions d’années plus tard, l’effet de chaque marée individuelle. En analysant les caractéristiques des couches de sédiments que chaque cycle de marée a laissé derrière lui dans des roches de l’Australie, un chercheur a pu estimer que chaque journée durait environ 22 heures il y a 620 millions d’années — et même autour de 18 heures il y a 2,45 milliards d’années.

La Terre a eu le même genre d’effet de marée sur la Lune, et en a ralenti la rotation jusqu’à la synchroniser avec sa révoltuion. La différence est que comme la Terre est beaucoup plus massive, elle exerce des forces plus grandes sur la Lune, et son inertie (sa résistance aux forces exercées par la Lune) est plus importante. C’est pourquoi la Terre n’a pas encore synchronisé sa rotation avec l’orbite lunaire. Cela finira éventuellement par arriver, mais il faudra être patient : on estime que cela prendra encore… 50 milliards d’années.

Pour en savoir plus :

- George E. Williams, «Geological Constrait on the Precambrian History of Earth’s Rotation and the Moon’s Orbit», Reviews of Geophysics, 2000, https://bit.ly/2BW1q8P

- Fraser Cain, «When Will Earth Lock to the Moon ?», Universe Today, 2016, https://bit.ly/2AZupaf

* * * * *

Vous vous posez des questions sur le monde qui vous entoure ? Qu’elles concernent la physique, la biologie ou toute autre discipline, notre journaliste se fera un plaisir d’y répondre. À nos yeux, il n’existe aucune «question idiote», aucune question «trop petite» pour être intéressante ! Alors écrivez-nous à : jfcliche@lesoleil.com.

Chroniques

Gisèle ne demande pas la lune

CHRONIQUE / Depuis le début du mois, cinq soirs par semaine, Gisèle Guay n’a plus aucun service à domicile. Elle doit dormir dans son fauteuil roulant.

Le ventre vide.

Sans bain.

«Dès que la personne qui me donnait les soins m’a avisée qu’elle partait, j’ai tout de suite informé le CLSC.» Elle a aussitôt cherché à remplacer cette personne en mettant des annonces autour de chez elle, à la boulangerie, à l’épicerie, à Emploi Québec aussi. Gisèle a l’habitude, elle a besoin de soins depuis 1998.

Atteinte de fibromyalgie, minée par des douleurs articulaires permanentes, elle ne peut se déplacer seule, ni même se soulever.

Elle a 70 ans.

Gisèle, comme la plupart des personnes qui sont à domicile, reçoit de l’argent pour un nombre d’heures de service et elle trouve — et paye — elle-même les gens qui lui prodiguent des soins. Au fil des années, elle a embauché des gens directement, elle a aussi parfois eu recours à des agences.

Quand il y a des cases horaires à découvert, le CLSC envoie quelqu’un.

Cette fois, Gisèle a eu beau chercher, faire les mêmes démarches qu’à l’habitude, son offre d’emploi est restée sans réponse. Avec un salaire qui tourne autour de 11 $ après les déductions, dans un contexte de pénurie de personnel, personne n’a levé la main pour venir la faire souper, lui donner son bain, ses médicaments et la coucher.

Elle s’est donc tournée vers le CLSC. «Ma travailleuse sociale, elle m’a dit qu’elle allait regarder ça. Elle m’est revenue en novembre, elle a dit qu’il n’y avait personne qui pouvait venir le soir, sauf le mardi et le jeudi que j’avais déjà et qu’ils m’ont laissés. Je savais donc que je n’aurais aucun autre service.»

Et, même le mardi et le jeudi, elle n’a pas de bain. Trop long. En une heure et quart, l’auxiliaire n’a le temps que de la faire souper, lui enlever ses bas de soutien, lui donner ses médicaments, lui débarbouiller le visage et lui brosser les dents.

Et de la coucher.

En raison de ses douleurs, les manipulations doivent être moins rapides. «Mais la douleur, ce n’est pas comptabilisé dans le calcul du temps. S’il y a une malformation, une dysfonction, c’est calculé. Mais le temps que ça prend de plus parce qu’il faut faire attention, parce que ça me fait mal, non.»

Ça n’entre pas dans la grille.

Il ne reste à Gisèle qu’une employée, qui vient les matins de fin de semaine dans son logement Sainte-Foy pour l’aider et faire des tâches domestiques. Le CLSC envoie quelqu’un les matins de semaine, une heure et quart. La personne doit l’habiller, lui faire à déjeuner, préparer son dîner. Elle place son manteau de fourrure sous elle dans son fauteuil électrique, ses bottes aux pieds. «Si je veux sortir, je suis prête. J’aime beaucoup aller me promener autour, sortir de la maison, ça me fait du bien.»

Je suis passée la voir mercredi avant-midi, la dame du matin venait de partir. «Ce soir, je vais dormir comme ça.» Comme samedi et dimanche soir, elle fait basculer son fauteuil vers l’arrière, son corps restant plié en position assise. Sans souper, sans aucun soin d’hygiène, avec ses bas de soutien aux pieds, les mêmes vêtements.

Elle arrive de peine et de misère à prendre une partie de ses médicaments.

«Depuis 2017, ça a commencé à diminuer, c’est de plus en plus difficile de recruter du personnel. Il y a des personnes qui venaient, qui finissaient leurs études et qui se trouvaient du travail. Il y a une qui a quitté au mois d’avril, une autre en juillet.» Et l’autre, en novembre.

Cet été, elle a dû se tourner vers les services du CLSC pour certains soirs de fins de semaine. Elle a parfois soupé à 16h, mise au lit à 17h30. «C’est arrivé plus d’une fois. Ils m’ont expliqué que, dans les résidences, comme il y a une heure qui est fixe pour le souper, ils ne peuvent pas y aller avant. Ils venaient donc ici...»

C’était ça ou rien.

Selon les complexes calculs du CLSC, Gisèle a droit à 31 heures de services par semaine, pour s’occuper d’elle et de son logement. La dame qui vient la fin de semaine en fait un peu plus de huit, le CLSC en fait neuf, en cinq matins et deux soirs, une heure et quart chaque fois.

Vendredi dernier, Gisèle a tenté une ultime fois d’avoir des services du CLSC. «J’ai appelé ma travailleuse sociale. Je lui ai dit “ma travailleuse vient de finir ce soir, je n’ai personne demain... J’imagine que vous n’avez personne non plus.” C’était sur sa boîte vocale, elle ne m’a pas rappelée. Elle est débordée.»

Le lundi matin, l’auxiliaire du CLSC s’est pointée. Elle a mis du temps, mais elle a fini par réaliser que Gisèle avait passé la nuit dans son fauteuil.

— Vous avez dormi comme ça?
— Oui.
— Vous n’avez pas appelé?
— Oui.
— Il n’y a personne qui vient?
— Non, pas la fin de semaine. Il n’y a personne.
— Ça arrive des fois, des coupures...

L’auxiliaire a fait son heure et quart, elle est repartie. Gisèle est restée là, assise sur son manteau, avec ses bottes aux pieds.

Jusqu’au lendemain matin.

Chroniques

Durant un mois de cinq jeudis

PERSPECTIVES / Une autre année s’achève sans entente entre la Ville de Sherbrooke et ses employés sur les modalités de remboursement du déficit de l’une des deux caisses de retraite, conformément aux règles prescrites en 2014 par l’ancien gouvernement libéral.

Ne perdons pas espoir, les deux parties n’auraient jamais été aussi près d’un règlement. Sauf qu’il ne reste qu’une assemblée publique du conseil municipal en 2018, le 17 décembre, et celle-ci s’annonce déjà chargée, puisqu’elle sera soirée de budget.

À moins d’un empressement soudain, une entente interviendra quelque part en 2019. Avec de fortes probabilités que ce soit durant un mois comptant cinq jeudis!

Avec cette précision, c’est dire que les célébrations pourraient avoir lieu dès le mois janvier. Ou alors en mai. Ou en août. Ou en octobre. Faut se laisser une petite marge de manœuvre quand même, des fois que surviendraient d’autres imprévus…

Au moment de céder son poste au début du mois de juin, l’ancien directeur général Yves Vermette laissait pourtant entendre que ce n’était que formalité.

« Bien que les accords n’aient pas encore été dévoilés, les ententes de principe sont convenues avec les syndicats », a alors affirmé M. Vermette.

« L’accord sur les principes généraux remonte même à l’été 2017. Le désir des pompiers de se détacher de la caisse commune a cependant allongé les délais », précisait six mois plus tard Daniel Picard, maintenant aux commandes de l’appareil municipal.

Rappelons qu’à Sherbrooke, seuls les policiers ont actuellement un régime autonome. Celui-ci a d’ailleurs été soustrait aux contraintes de la loi 3, puisqu’il n’était pas déficitaire au 31 décembre 2013, la date ayant été fixée pour régler les comptes du passé. Depuis, employeurs et employés sont responsables à parts égales des manques à gagner qui pourraient survenir.

Je reviendrai plus loin sur la demande scission des pompiers, mais tant qu’à se rafraîchir la mémoire sur les dates et les chiffres, l’autre caisse était alors en déficit de 36,9 M$. La Ville ayant à sa charge 100 pour cent du manque à gagner de 18 M$ pour les rentes des employés qui étaient déjà à la retraite et 50 pour cent des 18,9 M$ pour garantir les promesses futures, la négociation qui se prolonge vise somme toute à déterminer comment les cotisants vont renvoyer autour de 9 millions et demi de dollars dans la caisse.

Il n’a jamais été question que les cols bleus, les cols blancs, les pompiers et les cadres signent un chèque à déposer dans la caisse commune lors d’une seule traite bancaire. Renoncer à des acquis du régime a une valeur qui se calcule.

De la même façon, les cotisants ont réussi au cours de la négociation à faire reconnaître des concessions du passé et, du coup, à réduire pour la peine leur dû. Les différentes parties le reconnaissent, mais refusent pour le moment de dévoiler à combien se réglera cette dette.

Revenons aux pompiers

« Oui, nos demandes ont nécessité d’autres analyses financières afin d’être équitables envers chacun, mais nous avons toujours pris l’engagement auprès des partenaires de ne pas retarder le groupe. S’il y avait eu insistance de faire face aux obligations de la loi 3 d’abord et de s’occuper du mode de sortie ensuite, nous n’aurions formulé aucune objection », soutient le président de leur syndicat, Simon Gilbert.

« Il n’y aurait eu aucun gain véritable à procéder de la sorte. Au bout du compte, les Sherbrookois n’auront rien perdu à attendre. Nous le démontrerons lors du dévoilement des accords », répond à ce sujet le DG de la Ville.  

En d’autres termes, si les caisses de retraite ont été dans le passé un brasier ardent à circonscrire, avec la protection de la loi 3, il n’y a plus le feu!

Ceci même si les Sherbrookois ont versé encore cette année plus de 10 M$ pour rembourser le capital et les intérêts sur les emprunts ayant servi à renflouer les caisses de retraite, somme représentant deux fois et demie le prix de la nouvelle caserne de l’arrondissement de Lennoxville, occupée par des pompiers permanents.

Un montant équivalent figurera dans la colonne des dépenses au budget 2019, puis l’année suivante, puis en 2021. Ces obligations financières s’estomperont quelque peu à compter de 2022, mais ce n’est qu’à partir de 2024 qu’elles chuteront dans les dépenses de fonctionnement de la Ville à la même des 4 M$ alloués pour la plus récente caserne.

« Nous sommes tout près d’un règlement et j’ai vraiment hâte que ça fasse », exprime prudemment comme souhait le maire Steve Lussier.

L’entente se profilant à l’horizon aurait été conclue l’été dernier ou avant, qu’elle n’aurait pas libéré l’administration municipale des dettes du passé. Elle n’aurait pas non plus augmenté de manière significative les sommes disponibles pour fermer le budget 2019 sans hausse de taxes.

Mais une mise à jour minimale aurait été de mise, étant donné que ce boulet financier n’est pas disparu d’un coup de baguette magique non plus. Dans le bilan de sa première année à la mairie, Steve Lussier n’a même pas effleuré le sujet. Il a préféré mettre en valeur sa croisade à lui : la fin des paiements en double aux fournisseurs de la Ville.  

C’est un très bon coup, reconnaissons-le, sauf que les économies ainsi réalisées — que M. Lussier n’a d’ailleurs pas encore réussi à chiffrer — seront minimes par rapport aux dizaines de millions qui auront été versés pour renflouer les caisses de retraite. Nouveau maire, nouveau directeur général, l’occasion était pourtant belle de marquer la transition.

Le tandem Lussier-Picard n’aurait-il pas attiré l’attention des Sherbrookois de manière plus positive en enterrant au plus vite les différends du passé avec les syndicats plutôt qu’en mesurant la grandeur du carré de sable à l’intérieur duquel les conseillers Pierre Tremblay et Évelyne Beaudin devraient être confinés?

C’est une opinion bien personnelle, mais je pense que oui. Dans le même contexte, j’aurais accordé une telle importance à rassurer au plus vite mes commettants que j’aurais probablement manqué de temps pour me préoccuper de la seconde.

Actualités

Les seins de Jenny, l’encre de Yan Solo

CHRONIQUE / Depuis quelques semaines, Jenny Vézina se regarde différemment dans le miroir. La femme de 46 ans ne voit plus les cicatrices laissées par l’ablation de ses deux seins. Elle contemple des fleurs de cerisier et se réconcilie avec l’épreuve de la maladie.

Jenny n’a rien à cacher. Ni ici ni ailleurs.

SÉANCE D'ORTHOGRAPHE

Nous sûmes assumer  

CHRONIQUE / Ma chronique sur l’utilisation du verbe «contempler», il y a deux semaines, a fait réagir. En fait, plusieurs lecteurs, ignorant cette définition particulière du verbe anglais «contemplate», ont compris pourquoi ils tombaient sur des tournures comme «Justin Trudeau contemple [envisage, entrevoit] un gouvernement majoritaire». Leur réaction me rassure : c’est signe que l’anglicisme n’a pas encore trop gagné de terrain.

Voyons voir toutefois si vous trouverez l’anglicisme dans cette nouvelle série d’exemples, également tous extraits de véritables articles de journaux.  

«Recyc-Québec n’assume pas le leadership qu’on aurait attendu.»

«Nous avons une part des responsabilités dans cette situation, que nous assumons.»

«Le fédéral promet aux provinces d’assumer la moitié de la facture.»

«On peut assumer que la nouvelle mouture des Cantonniers fera le bonheur des partisans.»

«J’assume que nous allons en apprendre un peu plus.»

En français, comme l’explique la Banque de dépannage linguistique, le verbe «assumer» signifie «prendre à son compte, prendre sur soi, se charger de» ou encore «accepter consciemment une situation, un état». Ce verbe a comme complément un nom abstrait.

On peut donc, dans le cas de la première définition, assumer des frais, des responsabilités, une fonction, un rôle, une tâche. Mais on peut également assumer, nous dit la deuxième définition, ses choix, ses erreurs, ses décisions, ses limites, les conséquences de ses gestes, etc. Le verbe est donc bien utilisé dans les trois premières phrases.

«Assumer» s’emploie aussi à la forme pronominale. S’assumer, c’est s’accepter, se prendre en charge.

«Elle s’assume pleinement comme personne transgenre.»

«Je trouve que tu ne t’assumes pas comme adulte.»

Mais sous l’influence de l’anglais «to assume», explique la BDL, on utilise à tort «assumer» dans le sens de «penser, croire, supposer, présumer, considérer».

C’est le cas dans les deux dernières phrases. Les auteurs ont recouru à la définition anglaise du verbe. On pourrait les corriger ainsi.

«On peut présumer que la nouvelle mouture des Cantonniers fera le bonheur des partisans.»

«Je suppose que nous allons en apprendre un peu plus.»

On pourrait penser que la confusion provient de la similitude entre les verbes «assumer» et «présumer». Ces derniers n’ont toutefois pas la même étymologie. Le premier vient du latin «assumere», lui-même dérivé de «sumere», un verbe qui voulait dire «entreprendre», explique le Petit Robert. «Présumer» est plutôt issu du latin «praesumere», qui signifiait «prendre d’avance».

Notez également qu’en anglais, le verbe «to assume» a plusieurs autres définitions : se donner (un air, une mine, un ton); s’attribuer, s’arroger, s’approprier (un droit, un titre, etc.); simuler, affecter («to assume a virtue» : se parer d’une vertu). Ces différents sens n’ont pas encore contaminé le français, mais on ne sait jamais. Restez sur vos gardes!

Questions ou commentaires? Steve.bergeron@latribune.qc.ca.

Chronique

Calendrier du grand débarras

CHRONIQUE / Des fois, souvent, on ne sait pas par où commencer.

C’est un peu ce qui se passe dans mon trop grand bungalow meublé d’une collection de tables, de vieux fauteuils, de patentes, de gogosses et de cossins rapaillés au fil de trente ans de ventes de garage, de brocantes bon marché et d’antiquaires à l’époque où ils étaient moins populaires et donc moins chers.

J’ai le décor chargé et hétéroclite. Tu viens assurément pas chez nous pour te reposer l’œil, mais c’est un bordel qui me sied assez bien. 

Moins à ma douce, qui depuis quelque temps déjà me presse la patience à grands discours minimalistes. En gros, je résume parce qu’elle parle beaucoup, elle veut qu’on se débarrasse de tout plein de choses, qu’on se lousse du coup l’espace et l’esprit.

Des fois, souvent, tu sais que quelque chose est bon pour toi, mais tu hésites quand même à y aller.

Mais j’ouvre mon cœur, comme diraient les coachs de vie de ce monde.

En fait, j’avais déjà accepté de passer, pièce par pièce, pour faire le tri de ce qui peut partir et de ce qui doit rester, mais ce n’était pas sans avoir déjà apposé un droit de veto sur tout ce qui ressemble de près ou de loin à un livre, un disque, une toile/photo/gravure/sculpture.

Et à quelques petites choses encore pour lesquelles j’ai des projets quinquennaux que je remets de cinq ans en cinq ans.

« Pis les tables tournantes, les projecteurs, les radios qui ne fonctionnent pas? »

Pas touche.

On entend ici le son de la résistance. De ma résistance.

On est tous un peu dans la résistance face au changement, aussi bénéfique s’annonce-t-il.

C’est un peu pour ça que des fois, souvent, faut commencer doucement, même si on sait qu’il faudra plus et plus rapidement. 

L’important, c’est de commencer. Quelque part.

Et de ne pas s’arrêter là.

Je vous parle alors de la députée de Sherbrooke à l’Assemblée nationale, Christine Labrie, un rare petit point orange solidaire en régions du Québec, mais l’allégeance est assez accessoire dans le cas qui nous intéresse.

Mère de trois jeunes enfants, Christine Labrie annonçait cette semaine sur les réseaux sociaux que la petite famille avait instauré un calendrier de l’avent inversé. Concrètement, parents et enfants déposent chaque jour dans un sac à cet effet un objet qu’ils n’utilisent plus et qu’ils souhaitent donner à quelqu’un d’autre. Un quelqu’un d’autre qui pourra, on l’imagine, être connu ou inconnu, individu ou organisme.

Madame Labrie expliquait que l’opération était tellement bénéfique dans sa chaumière qu’ils envisageaient de la poursuivre au-delà du 25 décembre.

J’ai relayé l’idée à la minimaliste de ma propre demeure, démontré une belle ouverture je crois à ce qu’on avance ainsi tout en douceur vers une certaine épuration des lieux et des nécessités.

Parce que l’objectif final, ce n’est certes pas de se débarrasser sur un coup de tête de choses que l’on cherchera désespérément à remplacer à la première occasion.

Ce qu’on souhaite, ultimement, c’est revoir notre relation aux choses, aux objets qui nous entourent, à notre besoin insatiable de se les approprier, de les accumuler, de les remplacer, souvent même avant la fin de leur vie utile. 

Ce qui serait tout à fait extraordinaire, disons-le en cette période de l’avent qui s’adonne à arriver juste avant Noël, c’est de retrouver un rapport plus sain aux bébelles, qu’on ait 7, 37 ou 77 ans.

Fait que je vais amorcer mon calendrier de l’avent un brin en retard, mais y a peut-être des copies vinyles de La Mélodie du bonheur pis de Grease, quelques bouquins que je garde en double pis une table tournante qui vont finalement sortir de la maison.

Des fois, souvent, il faut résister à la résistance.

Quoi faire avec tout ça? Chaque région regorge d’organismes prêts à assurer le relais entre vos surplus et les besoins de quelqu’un d’autre. Et pourquoi ne pas envisager du troc ou encore une méga vente-débarras avec vos collègues ou vos voisins, les fonds recueillis pouvant alors être remis à un organisme ou servir à l’aménagement d’un potager collectif? 

Opinions

Un lynchage en quatre secondes [VIDÉO]

BILLET / «Sais-tu “twerker”?»

La question a été posée lundi, devant un auditoire européen, par le DJ Martin Solveig à la joueuse de soccer Ada Hegerberg qui venait de se mériter le premier Ballon d’Or décerné à une femme. En quelques minutes à peine, grâce aux réseaux sociaux, l’extrait s’est répandu à la grandeur de la planète.

Dans le clip vidéo de l’incident, on entend la question de Solveig et on voit la réaction de la joueuse, qui semble exaspérée.

Comment cet idiot osait-il ternir ainsi son accomplissement? Réduire une joueuse d’exception à son attrait physique, sexuel, quand nous commençons à peine à prendre la mesure des abus dont les femmes sont victimes?

Nous avons retweeté, condamné, applaudi ce lynchage bien mérité. Et je m’inclus dans ce «nous». C’était la tempête parfaite.

Mais une fois la colère assouvie, un détail clochait. Une seule vidéo de l’incident circulait, et elle ne durait que quatre secondes. C’est court quatre secondes. 

Peut-on vraiment crucifier, collectivement, quelqu’un sans savoir ce qui s’est passé au-delà de ces quatre secondes?

Ce qu’à peu près personne n’a vu, parmi ceux qui s’informaient par les réseaux sociaux, c’est que le DJ disait ensuite : «...parce qu’on a choisi quelque chose d’autre». L’idée était justement qu’elle dise non, comme prévu, afin d’enchaîner avec la musique de Sinatra qu’il avait déjà choisie pour elle.

Évidemment, il s’est mis les pieds dans les plats avec cette question déplacée, mais l’intention et l’incident lui-même n’avaient pas un caractère aussi méprisant et réducteur que ces quatre secondes de clip ont laissé croire.

Le contexte était «écrasé». En isolant un aussi court extrait, on amplifie son caractère offensant et on efface tout ce qui pourrait l’atténuer. C’est la meilleure façon de voir ses tweets, ou ses commentaires, rejoindre un plus vaste auditoire. C’est la nature du réseau social.

Ces plateformes créent ce que les spécialistes ont appelé, vers 2010, context collapse, qu’on pourrait traduire par l’écrasement, l’effondrement du contexte.
Dans le monde réel, chaque groupe partage un code, un contexte commun dans lequel les écarts, les transgressions sont permises afin de produire un effet, pour faire rire, etc. Dans l’espace numérique, la communication se fait avec tous les publics à la fois, et cela«écrase» ce contexte. Il ne reste pratiquement pas d’espace pour les écarts de langage, pour l’erreur.

Une journaliste aux États-Unis en a récemment fait l’illustration. Quinn Norton avait été embauchée plus tôt cette année par le New York Times pour écrire sur l’impact des technologies sur la société. C’est une plume brillante avec une grande connaissance du sujet. Mais on a ressorti de vieux commentaires, des échanges qu’elle avait eus au sein de groupes de hackers, qui prenaient une autre dimension, plus noire. On a ressorti ses amitiés passées avec un  personnage raciste de la droite dite «alternative».

Sortis de leur contexte, ses mots, ses relations devenaient inacceptables. Le Times a finalement été forcé de revenir sur son offre, devant le tollé provoqué.

Nous pouvons tous être, d’une certaine façon, manipulés par de l’information tronquée, par des images choisies, grossies dans le but de déformer la réalité, sciemment, ou simplement afin de monnayer notre attention.

Il n’y a malheureusement pas de remède miracle. Il faut juste essayer de voir ce qu’il y a de l’autre côté des quatre secondes.

Partick Duquette

Pot légal : le monde à l’envers

CHRONIQUE / Ai-je la berlue ? Le Québec est-il en train de devenir plus puritain que l’Ontario, sa prude voisine ?

En tout cas, le gouvernement de François Legault vient de faire passer à 21 ans l’âge légal pour acheter ou posséder du cannabis récréatif dans la Belle Province. En Ontario, cette limite demeure fixée à 19 ans - le même âge que pour la cigarette et l’alcool.

J’ai de la misère à comprendre la décision de François Legault. Il me semble que le premier ministre cède devant le discours de peur qui prévalait AVANT la légalisation, quand on craignait encore que les poteux de tous acabits envahissent les rues et les parcs de nos villes. Une menace qui ne s’est pas réalisée.

En haussant la limite à 21 ans, le premier ministre Legault veut décourager les jeunes de consommer du pot. Dans les faits, il risque surtout surtout de pousser cette belle jeunesse à s’approvisionner en cannabis auprès de leur pusher… comme avant la légalisation. Les revendeurs de rue pourront refiler à peu près n’importe quelle cochonnerie aux jeunes. C’est le crime organisé qui va être content.

J’écoutais le député libéral de Pontiac, André Fortin, talonner le ministre délégué à la Santé et aux services sociaux, Lionel Carmant, à l’Assemblée nationale. Je l’entendais répéter que l’approche caquiste va à l’encontre de la science et de l’avis des experts de la santé publique. « Le projet de loi qu’il dépose aujourd’hui ne fait rien pour protéger les jeunes ! », insistait André Fortin.

Moi aussi je me demande en quoi les nouvelles restrictions protégeront mieux les jeunes, y compris les jeunes à risque de développer des troubles psychotiques, une des préoccupations tout à fait légitimes du gouvernement Legault.

Si on veut envoyer un message très clair aux jeunes, à savoir que la consommation de pot peut provoquer de graves problèmes de santé mentale, une bonne campagne de sensibilisation ferait mieux l’affaire qu’un durcissement de la loi.

La légalisation du cannabis est au départ une démarche de santé publique. En augmentant les restrictions, le gouvernement Legault dénature cette approche. Il en refait un problème de sécurité publique. Hausser l’âge légal, interdire le pot dans presque tous les lieux publics, c’est un retour à une forme de prohibition. La prohibition qui a prouvé son inefficacité, qui gaspille des fortunes en répression policière, qui fait emprisonner des innocents… sans empêcher les gens de consommer.

Oui, la CAQ avait promis de faire passer l’âge légal à 21 ans en campagne électorale. M. Legault a juré de tenir ses promesses, ce qui est tout à son honneur. Mais il a aussi promis de reconnaître ses erreurs. Il en fait une en repoussant dans la cour des hors-la-loi tous ces jeunes Québécois de 18-21 ans. 

Dans la région frontalière d’Ottawa-Gatineau, la hausse de l’âge légal pourrait créer un tourisme du pot vers l’Ontario. Au temps peu glorieux des bars de la promenade du Portage, les Ontariens traversaient le pont interprovincial pour venir boire un coup au Québec. 

Bientôt, ce sont les jeunes Gatinois de 19-21 ans qui iront rouler leurs joints en Ontario. Le monde à l’envers !