Perspectives

En quête d’innovation pour les trottoirs

CHRONIQUE / Avec 5 mm de pluie sur les radars pour dimanche, l’achat de pierre à la quincaillerie passera une fois de plus avant l’épicerie dans les emplettes du samedi!

L’hiver est exigeant, capricieux, maudissant. 

Bien qu’elle en soit seulement à sa deuxième saison hivernale, la nouvelle mairesse de Montréal, Valérie Plante, est déjà saturé des critiques sur l’état des trottoirs. Les équipes municipales font le maximum dans ces conditions exceptionnelles, assure-t-on dans toutes les villes de la province.

« C’est ce que l’on m’a aussi répondu quand j’ai questionné nos gestionnaires. Je les crois sur parole. Je n’ai pas le moindre doute quant aux efforts et à l’engagement de nos planificateurs et de nos opérateurs de machinerie. Mais, force est d’admettre que les résultats ne sont pas là », n’hésite pas à reconnaître à Sherbrooke la conseillère Chantal L’Espérance. 

Membre du comité exécutif et doyenne au sein du présent conseil municipal, Mme L’Espérance a vu passer toutes sortes de tempêtes : de neige, de pluie, de vent ou de verglas. Comme alliée de Jean Perrault pour défendre la Cité des rivières ou comme actuelle répondante des projets de revitalisation du centre-ville, elle s’est exposée au mécontentement.

« Quand des citoyens tolérants, de qui tu n’as jamais entendu une seule critique en 10 ou 15 ans, t’écrivent ou t’appellent deux ou trois fois dans la même semaine pour se plaindre des trottoirs, ça envoie le message assez clair que nous devons améliorer nos pratiques. Comment? Je ne sais pas. Mais il faut le faire. »

L’obligation ne tient pas qu’à l’insatisfaction des contribuables. Les épisodes répétitifs de gel/dégel et tout ce qui se résume à des sautes d’humeur de plus en plus violentes de Dame nature collent aux prévisions scientifiques sur les changements climatiques. Au lieu d’être utilisés comme bouclier en verre, les facteurs d’exception devraient nous servir de lunettes : ce type d’hiver est appelé à devenir la norme.

 Le développement de nos villes modernes est un flot continu d’adaptations et de remises en question. L’ingénierie urbaine évolue à résoudre des problèmes extrêmement complexes.

Nous avons réduit, par exemple, la pollution de nos cours d’eau en séparant la canalisation de nos égouts sanitaires de celle des égouts pluviaux. Pour mieux protéger nos propres maisons contre les pluies diluviennes, la Ville a ordonné que les gouttières soient débranchées de son réseau. Elle exige des développeurs qu’ils prévoient des bassins de rétention dans leurs plans de lotissement et aménagera elle-même à grands frais ce type « d’éponge » sous terre. 

 La glace recouvrant nos trottoirs est-elle si épaisse qu’elle a figé nos cerveaux?

Plusieurs innovations sont pourtant sorties des ateliers municipaux de Sherbrooke, dont celle toujours renversante de simplicité consistant à déployer les chenillettes à trottoirs stratégiquement au pied des côtes les plus abruptes les jours de tempête pour pousser les voitures enlisées qui, autrement, paralysent la circulation et réduisent l’efficacité des équipes de déneigement.

On fait quoi, alors? Oublions le jus de betteraves dont l’utilisation sur le réseau routier frappe l’imaginaire, il n’est pas un remède à prescrire pour les trottoirs.

 Six de nos chenillettes sont équipées de souffleuses pouvant être utilisées pour enlevant les accumulations de neige réduisant l’efficacité des rayons solaires. Toutefois, les aménagements paysagers, les entrées de cours et autres obstacles empêcheraient de se fier aux seuls terrains privés pour recevoir la neige qui serait soufflée à partir des trottoirs. Il y a perte d’efficacité à utiliser ces petits appareils alors que les souffleuses à grandes gueules fournissent le convoi de camions effectuant l’aller-retour vers les sites de dépôt à neige, précise-t-on à la Ville.

Mon propos ne se voulant pas un exutoire collectif ou un forum de gérant d’estrade, n’allons pas plus loin dans les aspects techniques. Laissons ce travail aux spécialistes. 

Le ministère des Transports du Québec est le pivot de la recherche sur le déneigement au Québec et ses innovations sont utiles pour améliorer les pratiques d’entretien des boulevards et des rues dans les villes. Les trottoirs étant une responsabilité municipale, le MTQ s’y intéresse peu. 

L’Association québécoise des transports s’en charge, assure-t-on à la Ville. Cet organisme est un centre de partage d’information surtout actif lors des congrès réunissant ses membres. Sa petite équipe permanente m’a fourni comme première référence un expert rattaché à l’Université de Sherbrooke.

« La presque totalité de mes mandats comme consultant depuis une dizaine d’années dans différentes villes a porté uniquement sur le réseau routier. Les rares exceptions ont été pour l’entretien hivernal de voies cyclables, mais aucun sur les trottoirs », raconte Étienne Morin, président de la firme Vison Météo Plus et prétendant au doctorat avec une recherche pointue sur « la modélisation de la poudrerie ».

Ayant été chargé de cours au département de géomatique appliquée, associant l’analyse de toutes les informations météorologiques et géographiques à la prise de décision, M. Morin a été impliqué dans le passé à une démarche qui visait à créer sur le campus sherbrookois une chaire de recherche sur « la viabilité hivernale ».

« Le gouvernement fédéral nous avait alloué 1,5 M$, mais comme Québec a refusé de s’engager pour un montant équivalent, le projet a été abandonné », rappelle-t-il.

Le ministère de la Santé a pourtant un intérêt direct dans la sécurité des trottoirs puisqu’il paye pour soigner les éclopés.

« En plus des changements climatiques, la courbe démographique du Québec devrait nous inciter à mieux protéger les aînés, qui appartiennent à la catégorie des citoyens vulnérables », convient M. Morin.

Ajoutons aux cols bleus ingénieux ainsi qu’aux ressources universitaires que le plus important fournisseur de chenillettes au Québec, la compagnie Prinoth (autrefois Bombardier) est à Granby. 

Sherbrooke et Granby seront bientôt des catalyseurs scientifiques et manufacturiers appartenant à la même région administrative, l’Estrie. François Bonnardel est député de Granby, ministre des Transports au Québec et ministre répondant de l’Estrie : on attend quoi pour lui soumettre nos ambitions à devenir les génies des trottoirs?

Faudrait quand même pas que l’audace et le sens d’organisation nous caractérisent et nous mobilisent seulement au moment de solliciter des fonds pour obtenir la présentation d’événements comme les Jeux de la Francophonie...

Patrick Duquette

La bousculade, c’est pas une raison pour se faire mal

CHRONIQUE / Voilà qu’on instaurera une zone de bousculade « supervisée » dans la cour de l’école primaire du Cheval-Blanc à Gatineau. En partant, il y a quelque chose qui cloche avec le concept.

Parce que de la bousculade, du chamaillage, du tiraillage, dès que c’est supervisé… bien ce n’est plus vraiment du tiraillage. Le fun de se chamailler, c’est justement que c’est interdit.

Éco-logique

Pour le meilleur et pour le pire et pour les semis

CHRONIQUE / Je ne sais pas si vous avez réussi à vous faire fondre un petit carré de neige pour vous coller la face sur votre futur jardin un long moment, mais si je me fie à vos courriels de la dernière semaine, il n’y avait pas que Tire le coyote et moi qui rêvions de désherbage. Vous aussi.

On prend donc le temps d’y revenir un peu, sans prétention horticultrice aucune, juste parce que les préparatifs, c’est un gage de réussite, les cours de préparation au mariage en font foi. Ou pas. Exemple exemplaire d’exemple boiteux, je l’admets.

Chroniques

L’ami qui a mal vieilli

CHRONIQUE / C’était un soir de semaine et je sais que j’avais de l’école le lendemain.

Ma maman regardait une de ses émissions dans le salon et j’étais allé m’installer sur son lit pour regarder Musique Plus sur son petit téléviseur jaune-orange.

Chroniques

Floué par des éleveurs

CHRONIQUE / Un éleveur du Québec, si on peut l’appeler ainsi, vient d’afficher un chiot malade à faire adopter avec un rabais de 25 % sur son prix de vente habituel. Le bébé, âgé de quelques semaines, a la tête difforme.

Pour dédramatiser la situation, la description parle d’un chiot spécial qui cherche une famille spéciale…

Perspectives

Les compteurs à radiofréquences en arbitrage judiciaire

CHRONIQUE / La polémique sur les compteurs à radiofréquences d’Hydro-Sherbrooke refait surface. Une citoyenne contestera sous peu devant la Cour municipale les amendes lui ayant été imposées pour avoir bloqué l’accès aux installations électriques de son triplex.

Résidante du secteur de Saint-Élie, Maryse Garneau compte y justifier sa structure de bois empêchant le remplacement de ses équipements. Le grillage métallique en façade ne cause toutefois pas d’interférence pour prendre les relevés de consommation.

Science

Dis-moi comment tu manges ton hamburger, je te dirai ta nationalité

SCIENCE AU QUOTIDIEN / «Pourquoi est-ce que, quand je suis au États-Unis, je peux commander mon steak haché saignant dans mon hamburger au restaurant, mais pas au Canada ? Quelle est la magie ?», demande Sylvain Arsenault, de Lévis.

C’est à cause de la bactérie E. coli, et en particulier sa variante O157:H7, qu’il est toujours recommandé de bien faire cuire sa viande hachée, ici comme ailleurs. Escherichia coli, de son nom complet, est une bactérie en forme de bâtonnet qui vit dans notre intestin et celui des animaux. La plupart sont parfaitement inoffensives, mais certaines souches produisent des toxines qui peuvent nous donner la fameuse «maladie du hamburger». La gravité des symptômes varie énormément d’une personne à l’autre, allant d’une petite poussée de fièvre avec vomissement/diarrhée, par exemple, jusqu’à un danger de mort. Chez une petite partie des personnes infectées, en effet, la maladie finit par empêcher les reins de fonctionner convenablement —  et ces gens-là doivent absolument recevoir des soins, lit-on sur le site de la santé publique américaine (CDC).

Maintenant, il n’y a évidemment pas de «magie» qui rendrait la bactérie E. coli plus ou moins virulente selon le côté de la frontière où elle se trouve. Cette histoire de hamburgers «médium saignants» disponibles seulement aux États-Unis s’explique tout simplement par des différences de «philosophie» et dans les lois des deux pays, dit Charles Lavigne, directeur scientifique du Centre de développement bioalimentaire du Québec, à La Pocatière.

«Ici, Santé Canada a pour mission de protéger les Canadiens et ils vont prendre tous les moyens pour le faire. C’est pour ça que Santé Canada oblige les restaurateurs à faire cuire leurs boulettes jusqu’à ce que la température interne atteigne 71 °C, afin de s’assurer d’éliminer E. coli O157:H7. Aux États-Unis, la norme n’est pas de 71 °C, mais plutôt de 68,3 °C pendant 15 secondes. Du point de vue de la stérilisation, le résultat est à peu près le même, mais aux États-Unis, la loi permet aussi aux restaurateurs de servir les hamburgers à la cuisson demandée par le client, même si elle ne répond pas aux critères. Au Canada, les restaurants ne peuvent pas faire ça», dit M. Lavigne.

Alors, est-ce que ça marche ? Est-ce que la bactérie E. coli fait moins de ravage au Canada qu’aux États-Unis ? Je n’ai malheureusement pas trouvé de chiffres comparables pour les deux pays — certaines statistiques ne tiennent compte que de O157:H7, d’autres incluent toutes les souches qui produisent une toxine particulière, certaines parlent de «cas déclarés» alors que d’autres traitent du nombre «estimé» de cas, etc. De toute manière, même des statistiques mesurant exactement la même chose ne seraient pas parfaitement comparables dans ce cas-ci, puisque le taux d’incidence est influencé par une série de facteurs autres que les règlements sur la cuisson de la viande, comme la popularité du bœuf haché, l’exposition à d’autres sources de E. coli que le bœuf haché, les pratiques de boucherie et de conservation, etc.

Mais tout de même, il est intéressant de savoir qu’au Canada, le taux d’infection à «O157» est passé d’environ 5,5 par 100 000 en 2000 à 1,1 en 2014, selon une étude parue récemment dans le Canadian Journal of Public Health [https://bit.ly/2GIrWFC]. Les auteurs voient dans cette baisse le résultat de plusieurs facteurs, dont des régulations qui ont été resserrées.

Malgré tout, il y aurait moyen de manger une boulette bien rosée en toute sécurité — et même potentiellement deux façons, fait remarquer M. Lavigne. On peut exposer la viande à un rayonnement qui tue les germes, dit-il, mais il semble que l’idée de manger de la viande «irradiée» inspire des craintes dans la population. Celles-ci ne sont pas fondées mais, pour l’industrie de la viande, cela revient au même : difficile à vendre.

Une autre manière de procéder est de soumettre la viande à des pressions intenses. Le labo de M. Lavigne a d’ailleurs obtenu des résultats  intéressants à cet égard. Avec des pressions de l’ordre de 6000 fois l’atmosphère terrestre, dit-il, «on a démontré que plusieurs souches de E. coli sont détruites comme ça et on a présenté ça à Santé Canada. Mais ils nous ont répondu qu’il fallait faire la même démonstration avec une centaine de souches différentes. C’est trop onéreux pour nous, on n’a pas pu le faire, mais cela montre que le potentiel est là», dit-il.

Enfin, toute cette histoire soulève une autre question, il me semble : pourquoi ces mêmes restaurants qui n’ont pas le droit de servir des hamburger «rosés» proposent-ils des steaks bien saignants et même, «pire» encore, des tartares qui n’ont pas subi l’ombre d’un début de cuisson ?

Pour l’œil profane, il peut certainement y avoir là l’apparence d’une contradiction, mais ça n’est vraiment rien de plus qu’une apparence, assure M. Lavigne. En ce qui concerne le steak saignant, il rappelle que E. coli est une bactérie faite pour vivre dans les intestins. C’est à cela qu’elle est adaptée, si bien qu’elle est incapable de pénétrer les cellules musculaires ni de se faufiler entre elles — et comme elle ne peut pas se rendre jusqu’au centre du steak, la cuisson à l’extérieur suffit.

Pour les mêmes raisons, enchaîne M. Lavigne, les restaurants qui servent du tartare vont «parer» leur pièce de bœuf : ils vont d’abord en enlever une couche extérieure, seul endroit où d’éventuelle E. coli peuvent se trouver, et ensuite couper le bœuf en petits morceaux. 

Chronique

Les derniers mots de tante Louise

CHRONIQUE / Il y a un peu plus d’un an, Louise a appris qu’elle avait un autre cancer, c’était au tour du foie. Les médecins lui ont laissé le choix, sans traitement, il lui en restait environ pour un mois et avec, un an.

Elle a refusé, au début. 

La fatigue.

Puis, elle a pensé à la semaine de relâche qui s’en venait et avec elle, ses enfants. Pas vraiment ses enfants, mais c’est tout comme, les enfants de sa nièce devaient venir passer la semaine chez elle à Cap-aux-Oies. Louise n’a jamais été mère, cancer des ovaires à 26 ans, elle venait de se marier.

Elle a été enseignante au primaire, a passé sa vie entourée d’enfants.

Louise a pensé à Alexis, 12 ans, et Raphaël, 9 ans, et elle a eu le goût de vivre. Elle a eu le goût de passer du temps avec eux avant de partir. «Elle a accepté les traitements et elle s’est remise en forme. Elle s’est remise au vélo, 15 minutes par jour, et elle faisait sa marche quotidienne. Elle s’alimentait mieux, aussi.»

C’est sa sœur Line qui me raconte. 

Ça faisait longtemps que le corps de Louise lui donnait de la misère, depuis ce premier cancer au début des années 1980, qui avait été traité au cobalt. «Elle a subi plusieurs opérations pour les intestins» et d’autres cancers. En janvier 2018, «elle devait se faire opérer pour la vésicule, ils ont vu que le foie était atteint».

Et le foie, ça pardonne rarement.

C’est un peu tout ça la grosse fatigue que Louise avait quand les médecins lui ont donné le choix entre un mois et un an. 

En pensant aux enfants, donc, Louise s’est retroussé les manches et elle a repris du poil de la bête. «Elle a passé une super belle semaine de relâche avec les enfants, elle a fait des activités avec eux, des jeux. Elle s’investissait beaucoup pour eux, les enfants, c’est sa joie de vivre.»

Plus que ça, c’était sa raison.

Et après la semaine de relâche, Louise a pensé aux vacances d’été, Alexis et Raphaël viennent passer du temps avec elle chaque année. «Ça lui a donné une motivation…» Louise a continué à se garder en forme jusqu’à la fin des classes, elle a passé une autre belle semaine avec eux. 

Elle les a revus une dernière fois en août, son 49e anniversaire de mariage.

Mais les traitements n’arrivaient plus à freiner la maladie, qui a poussé Louise dans ses derniers retranchements. Fin novembre, «je lui ai dit : “Tu es rendue au bout, le temps est venu d’aller à l’hôpital.” Elle a fermé les yeux pendant 10 minutes. Quand elle les a rouverts, elle a dit : “OK.”»

Elle est décédée cinq jours plus tard, à 73 ans.

Mais avant de mourir, Louise avait écrit une lettre à Alexis et à Raphaël, pour leur expliquer ce qui s’en venait. 

***

«À Alexis et Raphaël, mes chéris

Présentement, mon corps doit combattre une maladie très agressive. Elle épuise tous les organes de mon corps, comme le foie, l’intestin… Mon esprit, lui, n’arrive plus à vivre en harmonie avec mon corps. Alors, ils doivent se séparer l’un de l’autre.

Ça s’appelle : mourir.

Mon corps va devenir de la poussière que nous mettrons dans la terre. Mon esprit, par contre, ne va pas mourir. Il va partir vers une autre vie que je ne connais pas encore. J’ai hâte de la découvrir. Je l’espère très heureuse, comme de devenir une étoile au firmament, d’où je pourrai continuer à vous voir vivre de très haut. 

On ne se verra plus comme nous le faisons aujourd’hui, mais mon immense amour que j’ai pour vous ne changera jamais.

Je vous aime et merci,

Tante Louise XXX»

***

Elle a suggéré à Raphaël de faire un dessin, à Alexis d’écrire un poème. Raphaël s’est dessiné, les bras et la tête vers le ciel, le visage de sa grande tante au-dessus d’un nuage. Et ces mots dans une bulle : «Je vais t’attraper.»

Alexis, lui, a composé quelques strophes pour «celle qui nous a fait apprécier la vie de toutes les façons».

Il a fait le portrait de Louise, avec la candeur de ses 12 ans. 

***

«Qui d’autre connaît tout

Le nom des arbres, des ruisseaux

Des fleurs et des oiseaux


Qui d’autres a aimé

Au point de se marier

Et de ne jamais se séparer


Mais un jour la vague revient

Seule, sur la plage

Et d’un seul coup

Elle emporte un proche, loin.»


Louise a pu voir le dessin et lire le poème avant son décès. Et elle les a peut-être revus quand elle a fermé les yeux pour la dernière fois. Pour toujours. Elle a vu le ciel, elle a vu la vague.

Et elle s’est laissée doucement aller.

Perspectives

Le diplomate du front politique

CHRONIQUE / Les éloges à l’endroit de l’ex-préfet de la MRC de Coaticook, Jacques Madore, n’ont rien d’exagéré et ce ne sont pas que les hasards de la vie qui ont élevé cet ancien militaire au rang de maire dans le village le plus élevé en altitude au Québec : cet homme voyait loin!

La personnalité effacée du maire de Saint-Malo, décédé subitement la semaine dernière à l’âge de 60 ans, ne révélait pas son envergure au premier contact. Il n’était cependant pas nécessaire de multiplier les rencontres avec M. Madore pour apprécier rapidement son écoute et sa capacité d’analyse.

Entre les lignes

Si on se couchait moins niaiseux !

CHRONIQUE / Quand le mercure chute de façon phénoménale, vous remarquerez qu’il y a toujours quelqu’un, quelque part, pour dire qu’il fait « un froid de canard ! » Mais d’où sort cette drôle d’expression ?

Dire qu’il fait un froid de canard ferait allusion au temps glacial qu’il fait normalement au moment de la chasse aux canards, l’automne et l’hiver, en Europe. Quand le froid s’installe, les oiseaux s’envolent vers le Sud, vers leurs quartiers d’hiver situés en Espagne ou en Afrique. Pendant cette migration, ils sont toutefois la cible de chasseurs. Comme ceux-ci doivent attendre de longues heures au grand froid qu’un oiseau se pointe dans l’eau gelée des marais ou des étangs pour boire ou se reposer, ils ont, croit-on, imaginé cette expression.