Le 29 octobre dernier, Jean Bourgault (à droite) prenait livraison de l’Austin A40 Sports 1951, dénichée à Red Deer, en Alberta. Il s’agit de l’une des deux unités vendues à l’époque au Canada.

Une voiture rare des années 1950 à restaurer [VIDÉO]

CHRONIQUE / Dans le jargon, on appelle ça un «barn find» (une trouvaille de grange, si vous préférez). Et cette trouvaille devient encore plus intéressante quand on sait qu’il y en a que deux exemplaires au pays.

Jean Bourgault, aussi connu sous le nom de Jean’s Bronco, a pris livraison d’une Austin A40 Sports 1951, le 29 octobre dernier. «Une voiture très rare», dit-il. Il l’a achetée d’un particulier résidant à Red Deer en Alberta.

«Ça faisait trois ans que je l’avais repérée. Elle a été produite à seulement 4011 exemplaires. Sa principale particularité pour l’année 1951, c’est sa carrosserie en aluminium», résume M. Bourgault dans la vidéo tournée par Le Soleil. «Le tirage était limité et il y en a très très peu au Canada. Chose intéressante, j’ai fait vérifier tous les numéros de série, le numéro de la transmission, le numéro du châssis… La voiture est d’origine. C’est ce qu’on appelle un matched number

Hormis le fait qu’il n’y a eu que 4011 unités produites durant cette année-là, la rareté de ce véhicule tient aussi du fait que très peu de A40 Sports ont été vendues en Amérique du Nord. «On m’a dit qu’il y en aurait deux en ce moment au Canada. Et donc, on en a une ici dans la ville de Québec.»

La carrosserie est presque tout en aluminium, à part le capot qui est en acier. «J’ai découvert après l’avoir inspecté depuis que je l’ai reçue qu’elle avait passé quelques années dehors. Une chance que la carrosserie est en alu, car l’auto aurait été irrécupérable», a dit Jean’s Bronco jeudi dernier lors d’une conversation téléphonique. «La voiture avait été entreposée depuis 1972, mais elle ne roulait plus depuis 1962. Je n’étais même pas encore né.»

De plus, il est très rare, selon M. Bourgault, de trouver une voiture avec la grande majorité de ses pièces d’origine comme avec cette Austin A40 Sports. Comble de chance, il a même la manivelle d’origine et le manuel du propriétaire avec tous les croquis nécessaires à l’entretien du véhicule.

Restaurer cette voiture est un projet qui nécessitera entre 2000 et 3000 heures de travail, selon le nouveau propriétaire. Un défi qui ne lui fait pas peur. «Étant déjà propriétaire d’une Austin A40 Devon 1949 et d’un A40 Pick-up 1951, je me suis fait plein de contacts en Angleterre et en Australie. Ça facilitera l’achat de pièces pour la restaurer.»

Le tour du monde en 21 jours

Une histoire intéressante avec ce modèle en particulier, c’est qu’une voiture identique à la A40 Sports a fait le tour du monde en 21 jours en 1951.

À la suite d’une boutade faite par le pdg d’Austin Motor Company, Leonard Lord, qui pariait une demi-couronne que jamais le pilote Alan Hess ne pourrait faire le tour du monde en dedans d’un mois, même si la voiture faisait de grands bouts du voyage en avion. Pari tenu, Hess et ses copilotes ainsi que ses mécaniciens ont réussi l’exploit en 21 jours.

Le 1er juin, ils décollent de l’aéroport d’Heathrow pour atterrir en France au Bourget dans un voyage qui les ont emmenés au Liban, en Irak, en Inde, pour voler jusqu’à Los Angeles. Ils ont ensuite traversé l’Amérique sans arrêt — sauf pour se ravitailler — jusqu’à Montréal. Pour ensuite s’envoler vers Prestwick, après une escale à Gander (Terre-Neuve) d’où ils se sont rendus à leur point de départ. Le 22 juin, ils sont arrivés à Heathrow.

Est-ce le rêve de M. Bourgault? «C’est sûr que c’est un rêve que j’ai de faire un tel voyage avec mon fils. Est-ce que ça va se concrétiser? Seul le Bon Dieu le sait... Mais, vous savez, tout part d’un rêve!» conclut-il.