Norman John Hébert, vice-président et chef de l’expérience client chez Groupe Park Avenue, suggère de peut-être reporter l’intention d’acheter un véhicule rechargeable à d’ici deux ou trois ans, «jusqu’à tant qu’on va rouler en véhicule électrique pour le reste de notre vie».

Un problème d’offre avec les véhicules électriques et hybrides

CHRONIQUE / Qu’ils soient tout électriques, hybrides branchables ou hybrides tout court, les véhicules verts ont la cote. Cependant, ce n’est pas sans causer une certaine frustration en raison de l’offre qui ne suffit pas à la demande.

«C’est un drôle de problème qu’on vit actuellement qui commence à causer des frustrations pour des clients potentiels», avoue Norman John Hébert, vice-président et chef de l’expérience client chez Groupe Park Avenue. «Mais la solution est complexe.»

Le dirigeant du groupe qui rassemble 24 concessionnaires, représentant 16 marques, estime que pour le point d’équilibre entre l’offre et la demande des consommateurs sera atteinte en 2021-2022, «lorsque les constructeurs offriront assez de modèles». «Nos analyses disent qu’il n’y aura pas d’offre substantielle avant ces années-là.»

«Le problème, c’est qu’on entend énormément parler des véhicules électriques. Dans les publicités à la télévision, durant le Super Bowl et sur YouTube, on entend parler de ce futur excitant... Dans les médias, on entend parler des véhicules électriques, comme étant la prochaine chose. Que les véhicules à essence ne seront pas permis dans les villes, etc.», commente M. Hébert.

Et évidemment, l’ajout du rabais de 5000 $ du gouvernement fédéral, combiné au 8000 $ du gouvernement québécois, rend l’achat d’un véhicule électrique alléchant. Malgré ces rabais, M. Hébert met en doute la possible économie par rapport aux véhicules à essence. Ce dont les spécialistes en véhicules électriques et un outil de calcul de CAA-Québec contrediront, si l’on tient compte de la différence du coût du carburant par rapport à celui de l’électricité.

En attendant, il suggère de peut-être reporter l’intention d’acheter un véhicule rechargeable à d’ici deux ou trois ans, «jusqu’à tant qu’on va rouler en véhicule électrique pour le reste de notre vie». «Il y a plein d’alternatives qui sont abordables sans nécessairement passer au tout électrique tout de suite», dit-il, sans toutefois nommer ces solutions de rechange, mais en ajoutant au passage que les technologies de moteurs sont moins énergivores que par le passé.

En attendant, Norman John Hébert est conscient que le paradigme du marché va changer dans les prochaines années et que ses concessions sont prêtes à prendre le virage.

«C’est sûr que nous aurons à offrir d’autres services comme l’installation de bornes de recharge à la maison, etc. En ce moment, nos concessions ont des bornes de recharge, même celle qui vend des motos Harley-Davidson», assure-t-il.

«Tesla a bouleversé le marché de l’automobile et c’est juste le début. D’autres marques de voitures uniquement électriques arriveront sur le marché. Il y a beaucoup d’engouement pour ce genre de véhicules», analyse le jeune entrepreneur.

La moitié de l’objectif de 2020 atteinte

En passant, selon les données obtenues auprès de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), il y a 50 077 véhicules rechargeables immatriculées au Québec. Ce qui veut dire qu’on a atteint la moitié de l’objectif de 100 000 véhicules d’ici la fin de 2020.

Ces données de la SAAQ n’incluent pas les 52 véhicules à pile à combustible (hydrogène). Cependant, les véhicules à basse vitesse, les motocyclettes électriques et les motocyclettes à vitesse limitée électriques (scooter électrique) sont inclus. En additionnant le nombre de véhicules à hydrogène, le total monte à 50 129 unités.

Par ailleurs, par l’Association des véhicules électriques du Québec (AVEQ; aveq.ca) a publié sur son site Web une course de diagramme — un genre de vidéo bien à la mode par les temps qui courent — qui montre les 15 véhicules électriques enregistrés les plus populaires au Québec achetés ou loués entre août 2012 et mars 2019. Il en résulte que la Chevrolet Volt est toujours la plus populaire avec 10 578 unités en date du 31 mars 2019. Elle est suivie par la Nissan Leaf avec 6758 unités. La Toyota Prius Prime (rechargeable) et la Chevrolet Bolt se disputent chaudement les troisième et quatrième places avec respectivement 2897 et 2812 unités immatriculées.

La course de diagramme de l’AVEQ : youtu.be/5UpUM53lN2k