Le Cybertruck de Tesla est construit en acier inoxydable laminé à froid qui ne peut être façonné de façon traditionnelle, car cela brise des presses à matricer.

La folie du Cybertruck de Tesla

CHRONIQUE / Toute une semaine, surtout sur les réseaux sociaux! Le dévoilement du tant attendu camion électrique de Tesla, le Cybertruck, fait encore jaser, et ce, même plus d’une semaine après l’événement.

Il faut dire que son allure, très polarisante, en a surpris plusieurs. Surtout de la part de Tesla qui nous avait habitués à mettre sur le marché des voitures désirables, qui n’avaient pas l’air d’une soucoupe volante.

Elon Musk a tenté le tout pour le tout et a présenté un gros véhicule plein d’angles et d’arêtes, digne d’un mauvais film d’anticipation sur les années 2000, produit durant les années 1980. Même si plusieurs comparent le design radical du Cybertruck à celui de la DeLorean dans Retour vers le futur ou celui des véhicules dans Blade Runner, c’est bien pire, à mon humble avis.

Le génie d’Elon Musk

Et c’est à ce moment qu’on peut mesurer l’ampleur du génie d’Elon Musk. Mercredi, il avait réussi à enregistrer plus de 250 000 réservations. Là où il a fait un coup de génie, c’est d’offrir la possibilité de réserver une place dans la ligne de production avec seulement 100 $US (133 $).

Cependant, il faut toujours se demander si Musk avait établi le dépôt de réservation à 1000 $US (1330 $) comme pour les précédents modèles (Model X, Model 3, etc.), aurait-il eu autant de réservations? On peut en douter, car 100 $US, remboursable, ce n’est pas trop engageant.

Encore une fois, à mon avis, le nombre de réservations aurait probablement été plus élevé si le concept présenté avait respecté les «canons de beauté» traditionnellement acceptés pour les camions.

Le Cybertruck, par contre, propose une foule de caractéristiques très intéressantes, comme la possibilité de le brancher sur le circuit électrique de la maison pour l’alimenter en cas de panne du réseau. Il peut aussi servir à brancher des outils ou une roulotte. Également, un compresseur à air est intégré pour utiliser des outils pneumatiques. Et surtout, les autonomies proposées vont de 400 jusqu’à 800 kilomètres, selon si on choisit la version à un, à deux ou à trois moteurs électriques.

Tout ça, à un prix — dans la mesure où Tesla respecte ses promesses —, qui se révèle très compétitif si on compare avec des camions à essence. Considérant que les coûts en électricité reviennent à environ 20 à 25 % par rapport au carburant.

Honnêtement, je préfère les formes cubiques des camions de Bollinger, les formes «plus civilisées» des véhicules de Rivian ou la forme conventionnelle des camions des trois grands constructeurs américains. Électrifiez-en des F-150, des RAM 1500 ou des Sierra ou des Silverado. Il y aura assurément des clients pour en acheter.

Acier inoxydable

Il y a toutefois une explication très crédible en ce qui concerne les formes angulaires du Cybertruck.

Le designer Franz von Holzhausen (présent sur scène avec Elon Musk au lancement) a opté pour une carrosserie en acier inoxydable ultra résistant. C’est un camion dont on peut abuser.

Cet acier inoxydable laminé à froid ne peut être façonné de façon traditionnelle, car cela brise des presses à matricer. On peut simplement le plier en lignes droites.

De plus, le Cybertruck est construit à partir d’un exosquelette en acier inoxydable pas une structure à échelle, comme les camions des autres constructeurs.

Un article du site Electrek explique les raisons d’un tel choix.

Là où je décroche, c’est quand je vois l’hystérie collective que ce modèle suscite auprès des fans purs et durs de la marque Tesla. J’ai de la misère avec cette approche «Crois, ou meurs» ou «Tu es avec nous ou contre nous».

Au même titre que la rhétorique des anti-véhicules électriques. Mais, il paraît qu’on en est rendus là avec les réseaux sociaux...

Toute cette hargne contre les constructeurs établis (Ford, notamment avec son F-150) est contre-productive. On n’a qu’à penser au défi lancé, puis annulé, par Ford du souque à la corde entre un F-150 et un Cybertruck, en réponse à Tesla qui avait présenté une vidéo lors du lancement. On y voyait un Cybertruck qui battait à plate couture un F-150 à deux roues motrices.

Entendons-nous bien. Je suis toujours en faveur des véhicules électriques. Dans la mesure où ils présentent un attrait pour l’œil. Et en ce qui me concerne, le Cybertruck me rebute. Et quoiqu’en pensent les purs et durs de la marque Tesla, je ne risque pas de changer d’avis sur le sujet.