L’équipe de l’Alérion Supermileage, lors de la compétition Shell Eco-Marathon Americas 2019. On peut retrouver les trois codirecteurs Dany Robitaille (deuxième à partir de la gauche), William Levesque (troisième à partir de la gauche) et Samuel Généreux (au centre, directement à droite de la pilote).

Défi Shell Éco-Marathon: l’épreuve annulée en raison du coronavirus

La crainte de propagation du coronavirus (ou COVID-19) fait d’autres dommages collatéraux. Les équipes devant participer au Défi Shell Éco-marathon, au début d’avril, se voient dans l’obligation de tout arrêter, car l’organisation a décidé d’annuler l’épreuve de Sonoma, en Californie.

La déception est grande auprès de l’Alérion Supermileage, l’équipe des étudiants de génie mécanique de l’Université Laval. Même s’il respecte la décision des organisateurs, l’un des codirecteurs de l’Alérion Supermileage, demeure confiant.

«Il est cependant décevant de planifier presque une année complète à la préparation de cette compétition et de devoir attendre à l’an prochain afin de tester nos améliorations et de nous mesurer aux autres universités», a écrit Samuel Généreux dans un courriel. «Il s’agissait vraiment d’un événement qui me tenait à cœur et que j’anticipais avec patience. Heureusement, chaque membre de l’équipe 2020 pourra être de retour en 2021 puisqu’aucun de nous ne graduons cette année. Nous pourrons donc tous vivre l’expérience de cette compétition dans un an.»

1749 km avec un litre

Le bolide que l’Alérion Supermileage a construit et fait compétitionner année après année est une sorte de «fusée», toute petite, propulsée par un moteur de six à sept chevaux et délivrant autant de livres-pieds de couple. Il est tellement exigu que la pilote, qui mesure cinq pieds et deux pouces et ne pesant que 110 livres, entre tout juste dedans.

«L’Alérion Supermileage a pu réaliser une moyenne de 1749 kilomètres avec un litre d’essence, un record pour les Amériques [du Nord et du Sud]», a confié Dany Robitaille, un autre des codirecteurs de l’équipe lavalloise, rencontré lors du récent Salon international de l’auto de Québec.

«Cependant, ce record n’a pas été fracassé à Sonoma [où devait se rendre l’équipe en avril], mais à l’épreuve SAE Michigan. Là-bas, il y a un circuit en grand ovale qui permet de battre de tels records. Le circuit de Sonoma a des courbes et des dénivelés», ajoute l’étudiant qui a fait un retour aux études après huit ans de travail en mécanique.

Le véhicule peut atteindre une vitesse de pointe de 45 km/h, mais la moyenne se situe autour de 28 km/h. Lors de l’épreuve, le moteur tourne à plein régime au départ pour atteindre la vitesse la plus rapide et se laisser aller sur l’élan.

Ensuite, dès que la vitesse descend, le chef d’équipe continuellement en contact avec la pilote lui ordonne de redémarrer le moteur pour reprendre un autre élan.

À la fin de l’épreuve qui dure une trentaine de minutes, les juges remplissent le petit réservoir de carburant, plus petit qu’une cannette de boisson gazeuse. Une fois rempli jusqu’à une marque établie, les juges font la moyenne en calculant la quantité de carburant dépensé pour établir la moyenne. «Ça prend à peine deux cuillerées  à table d’essence», dit M. Robitaille. «C’est sûr que la pilote ne roule pas pendant des heures dans ce véhicule.»