Arts et spectacles

Christine Labrie à Tout le monde en parle

La députée de Sherbrooke Christine Labrie aura droit à une deuxième présence à la télé à heure de grande écoute en quelques semaines : elle sera à l’émission Tout le monde en parle, dimanche soir, en compagnie de la ministre de la Justice Sonia LeBel (Coalition avenir Québec) et des députées Véronique Hivon (Parti québécois) et Hélène David (Parti libéral). Il sera question de l’accompagnement des victimes d’agressions sexuelles et conjugales.

Le 31 décembre, Mme Labrie avait participé au spécial du jour de l’an d’En direct de l’univers, à Radio-Canada. La solidaire avait joyeusement poussé la note avec Méganne Perry-Mélançon (Parti québécois), Marwah Rizquy (Parti libéral) et Isabelle Charest (Coalition Avenir Québec).

À lire aussi: La députée Labrie a aimé son expérience à En direct de l'univers

Parmi les autres invités de Guy A. Lepage dimanche soir, notons l’ex-dragonne Caroline Néron, pour les difficultés financières de son entreprise, Patrick Huard pour la télésérie Les honorables, Anick Lemay, qui nous apprenait l’an dernier qu’elle était atteinte d’un cancer du sein, ainsi que Florence Longpré, Ève Landry et Mélissa Bédard pour la télésérie M’entends-tu?

Arts et spectacles

Slàv : réussi malgré quelques faux pas

CRITIQUE / Certains trouveront assurément encore à redire, et Robert Lepage a bien prévenu que cette nouvelle version post-polémique de Slàv ne satisferait sans doute pas tout le monde. Mais les efforts palpables pour poncer les irritants du précédent spectacle, doublés du génie de l’homme de théâtre pour la mise en scène et de la beauté des anciens chants d’esclaves mis en musique par Betty Bonifassi, ont fait de ce Slàv « 2.0 » un spectacle réussi et un net pas vers l’avant.

Réussi, donc. Émouvant, certes. Renversant? N’allons pas jusque-là, nous sommes encore loin du spectaculaire de 887 ou des Aiguilles et l’opium. Mais Slàv est une production à part, une presque comédie musicale, qui met la musique en piédestal, le théâtre se mettant à son service. Le résultat est moins époustouflant, mais l’arrimage entre les deux a été fait avec grand soin. Et doublement après les événements que l’on sait.

Clarifions tout de suite les questions brûlantes. Est-ce que des Blanches jouent des esclaves dans le champ de coton? Non, elles incarnent plutôt les servantes, celles qui transvident le fruit de la cueillette. Aucune non plus dans la scène portant sur l’incarcération massive des afro-descendants.

Est-ce que des Blanches jouent des Noires? Oui, lorsque sont évoqués les chantiers du chemin de fer et les esclaves en fuite à bord des trains, mais comme la distribution se compose de trois comédiennes blanches et de trois comédiennes afro-descendantes, elles ne deviennent jamais majoritaires. 

Il faut quand même avaler que Betty Bonifassi, celle qui a adapté les anciens chants d’esclaves recueillis dans les années 1930 par Alan Lomax, soit le plus souvent la meneuse des chants (quoique en fermant les yeux, on pourrait croire que cette voix vient du plus profond du sud états-unien). En revanche, elle n’incarne plus la militante noire Harriet Tubman, mais revêt plutôt l’habit d’une Grizzly Bear (« gardien de prison ») ou d’une Quaker aidant les esclaves à fuir.

Quant aux autres formes d’esclavages, de celui exercé dans les Balkans au Moyen Âge aux esclavages modernes comme l’exploitation économique (un autre aspect qui avait été critiqué), elles sont effleurées au début et à la fin. C’est clairement l’esclavage des Noirs d’Amérique qui tient le haut du pavé, et la quasi-totalité des chansons servent à l’évoquer.

Il reste à voir si l’affirmation de l’historien Jean-Pierre Le Glaunec, selon laquelle l’esclavage des enfants irlandais dans les anciennes colonies est une invention des suprémacistes blancs (un épisode qui est toujours évoqué dans le spectacle), aura des échos…

ARRESTATION ARBITRAIRE

La trame narrative a aussi été complètement renversée. On n’est plus en présence d’une jeune Noire en quête de l’histoire de ses ancêtres, guidée en cela par des Blanches, mais bien d’une Blanche (Estelle) qui part à la recherche d’une de ses ancêtres afro-américaines. Elle a en effet découvert, grâce à son amie haïtienne Kattia, qu’une de ses aïeules, Lavinia Flowers, était une esclave ayant fui au Canada. Sans besoin de plus de motivation, les deux femmes partiront à la recherche de ces racines, Kattia étant notamment victime d’une arrestation arbitraire en Louisiane.

La nervosité ayant probablement joué un fort rôle pour cette « deuxième première », les interprétations, tant sur le plan du jeu que de la musique, n’étaient pas toujours sur la coche. Par contre, on retrouvait le don de Robert Lepage pour imaginer d’étonnants procédés techniques au service de son histoire, de la palissade devenant voie ferrée puis barreaux de cellules. L’utilisation d’un énorme écran en fond de scène s’est aussi avérée très utile pour créer des décors souvent nocturnes et très nostalgiques, mais aussi projeter des images d’archives… ou filmées en temps réel.

C’est le cas d’un des tableaux les plus poignants, celui de la chanson Prettiest Train, où Betty Bonifassi, en coulisses côté cour et invisible de la salle, se trouve au bout de la voix verrée, pendant qu’un lorry vient du côté jardin, muni d’une caméra permettant de filmer l’interprète ainsi que les actrices qui miment l’acte de monter à bord d’un train en marche puis d’en sauter, le tout projeté en fond de scène. Tout simplement magnifique!

Mais ce sont les chansons qui font le gros du travail, chacune d’entre elles se révélant tellement évocatrice (les textes sont projetés sur l’écran), plombée de la lourdeur du labeur, des peurs omniprésentes et des inextinguibles espoirs.

L’avant-dernière scène, celle où les six femmes chantent en créole et font ensemble une danse d’origine africaine, sert à nous rappeler qu’en dehors du racisme systémique, de l’appropriation culturelle et la sous-représentation des minorités, il y a des centaines de Noirs et de Blancs qui ont atteint une forme d’égalité dans leur quotidien et ne voient plus la couleur de leur peau lorsqu’ils sont ensemble.

Cela ne nie pas le reste. C’est plutôt un encouragement à poursuivre la quête d’égalité, pour que ce qui existe déjà en micro se transpose un jour en macro. Et ça, personne ne pourrait vraiment être contre.

Arts

Affaire Mike Ward-Jérémy Gabriel: le droit d’offenser plaidé

Les humoristes québécois auront peur de faire des blagues controversées si la décision rendue contre Mike Ward par le Tribunal des droits de la personne du Québec en 2016 est confirmée, selon l’avocat Julius Grey.

Ce dernier cherchait à convaincre, mercredi, trois juges de la Cour d’appel du Québec qu’une blague sur une tentative de noyade sur Jérémy Gabriel, un garçon «laid» et handicapé — selon les propos de l’humoriste —, peut avoir été «offensante», mais qu’elle doit rester légale dans une société libre et démocratique.

Mike Ward fait appel d’un jugement du Tribunal des droits de la personne du Québec, selon lequel ses prestations comportaient des propos discriminatoires à l’égard du jeune chanteur handicapé. Le tribunal avait ordonné à l’humoriste de verser 35 000 $ à Jérémy Gabriel en dommages moraux et punitifs ainsi que 7000 $ à sa mère.

«Dans ce cas particulier, si le jugement est maintenu, personne ne pourra plus oser être un humoriste, parce que normalement on se moque de choses controversées — sinon ce n’est pas drôle», a déclaré Julius Grey aux journalistes présents au palais de justice de Montréal. «Si tout ce qui suscite la controverse peut autoriser quelqu’un à dire : “J’ai été blessé, je vais au tribunal”, alors nous sommes finis.»

Jérémy Gabriel est né prématurément en 1996 et est atteint du syndrome de Treacher Collins, une maladie congénitale caractérisée par des malformations du crâne et du visage. Surnommé «le petit Jérémy», il avait acquis une certaine notoriété au Québec lorsqu’il a chanté, à l’âge de neuf ans, pour le pape Benoît XVI à Rome en 2006.

Dans la blague que Mike Ward a racontée lors de spectacles entre 2010 et 2013, l’humoriste disait qu’il pensait initialement que la maladie du jeune chanteur était en phase terminale. Il ajoutait qu’il pensait que les gens n’étaient que gentils avec lui et l’avaient laissé chanter avec des célébrités, car il serait bientôt mort. Après avoir réalisé que l’enfant vivait beaucoup plus longtemps que prévu, il concluait que Jérémy Gabriel était invincible. Il plaisantait ensuite en disant qu’il avait même essayé de le noyer dans un parc aquatique, mais qu’il ne mourait pas.

Jérémy Gabriel, qui est maintenant âgé de 22 ans, a raconté que des enfants de son école se moquaient de lui en répétant les blagues de Mike Ward. Il a dit que ce monologue l’avait amené à remettre en question sa valeur en tant qu’être humain et à lui donner des pensées suicidaires.

Honneur et réputation

Un juge québécois a statué que la blague violait le droit du jeune homme handicapé à la dignité, à l’honneur et à la réputation, ainsi que son droit à l’égalité et à la protection contre la discrimination.

Me Gray soutient que la blague de Ward n’était pas discriminatoire. «La discrimination l’aurait été s’il n’avait pas été admis quelque part ou s’il avait été évalué différemment», a soutenu l’avocat devant les juges. «Il ne suffit pas de se moquer de lui pour créer une discrimination.»

Stéphanie Fournier, une avocate représentant le Tribunal des droits de la personne, a répliqué que le juge de l’instance inférieure avait eu raison d’appliquer la loi. Elle dit que la décision n’empêchait pas les humoristes de parler de Jérémy Gabriel ou d’autres personnes appartenant à des groupes protégés par la Charte des droits et libertés.

«La nuance est que vous ne pouvez pas humilier une personne ou violer sa dignité... car elle est handicapée», a-t-elle précisé aux juges. «[Jérémy] Gabriel a été ciblé parce qu’il avait un handicap.»

Il n’est pas question que la liberté d’expression soit moins importante que les autres droits, a ajouté Me Fournier. «La nuance, c’est que l’exercice de la liberté d’expression ne doit pas violer les droits fondamentaux d’une autre personne.»

Le tribunal a annoncé qu’il rendrait sa décision à une date ultérieure.

Arts et spectacles

Un succès presque total

La première représentation de la pièce Slàv depuis que le Festival international de jazz de Montréal a annulé toutes les représentations en raison de la controverse raciale suscitée par le spectacle a fait salle comble au Centre culturel de l’Université de Sherbrooke mercredi soir. Les spectateurs rencontrés par La Tribune ont en grande majorité adoré la pièce de Robert Lepage.

« C’était très bien, Robert Lepage est très inspirant. Une belle soirée et ça nous porte vraiment à réfléchir sur l’histoire de l’esclavage. Je ne connais pas la première version du spectacle, mais celle-ci est très bien. »