Arts

Angel Forrest prête pour la vie de nomade

Le concept métro-boulot-dodo n’a jamais fait partie de la vie d’Angel Forrest. Et ce n’est certainement pas à 52 ans que les choses vont changer. La chanteuse multiplie les projets musicaux et s’apprête même à devenir une « sans domicile fixe » !

« On vend tout et on déménage dans notre autobus, probablement d’ici le 1er octobre. On a complètement vidé le bus qui nous servait de loge, et on commence à l’aménager comme une maison. On va être ‘‘off the grid’’ avec la toilette compostable, les panneaux solaires et tout ! On essaie d’être le plus écologique possible », lance la blueswoman. 

Nomade dans le sang, Angel Forrest a toujours eu la bougeotte. Ces dernières années, elle a notamment vécu à Lac-Brome et Cowansville, avant de s’établir à Granby. Mais voilà, la vie d’artiste et la stabilité font rarement bon ménage. Entre deux spectacles, un voyage à l’étranger et un séjour en studio, Angel et son chum musicien Denis Coulombe avaient de moins en moins envie de gérer les obligations ménagères d’un pied-à-terre. 

« On est un peu tannés d’être toujours sur la route et de ne pas pouvoir passer de temps chez nous. Les enfants sont grands, le chat est mort... on n’a aucune raison de revenir à la maison pour arroser les plantes quand on est au bout du monde », fait-elle remarquer.

Leur chez-soi pour les prochaines années, ce sera donc « Maggie », un gros autocar Prévost de 40 pieds ayant déjà servi de bus de tournée au musicien Michel Lamothe. Une façon pratique pour eux de parcourir l’Amérique en toute liberté. Et aussi un pied de nez aux pressions quotidiennes et sociales. « On se fout de tout ça et on se contente d’être heureux dans la vie. Et puis, on va voir nos amis plus souvent, en s’installant chez eux sans déranger ! »

L’inséparable couple — et son chien Freida Love ! — a d’ailleurs l’intention de documenter ses péripéties sur YouTube. 

Dans cette quête d’une vie simple et matériellement plus légère, Angel a dû mettre un peu de côté sa nature sentimentale. « J’ai des affaires qui datent de l’époque de mon premier appartement... J’aime les objets anciens qui ont une vie. Mais depuis que je fais du yoga Kundalini, je me sens bien et je me détache des choses matérielles. So, I’m OK ! », confie celle qui conservera quand même quelques-unes de ses plus précieuses possessions.

Arts

Prix Polaris : les Québécois bien représentés

Cinq artistes québécois figurent parmi les finalistes du Prix de musique Polaris 2019.

La moitié des dix nommés pour le prix de 50 000 $, qui récompense le meilleur album de l’année au pays, sont originaires du Québec.

Parmi ceux-ci, on retrouve la chanteuse folk-pop Elisapie, le chanteur Les Louanges, ainsi que les artistes Fet.Nat et Marie Davidson. Ils représentent la plus forte représentation d’artistes québécois au Polaris depuis 2008, année où le Montréalais Patrick Watson, avait remporté cet honneur.

Dans les autres finalistes, il y a l’auteure-compositrice-interprète Jessie Reyez, le groupe punk-rock Pup, et le duo rap Snotty Nose Rez Kids.

Le gagnant sera sélectionné par un jury de 11 membres, qui rendra sa décision le 16 septembre à Toronto. Chaque finaliste recevra 3000 $ après l’événement.

Voici un aperçu de la liste des nommés :

Le Québec se démarque

Il est presque impossible d’essayer de décrire la scène musicale québécoise, car ses sons sont si discordants. Prenez, par exemple, la chanteuse jazz Dominique Fils-Aimé, une auteure-compositrice-interprète montréalaise, dont la voix somptueuse s’illustre dans son album Stay Tuned!. Dans un tout autre registre, il y a les artistes de la science du rythme du groupe art-punk FET.NAT, originaires de Gatineau, qui ont présenté leur album Le Mal.

La chanteuse originaire du Nunavik, Elisapie, explore les traditions et les barrières de son passé dans The Ballad of the Runaway Girl, qui contient des paroles en anglais, en français et en inuktitut. Et le projet La nuit est une panthère de Vincent Roberge — alias Les Louanges — constitue un voyage dans un lounge interstellaire, imaginé probablement dans sa ville natale de Lévis.

De la musique de boîte de nuit

Les airs rythmés qui jouent sur la piste de danse se mélangent rarement avec de l’humour tordu. C’est ce qui a permis à la productrice montréalaise, Marie Davidson, de se distinguer avec son album Working Class Woman. L’album, qui multiplie les remarques sarcastiques, s’ouvre avec la chanson Your Biggest Fan, dans laquelle l’artiste se rappelle les commentaires irritants et misogynes qu’elle a reçus lors de spectacles.

Des rebelles torturés

L’esprit combatif de Pup, un groupe punk fondé à Toronto, ne s’est pas calmé depuis qu’il a reçu sa première nomination aux Prix Polaris en 2016. Leurs tendances masochistes sont parfaitement perceptibles sur Morbid Stuff, une prise de conscience explosive et réfléchie sur la dépression.

Une tempête appelée Reyez

La chanteuse torontoise Jessie Reyez ne s’est pas seulement imposée dans le paysage musical, elle a surpassé les attentes. Avec le producteur Calvin Harris, elle s’est hissée dans les palmarès. Dans son EP de sept chansons, Being Human in Public, elle célèbre sa force, ses faiblesses et ses rêves qui la poussent à aller plus loin.

Musique

Mort de Johnny Clegg, le «Zoulou blanc» [VIDÉO + PHOTOS]

JOHANNESBURG — Musicien engagé, Johnny Clegg incarnait avec ses chansons, mélange inédit de rythmes zoulou et de pop occidentale, la résistance à l’apartheid, puis la réconciliation. Le «Zoulou blanc» sud-africain s’est éteint mardi à l’âge de 66 ans.

Longtemps victime de la censure en Afrique du Sud, il a connu le succès à l’étranger avant d’accéder au statut de vedette dans son pays.

Pendant les pires heures du régime raciste, ses chansons ont été interdites. Pour contourner la censure, il a été contraint de se produire — avec son groupe Juluka, formé avec le musicien zoulou Sipho Mchunu — dans les universités, les églises, les foyers de migrants et chez des particuliers.

À LIRE AUSSI : Sa dernière entrevue au Soleil, en octobre 2017

Télé et radio

«Le trône de fer» bat un record avec 32 nominations aux Emmy [PHOTOS]

LOS ANGELES — Signe de sa popularité aux États-Unis et à travers le monde, la série à succès «Le trône de fer (Game of Thrones)» a battu un record mardi aux Emmy Awards, les Oscars de la télévision américaine, avec 32 nominations.

La série médiévalo fantastique de HBO, qui vient de s’achever cette année après sa huitième saison, devance La fabuleuse Mme Maisel, série d’Amazon qui compte pour sa part 20 nominations aux Emmys, dont la 71édition se tiendra à Los Angeles en septembre.

Le trône de fer, déjà la série la plus récompensée de la télévision américaine, compte maintenant 161 nominations à son palmarès.

Actualités

Floramama: l'art de cultiver la douceur

Chloé Roy songeait démarrer une ferme maraîchère, mais c’est dans les fleurs qu’elle a trouvé son bonheur. À la tête de la ferme florale, Floramama, elle s’applique à confectionner des bouquets de douceurs avec les fleurs de saison qu’elle cultive et qui connaissent une popularité grandissante.

Floramama a pris racine tout au bout de la petite rue Melba à Frelighsburg, il y a six ans. La micro entreprise a pratiquement fait figure de pionnière en proposant des abonnements à ses « bouquets naturels et doux », à l’instar des abonnements offerts par certains maraîchers pour leurs paniers de légumes.

Arts et spectacles

« Unplanned » ne sera pas présenté en Estrie

Alors que le débat autour de la sortie en salle du film « Unplanned » au Canada fait réagir encore, on ne semble pas noter un intérêt particulier des cinéphiles d’ici pour voir, dans les cinémas de Sherbrooke, cette œuvre contestée.

« On adapte la programmation avec ce qu’on pense qui va convenir au public. Dans le cas de ce film, on n’est pas du tout là. Ce n’est pas dans les plans », affirme Alexandre Hurtubise, propriétaire de la Maison du cinéma. 

Du côté du Cinéplex Galaxy, le film n’est pas en salle pour le moment à Sherbrooke, malgré la décision de la compagnie d’aller de l’avant avec la projection.

« Je comprends les préoccupations à propos de ce film, mais c’est à chacun d’entre nous de décider si nous voulons aller le voir ou non. Au Canada, nous sommes chanceux d’avoir cette option et je pense que c’est un point important à retenir », écrit Ellis Jacob, président et chef de la direction de Cinéplex, dans un communiqué de presse publié sur les réseaux sociaux. 

Alexandre Hurtubise soutient pour sa part qu’il y a déjà eu des projections de films polarisants dans le passé à la Maison du cinéma. « Dans un monde idéal, on aimerait avoir les deux côtés de la médaille. »

Plusieurs affirment que le film comporte des informations mensongères quant au processus de l’avortement. 

« Un film polémique comme ça, c’est sûr qu’on ferait une vérification. On se pencherait sur la question. Il y a une nuance entre avoir un angle et être complètement faux. On ne veut pas induire les gens en erreur. C’est là que c’est important. À ce moment-là, on pourrait juger si ça ne vaut pas la peine d’être présenté. Personnellement, je ne l’ai pas vu, et on n’a pas la demande pour ce film », explique Alexandre Hurtubise, en précisant qu’il est plus ardu de détecter le mensonge lorsqu’il s’agit d’un film de fiction et non d’un documentaire, où une recherche rigoureuse est généralement faite.

Arts et spectacles

Sébastien Plante savoure le solo

Un des secrets de la longévité des Respectables, révèle Sébastien Plante, c’est l’espace que chacun s’est donné pour réaliser ses propres projets. Dans son cas, cette aventure parallèle est un spectacle en solo, Seb’s Music Shop, dans lequel le chanteur fait davantage ressortir son côté blues.

« C’est une formule homme-orchestre, avec laquelle je me vautre vraiment dans le vieux blues vintage, le delta blues [nommé ainsi parce qu’il a pris naissance dans le delta du Mississippi] et les débuts du rock‘n’roll. Ça part de Robert Johnson jusqu’à Chuck Berry, et selon les soirs ou les circonstances, je pousse quelques vieilles chansons qui ont influencé ma carrière musicale, comme celles de Bob Dylan, les Stones et les Beatles. J’ai d’ailleurs eu l’honneur d’aller jouer au Festival international de Louisiane le printemps dernier avec ce projet. »

Arts et spectacles

Frank Custeau dans la cour des grands

Frank Custeau n’en est pas à sa première fois à la Fête du lac des Nations. En plus d’avoir assisté à plusieurs spectacles dans le passé, il a travaillé dans les coulisses, en tant que cuisinier dans l’équipe technique. Cette fois, c’est bel et bien lui qui sera sur la scène du Bistro SAQ le 17 juillet, pour y présenter son premier album solo. Départ d’août.

« C’est un peu la consécration sherbrookoise de jouer à la Fête du lac. C’est très excitant! Je vais être dans une journée de fou en plus : Galaxie, Wyclef Jean et Daniel Boucher. Je me sens petit dans mes shorts. J’ai un peu le syndrome de l’imposteur », avoue l’artiste, qui peine encore à croire qu’il sera de la partie.

Arts et spectacles

Célébrer la passion et la création

Le vernissage de l’exposition Tissons des liens autour du fil a attiré plus d’une quarantaine de personnes dimanche au P’tit Bonheur de Saint-Camille.

Jeunes et moins jeunes étaient réunis afin de célébrer l’art textile dans la petite municipalité de la MRC des Sources. « Quand on travaille dans nos salons, on réalise qu’il y a plusieurs personnes qui font la même chose. On a créé cette exposition pour célébrer le travail de salon de chaque personne. C’est tellement plaisant de partager notre passion avec d’autres créatrices », mentionne l’une des responsables du comité Hortense secteur des arts visuels et porteuse du projet, Annie Couture. C’est à la suite d’une discussion avec l’une des fondatrices du P’tit Bonheur, Murielle Wagner, que l’idée de l’exposition lui est venue en tête. Depuis sa création en 1988, il s’agit seulement de la deuxième exposition collective d’art textile au P’tit Bonheur de Saint-Camille. Elle est présentée par l’espace Hortense. La première exposition a été présentée dans les débuts du centre culturel. Sept expositions par année dans le domaine des arts visuels sont présentées. 

Le coordonnateur du secteur culturel du P’tit Bonheur, Benoit Bourassa, est ravi du déroulement du vernissage. « Mes attentes sont déjà atteintes, lance-t-il en riant. L’ambiance est très agréable. Je suis vraiment content. Il y a des œuvres exceptionnelles et il y a énormément d’heures de travail derrière tout ça. Il y a beaucoup de diversité dans les œuvres et je trouve que ça représente bien notre communauté. » 

C’est une vingtaine d’amoureuses de l’art textile qui exposent leurs créations dans l’espace Hortense ainsi qu’au premier étage du centre culturel. Les exposantes sont majoritairement des artistes locales, des artisanes ou bien des membres d’un cercle de fermière. Certaines personnes présentent des œuvres créées uniquement pour l’occasion, mais plusieurs créations ont vu le jour bien avant le début de l’exposition. Une des exposantes, Rita Roy Bissonnette, récupère du matériel afin de créer de nouvelles œuvres. « J’expose une courtepointe faite à partir des vieilles robes de mes petites filles. J’ai récupéré du coton, des poches de sucre et de farine. J’adore récupérer. Mes parents n’avaient pas beaucoup d’argent et ma mère a dû faire des miracles avec ce qu’on avait. J’ai toujours continué de récupérer par la suite. C’est important pour moi de donner une deuxième vie aux objets », explique la dame. 

Une autre des créatrices, Denise Bourque, est très fière de présenter ses œuvres à l’occasion de cette exposition. « Je n’ai jamais participé à de grandes expositions. Je trouve mes courtepointes belles accrochées sur le mur. Mes deux courtepointes étaient faites avant l’exposition. Je ne pensais jamais les apporter au P’tit Bonheur un jour », souligne-t-elle. La passion est la clé selon elle afin de réaliser un travail de grande envergure. « Ça ne prend pas de patience du tout, ça prend de la passion. Quand on commence à travailler là-dedans, on ne voit pas le temps passer. » 

L’exposition Tissons autour du fil est présentée jusqu’au 1er septembre au P’tit Bonheur de Saint-Camille. 

Arts et spectacles

Wyclef Jean: en fête et gravité

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Wyclef Jean a développé un lien vraiment particulier avec le Québec dans les dernières années. Surtout, en fait, depuis deux ans, alors qu’il est sorti de Montréal et Québec pour présenter son spectacle à Saguenay, Saint-Jean-sur-Richelieu et au BeachClub de Pointe-Calumet… En plus de faire des apparitions à Tout le monde en parle et à En direct de l’univers, il a été invité au grand concert symphonique soulignant les 375 ans de Montréal, sur le mont Royal, en août 2017. La veille, il avait même donné une prestation surprise à la plaza Saint-Hubert, en compagnie de Mélanie Renaud et de Marie-Josée Lord. Au tour de Sherbrooke d’accueillir l’Américain d’origine haïtienne en spectacle à la Fête du lac des Nations la semaine prochaine. La Tribune s’est entretenue avec lui de cette relation spéciale avec le public québécois, de l’album qu’il vient de lancer en collaboration avec de jeunes talents rencontrés dans les écoles américaines, de son engagement politique et de ce projet de son disque en français toujours dans sa besace.

D’où provient ce rapport privilégié que tu entretiens depuis maintenant plusieurs années avec le Québec?

Il y a très longtemps, quand j’avais 17 ou 18 ans, mes parents nous emmenaient régulièrement à Montréal et au Québec, car nous avions à l’époque un groupe musical qui chantait dans les églises. Il y a donc une sorte de relation naturelle entre le Québec et moi, un peu comme Bob Marley et la Suisse. C’est une histoire de vibration. Quand je viens ici, je me sens à la maison. La musique, c’est une affaire d’amour et d’émotions, et lorsque je donne un spectacle au Québec, j’ai l’impression que le public et moi, nous ne faisons qu’un.

À quoi peut-on s’attendre de ta prestation à Sherbrooke?

Ce sera une sorte d’« héritage ». Nous allons célébrer ensemble 30 ans de musique. C’est un moment très spécial pour moi, car j’aurai 50 ans le 17 octobre prochain. Ça veut dire beaucoup pour moi, parce que j’ai des cousins qui sont morts jeunes, victimes de la violence des rues. D’autres sont en prison. Dieu m’a aidé à me rendre aussi loin et m’a permis de soutenir ma famille. Nous allons fêter ça. Je n’aurai jamais plus 49 ans, alors ce sera le party des 49 ans de Wyclef Jean juste avant qu’il en ait 50 (rires). Tout le monde pourra me chanter bonne fête (rires)!

Arts et spectacles

Starmania: aussi bon… et même un peu mieux

CRITIQUE / Même s’il y a encore place à quelques améliorations, ceux et celles qui verront Québec Issime chante Starmania cette année auront droit à un spectacle aussi bon, voire quelque coches au-dessus de la version 2018. On sent assez rapidement la maturité et l’aisance acquises au fil des représentations de l’été dernier et de la tournée qui a suivi, malgré les plafonds de verre qui n’ont pas été défoncés.

Le spectacle qui reprend l’affiche de la place Nikitotek jusqu’au 17 août comporte en somme les mêmes forces et faiblesses : des voix magnifiques, superbes et admirablement maîtrisées, des interprétations musicales très réussies et vraiment efficaces, un jeu d’acteur qui aurait encore pu être poussé davantage et une mise en scène correcte, qui fait de son mieux avec les limites spatiales et budgétaires données.

Que la production se rassure : les améliorations apportées paraissent. Marie-Jeanne (Marie-Ève Riverin) ne chante plus sa douleur avec le sourire, la mort de Cristal a été mieux symbolisée, les projections dans le fond et sur les côtés de la scène, plus variées et mieux définies, se font davantage remarquer, la production entière dégage davantage d’assurance.

Mais tout le monde à l’exception de Michaël (Ziggy Starduts), qui excelle toujours autant dans le chant comme dans le jeu, pourrait augmenter la dose dans la livraison des personnages. Les Zonards Johnny Rockfort et Sadia (Redgee et Rosa Laricchiuta) pourraient mordre davantage, Marie-Jeanne pourrait sombrer plus profondément dans son mal-être, Zéro Janvier (Pierre Doré), qui assume en plus le rôle de pianiste et de directeur musical, peut difficilement avoir toutes l’aisance souhaitée avec tous les chapeaux qu’il porte.

Mais il y a une belle découverte, celle d’Emy Fournier, qui enfile le rôle de Cristal cette année et dont la présence se fait instantanément remarquer, aidée par une voix puissante et bien contrôlée. L’artiste se tire aussi très bien d’affaire comme comédienne.

La prestation de Sylvie Tremblay dans la peau de Stella Spotlight apporte aussi une touche colorée, à cause de son attitude maniérée qui fait ressortir davantage la déchéance du personnage. Si les envolées vocales conviennent parfaitement aux Adieux d’une sex-symbol — non, elle ne rate pas la note finale —, elles font perdre un peu de profondeur au Rêve de Stella Spotlight, qui demeure quand même une lettre de suicide.

COINCÉS PAR LA CAISSE

Les belles trouvailles musicales sont encore au rendez-vous, tels de puissants duos et même trios vocaux (Marie-Jeanne et Cristal dans Monopolis, Cristal, Rockfort et Sadia dans Les uns contre les autres), il y a aussi les limites physiques imposées par la scène, qui privent probablement les interprètes de toute leur liberté de mouvement. Les Zonards sont ainsi confinés autour de leur caisse de bois au lieu de pouvoir traduire leur rage dans une chorégraphie plus brusque et plus étendue. En même temps, on comprend les chanteurs de ne pas vouloir s’essouffler et de risquer d’affecter leur performance vocale.

On ne peut aussi que remarquer la puissance des chansons dans l’appréciation du public. Le blues du businessman a ainsi suscité beaucoup plus de ferveur que celle de la Chanson de Ziggy, même si, artistiquement parlant, la prestation de Michaël était plus complète.

Quelques chansons mériteraient aussi d’être élaguées pour mieux ramasser cette soirée somme toute assez longue. Bien que certaines aient probablement été gardées pour soutenir la trame narrative et pour que chacun ait un temps de glace intéressant, plusieurs font entendre assez vite pourquoi elles ne se sont pas retrouvées sur disque.

On pourrait mettre L’air de l’extraterrestre dans le lot. Son absence n’amputerait en rien l’histoire. Mais il faut admettre que l’interprétation de la jeune Lee-Ann Viens (quelle puissance dans ce petit bout de femme, quand même!) vient apporter un petit plaisir supplémentaire juste avant la fin. Attention toutefois à l’orchestre de ne pas jouer trop fort pour ne pas l’enterrer.

C’est bien le seul reproche que l’on pourrait d’ailleurs faire aux neuf musiciens, d’une enviable solidité, enrobant le tout d’une ampleur sonore impressionnante.

TOIT QUI COULE

L’orage qui a éclaté à l’entracte et a retardé de vingt minutes le début de la deuxième partie lors de la représentation d’hier soir a révélé de nombreuses fuites dans la toiture, plusieurs spectateurs se faisant mouiller par l’eau s’infiltrant à plusieurs endroits du plafond. Les « sinistrés » se sont fait prêter des imperméables de fortune par l’organisation, mais certains ont dû opter pour un autre siège plus sec, la place Nikitotek n’étant heureusement pas pleine.

Arts et spectacles

Une première soirée festive à Soif de musique

Pour sa première édition, le festival Soif de musique, qui se tient du 11 au 13 juillet sur le terrain de l’école Massey-Vanier, en met plein la vue avec une programmation surprenante et diversifiée. La Voix de l’Est était sur place jeudi pour capter l’ambiance de ce premier soir festif où, déjà, près de 5000 billets étaient vendus.

« Ça prenait un événement d’envergure à Cowansville. Josiane Noiseux et Édouard Lagacé ont rencontré la Ville et la Caisse populaire Desjardins et tout le monde était emballé par le projet », rapporte Philippe Mercier, un des organisateurs de l’événement, qui est aussi secrétaire-trésorier de l’organisme derrière le festival Expérience Embargo.

Arts et spectacles

Le Gros laboratoire de retour à Bishop's [VIDÉO]

Dotée d’une nouvelle cuvée de 100 cobayes au dévouement remarquable, l’équipe de Jean-René Dufort et de Marie-Pier Élie transforme pour une deuxième fois le campus de l’Université Bishop’s en petit Québec expérimental. Ce qu’ils y mijotent en l’espace de huit intenses journées : la deuxième saison de l’émission Le gros laboratoire, ce singulier spécimen télévisuel aux simulations et aux rencontres improbables.

Réunis mercredi sur la grande plateforme extérieure pour une journée d’expérimentations en groupe, les cobayes obéissent aux directives de Jean-René. Incrédules, ils inscrivent les deux derniers chiffres de leur numéro de téléphone avant de devoir estimer... le prix d’un cône orange. Quel est le lien ? Ils ne le découvriront qu’en même temps que le public, lors de la diffusion des dix nouveaux épisodes, dès le 11 décembre sur ICI Explora. Cloîtrés sur place du 7 au 15 juillet, les cobayes se prêtent à une quarantaine de nouvelles expériences d’ordre physique, psychologique ou social, allant du simple lancer de la pièce de 25 cents jusqu’au confinement en compagnie de tarentules.

spectacles

ShazamFest: un festival en plein essor

Comme il y a bien peu de festivals en règle consacrés à l’art burlesque dans le nord-est de l’Amérique du Nord et que sa programmation est des plus impressionnantes, le ShazamFest attire constamment plus de participants. Ce fut encore le cas cette année, les organisateurs dénombrant près de 3000 participants, dont un nombre grandissant de campeurs.

La 14e édition de l’événement le plus déjanté de l’Estrie a été un franc succès, à en constater l’engouement du public et la satisfaction des organisateurs. « On a passé une autre fin de semaine inoubliable, note Ziv Przytyk, père du festival. Des gens de partout sont venus vivre l’expérience Shazam avec nous, dont plusieurs pour la première fois. L’expérience était plus immersive que jamais, le bon travail des bénévoles a vraiment porté fruit. »

À lire aussi: Le ShazamFest bat son plein

La programmation regorgeait d’artistes de talent, qui en ont mis plein la vue aux foules assemblées devant les différentes scènes. Les organisateurs ont dû redoubler d’ardeur lorsqu’ils ont appris à la dernière minute que le groupe Les Hôtesses d’Hilaire n’allait pas être en mesure de performer vendredi soir. 

« Ce sont des choses qui peuvent arriver, on doit toujours être prêts pour des situations du genre. Heureusement, Susie Arioli, Souljazz Orchestra et Afrikana Soul Sister ont cassé la baraque! Le freak show, les cracheurs de feu et tous les animateurs de foule ont littéralement hypnotisé les foules, l’énergie était palpable du début à la fin du festival, de jour comme de nuit », se réjouit-il. 

« La température a été de notre côté toute la fin de semaine, on a eu seulement une heure de pluie, poursuit Ziv Przytyk. Les gens ont beaucoup fait la fête et on a eu beaucoup de curieux qui sont venus dimanche pour la journée gratuite, dont beaucoup de familles. »

«Quand je repense au chemin qu’a fait le ShazamFest de ses débuts à aujourd’hui, je n’en reviens tout simplement pas, avoue l’unique Ziv Przytyk, instigateur de cet événement majeur. C’est toujours amusant de voir qu’il y a beaucoup de personnes qui aiment le vaudeville et tous les arts qu’on met en valeur.»

Un couple a même fait la route à partir du Manitoba pour venir vivre l’événement, dont la réputation se répand comme une traînée de poudre dans la communauté vaudeville. 

«Le ShazamFest est connu partout au pays, c’est le rassemblement burlesque par excellence au Canada, déclare sans équivoque Cody et sa conjointe Amy, qui ont fait plus d’une vingtaine d’heures de route pour venir. Les organisateurs ont fait un excellent travail, c’est très sécuritaire et divertissant. C’est beau de voir les enfants être là et participer aux différentes activités, il y en a vraiment pour tous les goûts.»

Du plaisir pour tous

Le ShazamFest étant un événement pour toute la famille, les organisateurs ont mis les bouchées doubles pour accommoder les familles. Une zone de camping silencieuse a été aménagée dans la forêt et un bateau pirate rempli de jouets a été construit, facilitant leur participation.

« On a reçu beaucoup de commentaires positifs en lien avec notre nouvelle zone pour enfants. Les campeurs de la zone familiale avaient accès à une cuisine de groupe et à une station pour nettoyer la vaisselle juste pour eux. Il y a des bébés Shazam qui naissent chaque année et on veut s’assurer que leurs parents puissent continuer de venir avec eux. On en voit de plus en plus, ce sont la relève du ShazamFest, on est très content de les avoir parmi nous. »

Maintenant que la poussière est retombée à la ferme des Przytyk à Way’s Mills, les organisateurs se tourneront rapidement vers l’organisation de la prochaine édition du festival. « On veut toujours améliorer l’expérience des participants et on va travailler fort cet hiver pour organiser un 15e ShazamFest totalement déjanté », promet M. Przytyk, comblé par la réponse du public cette année.

Humour

Katherine Levac : Miser sur la force du velours

L’ascension de Katherine Levac a été rapide ces dernières années. Son personnage de Paige Beaulieu l’a bien sûr révélée au public. Mais un personnage ne fait pas une carrière. Or, avec son spectacle Velours, elle a su prouver qu’elle avait les ressources nécessaires pour réussir en humour au Québec. Entretien avec une humoriste en pleine possession de ses moyens.

Lorsqu’on évoque le nom de Katherine Levac, nombreux sont sans doute ceux qui pensent immédiatement à Paige Beaulieu, un délicieux personnage de l’émission SNL Québec qui parlait avec un accent franco-ontarien et qui se démarquait par sa candeur excessive. Aujourd’hui, le fameux personnage est davantage un souvenir sympathique qu’un objet de création pour l’humoriste.

Arts visuels

Chevaucher les limites en quatre temps

Question de bien décrocher pour la période estivale, la Maison des arts et de la culture de Brompton (MACB) invite le public à quitter le présent tangible pour se laisser dériver au travers de fables prémonitoires, de traces du passé, d’égarements mentaux ou encore de vagabondages de l’esprit. Réunis sur le thème À la frontière du réel, les univers discordants des quatre artistes s’harmonisent pourtant le temps d’un parcours de sculptures et de toiles.

« Se situer à la frontière du réel, c’est là où le tangible peut basculer dans une autre dimension, où l’impossible devient possible, où les limites s’effacent et laissent la fiction devenir réalité », évoque la MACB pour décrire sa nouvelle exposition, qui joue sur les contrastes entre mondes joviaux et sombres, entre concret et abstrait, entre soin et désordre.

L’amalgame présenté jusqu’au 8 septembre estompe également la limite entre art émergent et professionnel, car il comprend des œuvres des artistes aguerris Anne-Marie Berthiaume et Mathieu Gotti, mais aussi celles d’Agatha Veale et de Pascal e St-Pierre, deux créatrices de la relève.

Musique

Five Alarm Funk : Quand la confiture prend feu

La première image qui accueille le visiteur sur le site internet de Five Alarm Funk (FAF), c’est un Tayo Branston torse nu et en sueur dans une lumière rouge. Le batteur-chanteur aux cheveux bouclés dégoulinants se trouve au beau milieu de la scène, hurlant dans son micro, entouré d’une tribu de musiciens dont certains portent un costume flamboyant ou excentrique, devant une foule sautillante et enflammée.

C’est clair : Five Alarm Funk carbure au party. Et ce n’est pas le frontman du septuor vancouvérois qui va le démentir.

« Nous avons une sorte de mantra en spectacle : nous sommes ici pour nous amuser, pour divertir, pour faire sourire les gens et leur faire aimer la vie. Et vivre une expérience de scène où tu peux te laisser aller et être le plus libre possible, c’est tellement le fun! Les personnes qui viendront nous voir chez vous peuvent s’attendre à repartir avec un grand sourire au visage », raconte Tayo, qui ne cache pas être souvent complètement épuisé à la fin d’une prestation.

« Mais en seize ans de scène, nous avons appris à retenir l’énergie et à la pousser à fond aux moments opportuns. Ça reste quand même fatigant, comme un match de ho-ckey ou de soccer. Tu donnes tout, mais pendant le spectacle, tu surfes sur toute cette énergie », explique celui qui assume, au surplus, le rôle de leader du groupe.

« Ça a toujours été très naturel pour moi. Je suis très à l’aise devant une foule et avec le micro. Quand nous avons débuté, j’étais à l’arrière comme tous les batteurs. Mais le public ne voyait pas qui lui parlait, caché derrière le mur des autres musiciens. Et tu ne peux pas connecter avec quelqu’un que tu ne vois pas. Pour des raisons professionnelles, nous avons vite déménagé ma batterie à l’avant de la scène. »

Il faut dire que ce n’est pas comme si Tayo Branston devait interpréter des mélodies très élaborées tout en frappant sur ses tambours : la plupart des pièces de FAF sont instrumentales. Et lorsqu’il y a des paroles, elles sont le plus souvent scandées à l’unisson par tout le groupe. Certaines sont même créées sur scène selon l’énergie du moment.

Allumer la mèche

On l’aura compris : la spontanéité a joué et joue encore un rôle important dans l’histoire de Five Alarm Funk, non seulement sur scène, mais aussi dans la manière de créer de nouvelles pièces ainsi que dans la genèse même du septuor.

Tout ça a commencé en 2003 par une « séance de confiture » (jam-session) entre musiciens vancouvérois. « C’est une façon très organique de fonder un groupe, commente Tayo en riant. Nous nous sommes rencontrés lors d’une fête organisée dans une maison privée. Il y avait des musiciens d’un peu tous les quartiers de Vancouver. Nous avions

à peu près tous déjà entendu parler les uns des autres, de ces gars censés être de fantastiques instrumentistes. Les personnes qui ont assisté à cette jam-session l’ont vraiment appréciée. C’est après ça que nous avons décidé de créer des pièces originales. »

Sans le savoir, Tayo Branston et ses deux coéquipiers fondateurs, le guitariste Gabe Boothroyd et le bassiste Neil Towers, venaient d’allumer la mèche d’une explosive expérience artistique et scénique, laquelle conquiert depuis un nombre croissant d’amateurs. Après avoir mis le feu à la côte ouest, la flambée atteint maintenant l’Est, le Québec se laissant consumer à son tour.

35 fois passera

FAF a évidemment sophistiqué sa façon d’écrire depuis ses débuts, mais il arrive encore que les membres du groupe fassent naître de nouvelles chansons en improvisant ensemble, révèle Tayo.

« En fait, je pense que c’est parce que nous avons diversifié nos façons d’écrire si le groupe a maintenant un répertoire aussi varié. Certaines chansons sont travaillées par un seul musicien, parfois par un petit groupe de trois, parfois tous ensemble en répétition, où chacun lance des idées aux autres jusqu’à ce que quelque chose de magique se produise. Rien n’est coulé dans le béton. »

On s’en doute, la communication au sein du groupe est très importante, surtout quand toute la bande part ensemble en tournée. Il y a d’ailleurs eu un certain roulement de musiciens chez FAF. Tayo Branston évalue à 35 le nombre d’instrumentistes qui y sont passés plus ou moins longtemps. Lors de la réalisation de Sweat (2017), leur plus récent disque, les gars étaient encore huit.

« Mais la gang que nous avons en ce moment est assurément une des plus dévouées. C’est essentiel pour la survie d’un groupe comme le nôtre. Chacun a ses responsabilités en dehors de la musique : la comptabilité, les réservations et les locations, les produits dérivés, les médias sociaux, les relations de presse, la gestion… Tout ça permet à chacun de focaliser sur l’unité du groupe. Et tout le monde a une attitude très positive. »

Le plus chaud

Autre avantage : chacun apporte ses influences, et elles sont nombreuses. Si le funk restera toujours le noyau du groupe — ils sont de grands amateurs de James Brown et Tower of Power —, les membres de FAF adorent tout autant Frank Zappa que Tito Puentes ou la formation afrobeat Antibalas. Toutes ces couleurs et bien d’autres (jazz, métal même) se retrouvent aujourd’hui sur leurs six albums.

« C’est un peu devenu notre marque de commerce », résume Tayo Branston, celui qui a proposé Five Alarm Funk comme nom de groupe.

« Mon père était pompier. Un feu de cinquième appel (five alarm) est le plus chaud de tous. Un five alarm chili est le chili le plus piquant. C’est donc avec Five Alarm Funk que tu auras le funk le plus brûlant. C’est aussi simple que ça! » conclut-il en éclatant de rire.

Musique

Chloe Flower veut décoincer la musique classique

NEW YORK — Vous voyez la musique classique comme un genre ennuyeux, poussiéreux, tout juste bon pour vos grands-parents? La jeune pianiste Chloe Flower est là pour vous, elle qui marie le classique au rap et à la pop, à grand renfort de strass et de paillettes.

L’artiste de 33 ans a été découverte par le grand public en début d’année lorsqu’elle a joué pendant la performance de Cardi B aux Grammys, au cours de laquelle la rappeuse new-yorkaise avait notamment interprété son tube «Money» en «twerkant» sur son piano.

«J’avais tellement peur, mais j’avais pris la veille un biscuit chinois qui disait: ‘‘Si vous ne prenez pas de risques, vous n’êtes pas récompensé’’», explique-t-elle à l’AFP depuis son classieux appartement de Manhattan, où trône notamment un des célèbres pianos du chanteur Liberace - synonyme de kitsch et de flamboyance - prêté par sa fondation à Chloe Flower.

Lors de la soirée qui a suivi les Grammys, cette ancienne de la Juilliard School, prestigieuse école de musique, de théâtre et de danse de New York, a gagné des dizaines de milliers d’abonnés en quelques heures sur les réseaux sociaux, juste avant de signer avec Sony Music.

Ce n’était pourtant pas sa première collaboration avec le monde des succès populaires: elle avait signé en 2010 avec le très influent producteur de R&B Babyface, qui lui a notamment appris à utiliser des logiciels - comme le font les artistes rap et R&B - pour composer des arrangements et des rythmes de batterie, afin d’accompagner ses notes de piano.

Cinéma

Mort de l'acteur Rip Torn, Z dans «Hommes en noir»

NEW YORK — L’acteur américain Rip Torn, qui incarnait le rôle de Z dans «Hommes en noir», est mort mardi à l’âge de 88 ans, a annoncé son agent.

«Torn est parti en paix cet après-midi [...] dans sa maison de Lakeville, dans le Connecticut, à l’âge de 88 ans. Sa femme Amy Wright, et ses filles Katie Torn et Angelica Page étaient à ses côtés», a annoncé Rick Miramontez dans un communiqué. 

«R.I.P [Rest in peace] Rip», a écrit son partenaire à l’écran dans Hommes en noir, Will Smith, sur son compte Instagram, accompagnée d’une photo des deux acteurs dans une scène d’une des plus grosses superproductions américaines des années 90. 

Né Elmore Rual Torn le 6 février 1931, au Texas, Rip Torn s’était d’abord illustré au théâtre, jusqu’à être sélectionné pour un Tony Award (récompenses théâtrales américaines) en 1960 pour son rôle dans la pièce de Tennessee Williams Doux oiseau de jeunesse. Il avait également été sélectionné en 1984 pour l’Oscar du meilleur second rôle masculin pour Cross Creek. 

Dans les années 90, Torn avait joué le rôle d’Artie, le producteur d’un talk-show, dans la série télévisée The Larry Sanders Show. Une performance saluée par un Emmy Award en 1996. Avec plus de 200 films de télévision et de cinéma à son crédit, Torn avait notamment incarné Louis XV dans le Marie-Antoinette de Sofia Coppola en 2006. 

Arts et spectacles

Robert Langevin : 25 ans de «conservatoire idéal»

C’est en 1993 que Robert Langevin a été invité pour la première fois comme maître enseignant au Centre d’arts Orford (aujourd’hui Orford Musique). La directrice artistique de l’époque, Agnès Grossman, souhaitait une présence accrue de musiciens québécois dans le corps professoral de l’Académie estivale, se souvient le flûtiste d’origine sherbrookoise, qui faisait alors partie de l’Orchestre symphonique de Montréal.

« Je n’avais pas pu accepter son invitation la première année : j’étais en train de déménager aux États-Unis », rapporte le musicien qui, entre l’OSM et le poste de flûte solo de l’Orchestre philharmonique de New York (qu’il occupe depuis 2000), a fait partie de l’Orchestre symphonique de Pittsburgh. « Heureusement, elle m’a réinvité l’année suivante. Ainsi, depuis que j’habite à l’étranger, j’ai toujours pu revenir en Estrie chaque année. »

En fait, Robert Langevin n’aurait pu mieux demander. Orford Musique, dont il est aussi un ancien stagiaire (il y a passé trois étés), lui permettait de renouer avec sa région d’origine, de voir parents et amis et d’œuvrer dans un cadre qu’il avait beaucoup aimé comme élève, et qu’il apprécie encore plus comme professeur.

« Comme étudiant, je me suis vite aperçu que l’on faisait en un mois presque le travail d’une année. C’est tellement intense! On voit son professeur tous les jours, on a des classes six jours par semaine, on répète tous les jours et il n’y a aucune distraction, rien d’autre à faire que de la musique. C’est le conservatoire idéal! » souligne-t-il en riant, à propos du site posé en pleine nature, à même le Parc national du Mont-Orford.

Au fil des ans, Robert Langevin a vu certains de ses anciens élèves d’Orford devenir de solides interprètes... et même être engagés à leur tour comme professeurs.

« Par exemple Jocelyne Roy [deuxième flûte de l’Orchestre métropolitain], qui enseigne avec moi cette semaine, et Jennifer Gunn, aujourd’hui membre de l’Orchestre symphonique de Chicago. »

Robert Langevin ne peut que remarquer le niveau d’excellence de ses étudiants, qui n’a cessé d’augmenter au cours des 25 dernières années. « Depuis dix ans, c’est vraiment très fort », appuie-t-il.

Un programme à son image

Certains le remarqueront : le programme qu’offrira Robert Langevin vendredi est presque le même que celui qu’il a donné en compagnie du pianiste Tristan Longval-Gagné en mars 2018 à Orford Musique, pour souligner le 60e anniversaire du Concours de musique du Canada. Le musicien n’a pu s’empêcher de remettre au programme ces pièces de Jacques Hétu, Mel Bonis et Claude Debussy qu’il affectionne particulièrement, étant donné qu’on lui donnait presque carte blanche.

La seule exception est la Sonate en la mineur « Arpeggione » de Franz Schubert, arrangée pour flûte et piano, qu’il n’avait pas jouée depuis longtemps.

« Le nom le dit : Schubert a composé cette pièce pour l’arpeggione, un instrument de musique à mi-chemin entre le violoncelle et la guitare (il était d’ailleurs accordé en quartes comme une guitare), mais qui a eu une très courte vie. En fait, sans cette œuvre de Schubert, on n’aurait peut-être jamais su que l’arpeggione avait existé! »

Sauf que cette pièce est si magnifique et si bien écrite qu’elle a été facilement adaptée pour d’autres instruments, à commencer par le violoncelle, mais aussi le violon, la clarinette et bien sûr la flûte. 

« La musique de Schubert étant très mélodique, les transcriptions ont nécessité très peu de changement. C’est à 95 pour cent la partition originale que je joue. Physiquement, cette pièce est un défi, car il y a très peu de moments pour se reposer, mais mélodiquement, c’est tellement beau... »

Quant au Prélude à l’après-midi d’un faune de Debussy, œuvre incontournable pour tous les flûtistes, il faut avoir un atteint un certain niveau pour bien l’interpréter.

« Cette œuvre me fascine depuis l’adolescence. C’est probablement la pièce la plus idiomatique pour la flûte : elle n’aurait pas pu être écrite pour un autre instrument. Pour le compositeur Pierre Boulez, cette pièce marquerait le début de la musique moderne. L’Exposition universelle de Paris, en 1889, a fait découvrir aux Français la musique orientale et ses sonorités. C’était alors l’époque de Wagner, avec ses œuvres orchestrales immenses et ses opéras de cinq heures. Voilà que Debussy arrive avec cette pièce de dix minutes, dépouillée, pour petit ensemble, dans une tout autre esthétique... Je lisais encore récemment que le solo de basson de Stravinsky dans le Sacre du printemps est directement inspiré du thème principal. »

Le choix de Marianne Patenaude comme pianiste lors du concert n’est pas fortuit. « Cela fait 17 ans que Marianne est accompagnatrice dans mes classes de flûte à Orford et nous n’avions jamais eu la chance de jouer ensemble sur scène. Je pense qu’il faut lui rendre hommage à elle aussi. »

Arts et spectacles

De l’art numérique au centre-ville

La Ville de Sherbrooke souhaite installer une œuvre d’art numérique interactive à la halte des Pionniers, adjacente au 145, rue Wellington Nord. Elle lancera un appel de propositions l’automne prochain pour inaugurer une première œuvre de ce type l’été prochain.

Le projet s’inscrit dans les démarches de revitalisation du centre-ville et dans le réaménagement du secteur Wellington Nord et Frontenac. Selon les documents rendus publics mardi dernier, il s’agirait d’une occasion « de diversifier les types d’œuvres d’art public dans la collection de la Ville, puisqu’il s’agirait de la première œuvre des nouveaux médias dans la collection ».

Actualités

Louise Lacoursière plagiée en France?

Trois-Rivières — Le roman La Saline de l’écrivaine bien connue dans la région Louise Lacoursière a-t-il été plagié en France? C’est la question que l’écrivaine se pose sérieusement, ces jours-ci, après avoir constaté d’étranges similitudes avec un autre roman publié en France, La mélancolie du kangourou de l’auteure Laure Manel.

Dans une publication sur sa page Facebook professionnelle, Louise Lacoursière a indiqué, au cours des derniers jours, qu’elle trouvait troublantes les similitudes entre les deux histoires, des similitudes qui lui ont été rapportées par une lectrice assidue, qui est par hasard tombée sur le résumé de cet autre roman. Mme Lacoursière a par la suite pris le temps de lire le roman en question, afin d’y soulever les ressemblances et les différences, qu’elle relate en détail sur sa page Facebook.

Arts et spectacles

Une oeuvre du sculpteur Matthieu Binette au bout de la 610

L’artiste sherbrookois Matthieu Binette a remporté le concours d’œuvres d’art qui visait à égayer les carrefours giratoires au croisement de l’autoroute 610 et de la rue King Est (route 112) et au croisement des routes 161 et 263 à Nantes. Sa Porte des étoiles marquera les limites de la Réserve internationale de ciel étoilé du Mont-Mégantic.

L’œuvre de cinq mètres de hauteur est constituée d’une porte monumentale et compte deux colonnes d’aluminium plaquées de bronze. À l’intérieur de la porte, un petit personnage, juché sur les épaules d’un plus grand, symbolise les générations futures ainsi que l’effort et l’entraide dans l’accomplissement de nos rêves et de nos ambitions. Deux étoiles complètent l’œuvre pour illustrer notre rapport au ciel nocturne.

Arts et spectacles

Une année record pour le Sherblues & Folk

« Sherbrooke est dangereusement en forme! » a lancé le pianiste Guy Cardinal dimanche lors de la soirée de clôture du Sherblues & Folk. Effectivement, l’infatigable public peinait à rester en place alors que le groupe de musiciens Harmonica Extravaganza enchaînait les classiques du blues sur la scène du Théâtre Granada.

Le groupe constitué de Martin Deschamps, Carl Tremblay, Jim Zeller, Guy Gardinal, Guy Bélanger, Shawn McPherson, Steve Marriner et Big Time Lew a donné une impressionnante performance.

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Arts et spectacles

À la découverte des métiers d’autrefois

Une vingtaine d’artisans pratiquant des métiers rares, voire en voie de disparition, ont convergé au Lieu historique national Louis-S.-Saint-Laurent de Compton pour partager leurs connaissances et leur savoir-faire. Du tressage de paniers à la confection de balais en passant par la dentellerie, il y en avait pour tous les goûts.

Les visiteurs de la cinquième Foire d’antan, organisée dimanche par les Compagnons du Lieu historique, ont vécu un véritable retour dans le temps. En plus de voir des produits confectionnés avec des techniques ancestrales, ils ont pu voir les artisans à l’œuvre, question d’en apprendre plus sur des métiers qui étaient autrefois largement pratiqués.

Arts

Pink Martini: fiesta rose

Même si le spectacle qu’il a donné vendredi soir était à 80, voire 90 pour cent semblable à celui de mai 2018 au Théâtre Granada, Pink Martini méritait de revenir, ne serait-ce que pour livrer toutes ses chansons latines et dansantes au-dessus de 30 degrés.

Quelle bonne idée donc, de la part du Sherblues, de les avoir installés à la place Nikitotek. Bien sûr, personne ne pouvait prévoir la canicule de cette semaine, mais d’entendre ces salsas, ces sambas, ces rumbas, ces cha cha par une telle touffeur a donné un cachet particulier à la soirée, cachet qui a fortement contaminé les quelques 650 spectateurs.

Plusieurs ont d’ailleurs fini par descendre au pied de la scène pour se laisser aller à quelques pas de danse, à l’invitation de la chanteuse China Forbes, toujours aussi resplendissante dans sa prestance que dans sa voix. La soirée s’est terminée dans l’apothéose d’Una notte a Napoli (une nuit à Naples) et de l’éternel Brazil.

En fait, l’actuelle prestation de Pink Martini prend la couleur d’un tour du monde, et même si l’Amérique du Sud tient le haut du pavé, il reste de la place pour le Japon, la Turquie, l’Arménie et l’Italie, entre autres.

Contrairement à ce qu’on aurait pu craindre, la sonorisation du spectacle s’est révélée très réussie. China s’est majoritairement adressée à la salle en français (au grand plaisir du public), notamment lorsqu’elle a présenté le classique Sympathique, reprise en chœur par l’auditoire, puis Joli garçon, qu’elle a erronément présentée comme Souvenir. On lui pardonne, mais il faudrait quand même que quelqu’un finisse par dire au pianiste Thomas Lauderdale, qui s’exprime aussi en français, que juicy se traduit par « juteux », pas « jouissant ».

Enfin Ravel

Parmi les quelques différences par rapport à l’an dernier, on note, en ouverture, le Boléro de Ravel latinisé, une pièce qui a toujours fait partie du répertoire du petit orchestre de l’Oregon, mais qu’il n’avait jamais pu enregistrer avant que l’œuvre tombe dans le domaine public il y a trois ans.

Impossible également de passer sous silence la reprise, par l’artiste invité Jimmie Herrod, du thème d’Exodus (This Land Is Mine), qui a littéralement soulevé le public et suscité une ovation d’au moins la moitié de la salle. Cela avait d’ailleurs été le cas aussi l’an dernier, le jeune chanteur possédant une voix vraiment unique, quelque part entre le ténor masculin et l’alto féminin. Lauderdale devrait quand même cesser de parler de ses « débuts » canadiens.

On espère aussi que le répertoire se sera davantage renouvelé lors du prochain passage de la formation en Estrie, surtout que le groupe a habitué ses amateurs à être au-devant de ses albums, c’est-à-dire à jouer ses nouvelles pièces sur scène avant de les endisquer.

D’ailleurs, avec cette fidélité du public québécois et le désir des Pink Martini d’avoir un répertoire dans le plus grand nombre de cultures possibles, ne serait-il pas temps d’ajouter une chanson québécoise dans sa manche? Ou de faire un spectacle consacré uniquement à son répertoire en français? Ça nous changerait un peu de Donde estas, Yolanda.

Arts

Antoine Bertrand... en jumeau!

Vous ne rêvez pas. Dans Menteur, on a confié à Antoine Bertrand le rôle du jumeau de Louis-José Houde. Il n’en fallait pas plus pour donner au film la cocasserie recherchée.

Car malgré cette improbable association, la chimie passe entre les deux comédiens. «Moi et Louis-José, on se connaissait très peu, à part une scène de Virginie qu’on avait tournée il y a bien longtemps. Mais là, c’est à la vie à la mort. Quand on embarque dans un marathon de comédie comme ça, ça resserre les liens et tout le monde pagaie dans la même direction, celle du rire», affirme-t-il au sujet de son partenaire de jeu.

Victime des fabulations de son frère Simon (Louis-José Houde), Phil (Antoine Bertrand) devient le gars le plus malchanceux qui soit. Vraiment.

Quand on lui demande si Menteur est le long métrage où il a été le plus malmené, le Granbyen d’origine confie qu’il a terminé le tournage avec des maux physiques. «À force de jouer ce gars badlucké et stressé, ça m’a tellement tendu que j’ai eu un problème de cou!»

Avec sa verve habituelle, Antoine Bertrand a rejeté la comparaison avec Liar Liar. 

«Ce serait un peu réducteur de le comparer. La proposition de Menteur est tellement forte que je trouve surprenant que personne ne l’ait fait avant. Quand on y pense, le mensonge est toujours à la base de la comédie. Chaque fois qu’on rit, si on fouille un peu, il y a un mensonge derrière. De prendre cette idée et de la développer durant deux heures, c’était brillant.» 

Sherblues & Folk

Jordan Officer déchaîne ses rythmes

Rares sont les artistes qui savent danser, chanter et jouer d’un instrument comme Jordan Officer l’a fait jeudi dans le cadre du Sherblues & Folk. Dans l’intimité de la Place Nikitotek, le Montréalais et ses six musiciens ont mis le feu à la scène. Difficile de ne pas tomber sous le charme des solos de guitare suaves qui ont coupé le souffle des spectateurs.

Dès les premières notes de Hang ‘Em High entamé par les musiciens, les spectateurs se questionnent des yeux à savoir où est Jordan Officer? L’artiste ne se fait pas attendre trop longtemps avec une entrée remarquée, soulageant ses admirateurs.

Arts et spectacles

RURART et Amélie Lemay-Choquette décorés

Le prix Artiste dans la communauté 2019 a été décerné à Amélie Lemay-Choquette pour RURART, art contemporain en milieu rural, un projet in situ qui permet aux citoyens de voir autrement le territoire qu’ils habitent, à travers le regard des artistes en résidence à la ferme La Généreuse de Cookshire-Eaton.

Artiste multidisciplinaire en danse et en peinture, Amélie Lemay-Choquette a lancé le projet RURART en 2012. Celui-ci constitue un espace de rencontre entre l’art et la ruralité. Dans le cadre de séjours de création à la ferme La Généreuse, des artistes professionnels sont invités à explorer leur créativité dans un contexte rural et à sortir des lieux traditionnels de diffusion. Cette initiative propose à la communauté un point d’ancrage et une occasion d’enrichir son milieu de vie par les arts et la culture.