Xavier Dolan sera de retour en compétition à Cannes, trois ans après Juste la fin du monde.

Xavier Dolan et Monia Chokri au Festival de Cannes

Xavier Dolan ne retournera pas seul en sélection officielle à la 72e édition du Festival de Cannes, Monia Chokri en sera aussi avec son premier long métrage. Le brillant cinéaste sera en compétition pour la Palme d’or avec Matthias et Maxime alors que la réalisatrice québécoise proposera La femme de mon frère dans la section Un certain regard.

Dolan, qui était reparti avec le Grand prix en 2016 pour Juste la fin du monde, aura fort à faire pour cette cinquième présence en sélection. Les derniers films de Pedro Almodóvar, Arnaud Desplechin, Ken Loach et des frères Dardenne seront en compétition, qui regroupera 19 longs métrages.

Pour Matthias et Maxime, Dolan a renoué avec les thèmes et l’approche qui l’ont fait devenir une vedette instantanée à Cannes à 20 ans avec J’ai tué ma mère (2009). Le drame se penche sur le destin de deux amis qui tombent amoureux l’un de l’autre alors qu’ils n’avaient jamais envisagé d'être attirés par un homme. Xavier Dolan joue lui-même Maxime.

Après une 71e édition marquée sous le signe de l’audace et du renouvellement, qui n’a pas donné les résultats escomptés, le délégué général Thierry Frémaux a donc révélé une liste qui mise sur les valeurs sûres, tout en se gardant un espace de manœuvre pour des choix moins convenus.

À tout seigneur, tout honneur : le doyen Ken Loach en sera à sa 16e présence en sélection officielle, dont 14 en compétition, avec Sorry We Missed You. Le Britannique détient deux Palme d’or avec le percutant Moi, Daniel Blake (2016) et Le vent se lève (2006).

Tout comme les frères Dardenne, eux aussi férus du cinéma social, avec L’enfant (2005) et Rosetta (1999). Les Belges seront présents pour une huitième fois en compétition avec Le jeune Ahmed.

Pedro Almodóvar, Arnaud Desplechin et Jim Jarmusch (dont The Dead Don’t Die sera présenté en ouverture) sont d’autres habitués sur la Croisette. Terrence Malick y est venu moins souvent, mais il est reparti avec la Palme d’or (le magnifique L’arbre de la vie, 2011) et le Prix de la mise en scène (Les moissons du ciel, 1979).

On note aussi la présence de Marco Bellocchio. L’Italien renoue avec la course à la Palme d’or après une absence de dix ans. Bong Joon Ho revient en compétition, mais sans controverse cette fois — Okja, en 2017, était un film produit par Netflix. Il n’y aura pas de chicane cette année à ce propos. Officiellement, aucun des films du géant du visionnement en ligne, dont le Scorsese, n’était prêt pour cette édition.

Pour ceux qui tiennent ce genre de compte, il y aura quatre réalisatrices en lice pour la Palme d’or. La quatrième présence en sélection sera la bonne pour Jessica Hausner, après trois passages à Un certain regard. Céline Sciamma a présenté son premier long métrage à Un certain regard en 2009 alors que Justine Triet se retrouve en compétition du premier coup avec son troisième essai, tout comme Mati Diop avec son premier long métrage.

Caméra d’or

Monia Chokri n’est pas en lice pour la Palme d’or, mais nul doute qu’elle sera ravie de sa présence à Un certain regard, une section qui sert souvent de tremplin pour la compétition. Le deuxième long métrage de Dolan, Les amours imaginaires, y avait d’ailleurs fait une présence remarquée en 2010. Mais pas seulement : on retrouve aussi des cinéastes établis comme Bruno Dumont, Christophe Honoré, voire Zabou Breitman, cette année.

Avec La femme de mon frère, à propos d’une jeune trentenaire contrainte d’aller vivre chez son frère qui tombe éperdument amoureux de son médecin, la réalisatrice pourrait toutefois repartir avec la Caméra d’or. Le prix est remis au meilleur premier film de la sélection officielle.

Tarantino absent

Comme d’habitude, le Festival de Cannes accueillera aussi son lot de films hors compétition qui risquent d’attirer l’attention. Parmi ceux-ci, Rocketman, le drame biographique sur Elton John, de Dexter Fletcher; le documentaire Diego Maradona d’Asif Kapadia, réalisateur remarqué pour Amy; et Les plus belles années de ma vie de Claude Lelouch, suite au célèbre Un homme et une femme, Palme d’or en… 1966!

Le très attendu Once upon a Time in Hollywood, le dernier opus de Quentin Tarantino, n’a pas été nommé, mais le Festival se réserve toujours la possibilité d’accueillir un film au dernier moment.

Aux dernières nouvelles, le long métrage pourrait ne pas être prêt à temps pour cette édition qui se déroule du 14 au 25 mai. Le Soleil sera sur place pour vous informer.

En compétition

The Dead Don’t Die - Jim Jarmusch

Douleur et Gloire - Pedro Almodovar

Le Traître - Marco Bellocchio

The Wild Goose Lake - Diao Yinan

Parasite - Bong Joon Ho

Le jeune Ahmed - Jean-Pierre et Luc Dardenne

Roubaix, une lumière - Arnaud Desplechin

Atlantique - Mati Diop

Matthias et Maxime - Xavier Dolan

Little Joe - Jessica Hausner

Sorry we missed you - Ken Loach

Les Misérables - Ladj Ly

Une vie cachée - Terrence Malick

Bacurau - Kleber Mendonça Filho et Juliano Dornelles

La Gomera - Corneliu Porumboiu

Frankie - Ira Sachs

Portrait de la jeune fille en feu - Céline Sciamma

It must be heaven - Elia Suleiman

Sibyl - Justine Triet

 

Hors compétition

Les plus belles années d’une vie - Claude Lelouch

Rocketman - Dexter Fletcher

Too old to die young - Nicolas Winding Refn

Diego Maradona - Asif Kapadia

La belle époque - Nicolas Bedos

 

Un certain regard

Invisible life - Karim Aïnouz

Beanpole - Kantemir Balagov

Les Hirondelles de Kaboul - Zabou Breitman et Eléa Gobé Mévellec

La Femme de mon frère - Monia Chokri

The Climb - Michael Covino

Jeanne - Bruno Dumont

Viendra le feu - Oliver Laxe

Chambre 212 - Christophe Honoré

Port Authority - Danielle Lessovitz

Papicha - Mounia Meddour

Adam - Maryam Touzani

Zhuo Ren Mi Mi - Midi Z

Liberté - Albert Serra

Bull - Annie Silverstein

Summer of Changsha - Zu Feng

Evge - Nariman Aliev