Voyage tout en finesse entre le Canada et la Chine

L’exposition Périple sur deux chemins de la maître-graveuse Anna Wong (1930-2013) est présentée jusqu’au 17 mai au Musée des beaux-arts de Sherbrooke. L’artiste sino-canadienne de renommée, qui est née et a grandi dans le quartier chinois de Vancouver, y dévoile, à travers 70 œuvres originales, son parcours marqué par ses racines américaines et l’héritage de la culture chinoise que ses parents lui ont transmis.

« Les parents d’Anna Wong avaient très bien enseigné à leurs enfants les traditions chinoises, mais avaient aussi voulu qu’ils soient très bien ancrés dans l’actualité américaine. Anna Wong a étudié autant au Canada qu’en Chine et aux États-Unis, alors c’est intéressant de voir comment elle se positionnait et comment elle était perçue en tant que Canadienne d’origine chinoise en sol chinois et en tant que Chinoise en sol américain née au Canada », note la conservatrice du MBAS, Sarah Boucher.

« Dans l’imagerie, elle fait des mélanges intéressants dans ses œuvres. Quand elle était au Canada, elle représentait la Grande Muraille de Chine. Quand elle est en Chine, elle mettait des feuilles d’érable canadiennes », enchaîne-t-elle, constatant que l’artiste n’est pas déchirée entre ses origines qui s’amalgament harmonieusement. 

Les œuvres exposées couvrent la période de création allant des années 1950 à la fin des années 1980.

« On parle de plusieurs techniques de gravure : eau-forte, aquatinte, Chine-collé, gravure sur bois. On fait le tour de tout ce qu’on peut imaginer comme gravure. On est dans la finesse des couleurs et la douceur, avec des papiers très fins », précise la conservatrice.

L’exposition comprend également un large éventail de dessins, d’estampes tirées à la main, de pièces de textile grand format, de courtepointes, d’outils de travail de l’artiste et d’artéfacts amassés lors de ses multiples voyages.

Sur deux littoraux

En 2018, Périple sur deux chemins a reçu le Prix d’excellence de la catégorie Expositions de l’Association des musées canadiens.

« Anna Wong est connue dans son milieu et elle a enseigné beaucoup, mais malgré sa technique exceptionnelle, elle est peu connue du grand public en tant qu’artiste. Nous sommes contents de pouvoir la découvrir et de savoir que cette exposition voyagera au Canada et peut-être même en Chine », conclut Mme Boucher.

Les commissaires de l’exposition ont écrit : « Ses œuvres représentent des périples parallèles de l’être. Grâce à cette exposition, nous tentons de l’accompagner pendant ses voyages. À cheval sur deux littoraux, deux cultures, Anna Wong semble dériver, rêver d’ailleurs, assoiffée de connaissance. »