Homeira Mortazavi présente l’exposition Symbiose retrouvée au Musée Beaulne de Coaticook, désirant à la fois repenser les rapports de force entre hommes et femmes et faire la promotion de l’acceptation du corps pour entrer en symbiose avec son âme.

Voir plus loin que le corps

L’exposition Symbiose retrouvée, présentée au Musée Beaulne jusqu’au 3 mars et mettant en vedette les peintures de l’artiste d’origine iranienne Homeira Mortazavi, invite les visiteurs à se lancer dans une quête symbiotique, en repensant les rapports de force et en voyant plus loin que l’apparence physique.

Dans sa démarche, l’artiste explore une esthétique féminine en dialogue avec ses propres introspections identitaires, toute représentation de la nudité ainsi que toute expression corporelle de la sensualité étant interdites dans son Iran natal.

Entre les affres de l’immigration et la défense de la beauté du corps, Homeira Mortazavi tente la difficile déconstruction de la sacralisation du corps féminin, omniprésent dans sa culture d’origine.

« Mes toiles envoient le message que l’acceptation de son corps est la meilleure façon pour une femme de reprendre ses pouvoirs. C’est en allant au-delà de son apparence physique qu’une femme peut s’accepter réellement et explorer la profondeur de son âme, ce qui est la clé du bonheur », explique l’artiste, précisant que toutes ses œuvres viennent de son âme et qu’elles ont toutes une signification différente.

« C’est en passant par-dessus les standards de beauté promus par la société qu’on peut véritablement se retrouver en symbiose avec soi-même. »

L’exposition comprend une vingtaine de peintures à l’huile sur toile ainsi que quelques œuvres sur des panneaux de bois. Le nu est un thème central sur la grande majorité de ses toiles, mais son utilisation diffère de celle des artistes peintres du passé. Des corps de tous types sont représentés dans leur entièreté.

« Je représente tous les types de femmes sur mes toiles. Il y a de la beauté dans la diversité et c’est ce que je démontre par mon art » , confie Homeira Mortazavi.

« Les parties du corps ne sont pas représentées de manière à mettre l’accent sur certaines d’entre elles et ainsi créer de la convoitise, d’en faire un objet de désir ou de conquête. C’est ce qui diffère des nus traditionnels et qui ajoute à la signification de mes toiles. »

Images superposées

Pour la réalisation de ses peintures, l’artiste a eu recours à la photographie ainsi qu’à un travail de compositions numériques entre les formes et mouvements corporels féminins, en dialogue avec les éléments floraux et végétaux.

« J’ai photographié une diversité de femmes, tant sur le plan ethnoculturel que sous l’angle des formes du corps, pour rester fidèle à une beauté physique plurielle présente à la fois dans le monde social et métaphysique. Je me suis également inspirée d’une série de photographies d’éléments naturels, principalement floraux, présents dans le jardin de Monet et les jardins de roses parisiens, tels que les jardins de Bagatelle. »