Vincent Leclerc s’est fait connaître du grand public québécois pour son rôle de Séraphin Poudrier dans <em>Les Pays d’en Haut</em>.
Vincent Leclerc s’est fait connaître du grand public québécois pour son rôle de Séraphin Poudrier dans <em>Les Pays d’en Haut</em>.

Vincent Leclerc, un comédien généreux

Vincent Leclerc s’est révélé au grand public avec le rôle de Séraphin Poudrier, dans la dernière mouture de Les Pays d’en Haut.

Né à Trois-Rivières, Leclerc a des racines dans la région d’Ottawa puisqu’il y est resté pendant plus de 10 ans, dans le secteur d’Orléans, en plus d’être diplômé de l’Université d’Ottawa en théâtre. Le Droit l’a joint au téléphone cette semaine.

Difficile d’éviter le sujet des Pays d’en Haut lorsqu’on discute avec le comédien. Le personnage qu’il incarne, celui de Séraphin Poudrier, l’avare le plus connu du folklore québécois, est plus grand que nature. « Tout le monde connaît Séraphin, indique Leclerc. Et tout le monde a son opinion sur le personnage. Dans mon cas, c’est aussi un beau défi de comédien. Le texte de cette série est magnifique, et donne une dimension plus moderne à tous les personnages. »

Mais plus que le défi, ce rôle a permis à Vincent Leclerc d’acquérir une notoriété bien méritée, ce qui lui a permis de multiplier les rôles à la télé, et ce, en incarnant des personnages tous aussi différents les uns que les autres. Preuve que le talent et la versatilité du comédien sont indéniables.

Qu’il soit McDonald dans la série Léo, Marc Dalpé dans Ruptures ou Maxime Vézeau dans District 31, Leclerc tente à tout coup « d’épaissir » chacune de ses interprétations.

« J’ai acquis une belle aisance sur les plateaux de tournage, ce qui me permet de tenter certaines choses avec mes personnages, explique-t-il. Ça donne aussi aux réalisateurs la possibilité de voir une autre facette du personnage que j’interprète. Parfois ça marche, d’autres fois moins. »

Tous ces rôles qui lui sont proposés depuis quelques années le flattent et le sécurisent à la fois.

« La carrière d’un acteur est très souvent faite de hauts et de bas, et surtout de bas, blague-t-il non sans une pointe réalisme. Présentement, je suis dans le haut de la courbe et contrairement à celle de la COVID-19, je n’ai pas très envie de l’aplanir. Je profite de cette vague de succès pour raffiner mon jeu, multiplier les expériences et élargir mon répertoire. » Mais, Vincent n’évalue pas l’importance d’un rôle au nombre de scènes qu’il aura à jouer. Il considère chaque offre selon ses propres critères.

« Que je n’ai qu’une scène à jouer ou 200, ce n’est pas ça qui importe pour moi, avoue-t-il. Pour être franc, je me demande toujours est-ce qu’il y a quelque chose à jouer? Est-ce que cette scène a une dimension avec laquelle je peux travailler. Je n’aime pas être un comédien marionnette, qui se laisse diriger sans pouvoir y apporter sa couleur. »

Au théâtre

Le comédien de 45 ans a débuté sa carrière au théâtre. Pendant son séjour dans la capitale fédérale, où il faisait des études en théâtre à l’Université d’Ottawa, il a eu des rôles dans plusieurs pièces montées par les compagnies de la région.

« J’ai joué avec La Catapulte, La Vieille 17 et Trillium, confie-t-il. Le théâtre était très présent au début de ma carrière, mais curieusement, aujourd’hui, je ne suis plus très à l’aise sur les planches. Je vis beaucoup d’anxiété face au texte, au public présent dans la salle. »

Plusieurs rôles ont marqué la carrière de Vincent Leclerc, un diplômé en théâtre de l’Université d’Ottawa.

Son dernier essai au théâtre a eu lieu l’an dernier, dans la pièce Électre présentée au Théâtre du Nouveau Monde et mise en scène par Serge Denoncourt.

« Cette expérience a vraiment confirmé que ma place était sur les plateaux de tournage, que ce soit au cinéma ou à la télévision, ajoute Leclerc. J’ai donc mis ma carrière au théâtre sur la glace, mais rien ne m’interdit d’y revenir un jour. On verra bien. »

Quant à la réalisation ou la mise en scène, le comédien ne se sent pas encore prêt à toucher à cette facette du métier.

« La réalisation est un domaine fascinant, mais je ne suis pas encore rendu là. Par contre, je suis conscient qu’il faut que je sois très actif pour perdurer dans ce métier, explique-t-il. De grands acteurs que je respecte touchent à tout justement pour leur permettre de travailler. Parfois, il vaut mieux créer ses propres opportunités que de les attendre. »

Malgré tout, le théâtre reste collé à la peau du comédien. Cette année, Vincent Leclerc est le porte-parole de La Nouvelle Scène (LNS) d’Ottawa qui souligne ses 20 ans. D’ailleurs, il devait être de passage à Ottawa cette semaine dans le cadre d’une activité de financement pour LNS.

« La crise de la COVID-19 a mis en pause toutes les activités reliées au 20e de La Nouvelle Scène. Par contre, je reste associé à ce théâtre franco-ontarien autant qu’il le faudra et que les dirigeants le voudront bien, insiste-t-il. Je suis fier de prêter mon nom à une organisation comme La Nouvelle Scène. Et si mon succès à la télé peut permettre à d’autres de rayonner, je vais le faire avec grand plaisir. »

Et la crise…

Quant à cette période de confinement qui affecte la planète entière, Leclerc tente de rester optimiste malgré tout.

« Je dois avouer que je procrastine pas mal ces temps-ci, avoue-t-il, un sourire dans la voix. Ma blonde et moi tentons de rester actifs malgré tout donc, on cuisine. Récemment, on s’est lancé dans la réalisation de recettes végétaliennes à la suite du visionnement d’un documentaire sur le sujet. Je ne suis même pas végétarien, mais tu vois, je trouve intéressant d’élargir mes horizons en cuisine pendant la crise. Déjà que j’étais à l’aise avec mes chaudrons, là j’ajoute une nouvelle dimension. »

Pour le retour au boulot, Vincent ne voit pas comment cela pourrait se faire à court terme.

« Notre métier est quasiment de cracher aux visages de nos collègues, image-t-il. Comme comédien, on travaille très près les uns des autres. Par exemple, je ne me verrais pas embrasser une collègue, sur un plateau, le mois prochain. Je crois que les tournages seront arrêtés pour encore un bon bout de temps. J’espère seulement que les dégâts ne seront pas trop graves pour notre industrie et surtout pour les collègues qui ont un peu moins de chance ces temps-ci. »