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Ancien chanteur de Noem, Vincent Vachon, maintenant devenu Vincent Alizé, a lancé un premier album solo vendredi, sur lequel il signe paroles et musique.
Ancien chanteur de Noem, Vincent Vachon, maintenant devenu Vincent Alizé, a lancé un premier album solo vendredi, sur lequel il signe paroles et musique.

Vincent Alizé : Des montagnes russes à la confiance [VIDÉO]

Steve Bergeron
Steve Bergeron
La Tribune
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Si les échos se sont tus depuis cinq ans autour de la formation estrienne Noem, c’est bel et bien parce qu’elle s’est éteinte en 2016, quelques mois après sa participation à Faites comme chez vous. Peut-être avez-vous un vague souvenir de cette émission de télé-réalité d’une seule saison à TVA, animée par Marie-Pier Morin et opposant différents groupes et chanteurs d’une même région? Noem avait remporté la compétition durant la semaine consacrée à l’Estrie. C’était en novembre 2015.

« Très honnêtement, nous avons vécu le genre de succès associé à ce genre d’émission (et je ne suis sûrement pas le seul à le dire) : ça a duré 48 heures, pendant lesquelles on a été bombardés de messages, de partages, de j’aime... Puis, silence de mort, raconte en riant le chanteur Vincent Vachon. Mais on a quand même eu une belle visibilité, en plus d’une bourse pour continuer d’investir dans le groupe », dit-il à propos de son défunt quintette, qui a eu le temps de réaliser deux albums, Petites apocalypses (2012) et Le grand mensonge (2014).

Mais déjà à cette époque, Vincent Vachon sentait que l’aventure approchait de sa fin. Non par mésentente au sein du groupe électro-rock, mais par simple envie d’explorer ses propres avenues. Le sentiment d’avoir fait le tour avec Noem était omniprésent.

« J’avais commencé à écrire de nouvelles chansons avec ma copine de l’époque, en formule plus acoustique, piano, guitare et deux voix. En fait, je pense qu’il y a eu un désir de retour aux sources, au premier son de Noem. Mais je ne savais même pas alors si je rendrais mes nouvelles chansons publiques, tellement tout ça s’est produit naturellement, sans vision à long terme. Puis une violoncelliste s’est greffée et nous avons trouvé un nom pour le groupe : Adage. »

Celui qui est également professeur de francisation auprès des adultes immigrants a toutefois vécu une phase de flottement lorsque son couple a pris fin. « Quand je me suis retrouvé seul, là, j’ai traversé une période de questionnement pour décider si je continuais ou non. »

Aérien et vaporeux

On s’en doute, la réponse a été oui. Vincent Vachon est ainsi devenu Vincent Alizé et a lancé un premier microalbum, Deux souffles, en automne 2018. Une encourageante réaction à ses nouvelles chansons a fini de le persuader et le voici maintenant avec son premier album solo, Nos royaumes interdits, paru le 19 février. Le Sherbrookois évolue désormais au sein d’un quatuor composé de la violoncelliste Marie-Philippe Lemay, du batteur Rafael Pogetti et du pianiste Jean-François Racine, auxquels se sont greffées, pour la réalisation de l’album, la violoniste Stéphanie Caplette et la contrebassiste Jeanne Corpataux-Blache.

« Je tenais à garder mon prénom, étant donné qu’il s’agit d’un projet plus personnel, et le mot alizé me semblait bien correspondre à l’univers musical de mes nouvelles chansons, avec son côté aérien et vaporeux », explique l’artiste, qui ne nie pas avoir traversé des montagnes russes émotives dans les dernières années. Les douze plages du disque sont en grande partie à l’image de ces bouleversements, de cette quête d’amour et de lumière, faite d’essais et d’erreurs, de flammes soudaines et de déceptions. De voyages aussi.

« Que ma vie change de bord comme ça, après cette très longue relation de couple, c’est une chose à laquelle je ne m’attendais pas. C’était juste avant l’été, et je me suis retrouvé avec un calendrier de vacances plutôt vide. Je suis alors parti au Vietnam et j’ai eu un gros coup de foudre pour ce pays. En fait, pour toute l’Asie du Sud-Est (j’ai aussi visité la Thaïlande et le Cambodge). »

Résultat : un disque à la fois mélancolique et ensoleillé, résume Vincent Alizé. « C’est du moins les commentaires que je reçois. Oui, il y a une quête d’amour et certaines chansons (Aujourd’hui, Notre terre qui était) expriment plus clairement qu’il y a eu une coupure dans ma vie, mais plusieurs personnes me disent que l’ensemble reste très zen et que cette musique fait du bien. C’est plus lumineux que Noem, en tout cas, souligne-t-il. C’est aussi un album où l’Autre est très présent. »

Le chanteur est particulièrement fier des chansons plus récentes, comme Ma météore, représentative, comme Selsila, des quelques emportements amoureux vécus ces derniers temps. Des embrasements formidables, mais dont l’objet était presque inaccessible. D’où le titre Nos royaumes interdits.

Oser écrire 

Pour cet ancien gagnant des Découvertes de la chanson de Magog (2009) qui a fait ses débuts au sein de la formation Banjo Consortium, la réalisation de ce premier opus en solo représente l’ultime pas vers le titre d’auteur-compositeur. On se souvient qu’au premier opus de Noem, les paroles étaient signées par Bernard Beaulieu. Pour le deuxième album du groupe, Vincent Vachon avait osé commettre quelques vers.

« J’étais plus pudique à l’époque, je manquais un peu de confiance par rapport à mes textes, mais je suis arrivé à en dévoiler de plus en plus. Je me rends compte avec ce disque que c’est encore plus facile à interpréter, maintenant que tous les mots viennent de moi. Avec cet album, j’ai aussi appris à composer au piano. Tout comme, lorsque j’étais plus jeune, j’ai appris la guitare non pas pour jouer les chansons des autres, mais pour composer les miennes. »

Pour l’instant, Vincent Alizé attend de voir la réponse à ses nouvelles chansons pour parler d’un éventuel spectacle. « Cet album, je l’ai d’abord fait pour moi. Mais j’ai de belles réactions et je suis déjà satisfait, même si je serais heureux de pouvoir l’emmener un peu plus loin. »

VINCENT ALIZÉ, <em>NOS ROYAUMES INTERDITS</em>, FOLK-ROCK FRANCO, Les Disques Inconnu