Vibrato, vibrante expo [PHOTOS]

Après avoir mis en exergue le parcours de l’automatiste Paul-Émile Borduas l’hiver dernier, le MBAS présente une frange du travail de Marcel Barbeau, autre signataire du manifeste Refus global.

Produite et mise en circulation par le Musée d’art de Joliette, Vibrato prend place à l’étage et rassemble des œuvres créées par le peintre et sculpteur entre 1958 et 1967. 

« C’est une période de création très foisonnante pour lui, explique Maude Charland-Lallier, directrice du MBAS. Barbeau assiste à un concert du compositeur allemand Stockhausen en 1958 et cette soirée-là est un moment marquant dans sa vie, un événement pivot qui teinte ensuite son art. »

Les rythmes, les effets vibratoires et les sons électroacoustiques entendus au spectacle laissent une empreinte forte dans l’imaginaire de Marcel Barbeau. De retour chez lui, inspiré par la musique, il crée plusieurs dessins au crayon-feutre. Les lignes franches, vibrantes et minimalistes tranchent sur le blanc papier.

Elles annoncent un peu ce qui suivra. 

Un pas plus loin, on fait vite le lien. Les œuvres qu’il a signées au cours des années subséquentes happent le regard. Lignes contrastées en découpes hallucinantes se déploient sur les toiles grand format. L’effet d’optique est saisissant. Pour ne pas dire vertigineux. C’est comme si la toile bougeait devant nos yeux. 

Étonnant Op Art

« Marcel Barbeau jouait beaucoup avec les couleurs et les contrastes pour créer d’impressionnantes illusions d’optique, dans la foulée du mouvement Op Art (ou art optique), qui s’inspire de théories scientifiques pour jouer avec ce que perçoit le regard. Ce qui est particulièrement saisissant, c’est qu’il faisait tout ça à main levée, sans croquis préalable », note Mme Charland-Lallier. 

 Après avoir multiplié les séjours en Europe, Barbeau s’installe à New York. La ville qui ne dort jamais, lumineuse et animée, nourrit son élan créatif. 

« C’était un artiste à l’esprit libre qui n’avait pas peur de transgresser les règles. Je trouve intéressant de montrer son travail après avoir présenté celui de Borduas, dont il fut l’élève », dit la directrice du MBAS.

Celle-ci précise au passage que Marcel Barbeau a vécu quelques années à Sherbrooke avec sa conjointe Ninon Gauthier, en plus de faire une résidence artistique à l’Université Bishop’s de 1978 à 1980. 

Jazzer la visite au musée

Pour bonifier la visite et l’expérience des visiteurs pendant la belle saison, le MBAS propose chaque jeudi les « nocturnes de l’été ».

« On accueille les gens avec un apéro. Une visite guidée permet ensuite d’apprécier différemment les expos en cours. Ceux qui le souhaitent peuvent profiter de notre terrasse pour étirer la visite et parler des œuvres qu’ils ont vues », mentionne Maude Charland-Lallier. 

Les familles ne sont pas en reste. Les samedis de juillet et août, à 10 h 30 et à 14 h 30, l’atelier 1001 dessins sera proposé aux jeunes visiteurs (et à leurs parents). Ceux-ci auront l’occasion de dessiner des modèles vivants costumés. Les dimanches, toujours à 10 h 30 ou à 14 h 30, on proposera aux familles d’imaginer, de créer et de partager comme les artistes Marcel Barbeau (7 juillet et 4 août), Alexandre Calder (14 juillet et 11 août), Jean-Paul Riopelle (21 juillet et 18 août) et Henri Matisse (28 juillet et 25 août). 

Le billet d’entrée donne droit à l’activité sans autres frais. C’est gratuit pour les membres. 

Vousa voulez y aller?

Les astronautes de la raison ont peuplé le ciel nocturne
Jusqu’au 22 septembre

Vibrato
Jusqu’au 29 septembre

Musée des beaux-arts de Sherbrooke
Horaire estival
Mardi, mercredi et vendredi de 12 h à 17 h
Jeudi de 12 h à 20 h
Samedi et dimanche de 10 h à 17 h

Entrée : 10 $
Étudiant : 7 $, aîné : 8 $
Famille : 20 $ (deux adultes et tous leurs enfants)
Gratuit pour les enfants de moins de 6 ans
Gratuit pour les membres

mbas.qc.ca