Véronique Grenier

Véronique Grenier: mots porteurs

Véronique Grenier a plus d’un projet sur le feu. L’autrice a mis sa griffe sur une nouvelle pièce de théâtre, Houleuses, montée par le Collectif Les Mouettes. Elle signe aussi un troisième livre, « un genre de recueil de poésie qui sera lancé en octobre. » Mais avant tout ça, dès jeudi, c’est à Eastman qu’elle se dépose pour quatre jours de bonheur autour des mots.

« La programmation des Correspondances est magnifique. C’est un thème très porteur, je trouve, le ravissement, parce que c’est une forme de la joie qui est toute particulière », exprime la Sherbrookoise qui animera vendredi un coquetel littéraire réunissant Kim Thúy et Christian Bégin. Le rendez-vous sera sans doute riche en étincelles.

« Avec ce duo, ce sera assurément festif. Tous les deux parlent beaucoup, de toutes sortes de choses intéressantes. J’ai l’impression que mon rôle d’animatrice sera plutôt accessoire », dit-elle avec un sourire. 

Elle connaît l’écrivaine et le comédien depuis quelques années. 

« Christian Bégin est devenu un ami. Kim Thúy aussi. Après avoir lu mon premier livre, Hiroshimoi, l’un et l’autre se sont mis à en parler autour d’eux avec une générosité incroyable. Depuis que j’ai commencé à écrire, j’ai eu cette chance d’être portée par différentes personnes qui ont mis mon travail en lumière. »

Celle qui enseigne également la philosophie au Cégep de Sherbrooke partagera aussi la scène avec Christian Bégin pour une lecture de la correspondance amoureuse entre Albert Camus et Maria Casares, le 11 août. Leurs échanges épistolaires sont denses, intenses, magnifiques. 

« C’est à Camus que je dois mon entrée en philosophie parce que c’est après l’avoir lu que j’ai développé un intérêt pour le sujet. Sa correspondance est comme son œuvre : superbe. Cette lecture, c’est un réel bonheur. Et un grand défi, aussi. Parce que même si je performe de plus en plus, je ne suis pas issue du théâtre, comme Christian. Reste que j’aime ces ‘‘mises en danger’’. Et je plonge même si ça m’inquiète toujours un peu, probablement parce que c’est une façon de tromper mon naturel anxieux. » 

Du théâtre, un livre et un club de lecture

Lorsque Catherine Hughes, Sophie Martin et Frédérike Bédard sont venues cogner à sa porte pour lui proposer de mettre des mots sur leurs idées afin de bâtir une pièce de théâtre, elle a tenté le coup malgré un petit vertige. 

« Elles ont tourné avec Robert Lepage, notamment, et elles forment toutes les trois le Collectif Les Mouettes. Moi, j’écris à l’oral, mais je ne savais pas si j’arriverais à livrer des dialogues. Finalement, j’ai fait un premier jet, et tout de suite, il y a eu une synergie entre nous. Ça fonctionne vraiment bien. Et la pièce traite de sujets qui trouvent écho chez moi. Il est question d’amitié, de solidarité féminine, de relations familiales, de maternité et de non-dits. » 

Une première lecture publique de l’œuvre aura lieu le 24 septembre, au Théâtre Outremont. Deux semaines plus tard, le 8 octobre, Véronique Grenier lancera son troisième recueil poétique, Carnet de parc, publié aux Éditions de ta mère.

« Avec ce livre-là, je reste dans la sphère poétique, mais je suis vraiment ailleurs. Il y a une trame narrative, des extraits de journal intime. C’est probablement mon livre le plus intellectualisé, celui que j’ai le plus travaillé. Mes deux autres, Hiroshimoi et Chenous, je les ai écrits dans un souffle. » 

Un souffle qui a porté : les deux titres ont connu une trajectoire tout étoile. Rééditions et succès critique ont été au rendez-vous. 

« Il y a, en ce moment et depuis quelque temps, une certaine effervescence qui se dessine autour de la poésie », remarque celle qui, depuis février, trouve aussi le temps d’animer un Club de lecture, une fois par mois, à la Buvette du Centro.

 « Je lis beaucoup et j’étais tannée de le faire toute seule. J’avais envie d’échanger à propos de mes lectures. Je me suis dit que je ne devais pas être la seule. » 

Elle avait raison. Chaque mois, ils sont une quinzaine à se réunir pour causer du livre choisi. 

« Je crée un événement Facebook pour annoncer les détails. Ce sont des rencontres très conviviales, très décomplexées. Je voulais que tout le monde se sente à l’aise de parler, autant ceux qui ne lisent pas beaucoup que ceux qui dévorent les bouquins. Et c’est exactement ce qui se passe. À travers ça, et à travers les autres projets auxquels je participe, je réalise que les gens aiment se retrouver. Il y a un réel besoin d’être ensemble, d’échanger autour de choses qui sont signifiantes. »

---

Vous voulez y aller?

Correspondance Camus-Casares —L’amour fou au temps des catastrophes

Cabaret Eastman

Dimanche 11 août, 14 h 30

Entrée : 28 $

Coquetel littéraire avec Christian Bégin et Kim Thúy

Salle Missisquoise

Vendredi 9 août, 17 h 30

Entrée : 60 $ (places limitées, sur réservation)

Infos et programmation complète : www.lescorrespondances.ca