Accompagnée de six excellents danseurs et quatre tout aussi talentueux musiciens, Véronic DiCaire a eu droit à deux ovations, une spontanée au milieu du spectacle et une autre, tout aussi sentie, à la toute fin.

Véronic DiCaire en voix, en danse et en lumière

Assister au dernier spectacle de Véronic DiCaire, c’est un peu comme voir sur scène, ou plutôt entendre, plus de 75 chanteurs et chanteuses, morts ou vivants, chanter leur grand succès.

Les spectateurs, réunis dans une salle Maurice O’Bready bondée, sont passés d’émotions fortes aux rires. Sans jamais se retenir sur les applaudissements avant et après chacun des extraits qui défilaient en rafale. Claquant aussi des mains pendant les chansons lorsque le rythme le permettait. Accompagnée de six excellents danseurs et quatre tout aussi talentueux musiciens, l’imitatrice a eu droit à deux ovations, une spontanée au milieu du spectacle et une autre, tout aussi sentie, à la toute fin.

Véronic DiCaire a commencé la soirée en interprétant ses voix de petits chats (Charlotte Cardin et Cœur de Pirate) et ses voix d’écorchées (Kim Carnes et Janis Joplin) avant de faire place à ses voix à accents acadiens (Marie-Jo Thério et Edith Butler) ou anglophone (Nanette). Pour les nostalgiques des années 1960, l’imitatrice a ensuite fait un détour du côté de l’époque de l’émission Jeunesse d’aujourd’hui en interprétant, notamment, C’est beau un homme de Shirley Théroux.

Les extraits de chanson sont parfois très courts, quelques secondes, et parfois ils laissent le temps aux spectateurs d’entrer dans l’émotion, allant même jusqu’aux frissons. Comme lorsqu’on réentend la voix disparue de Whitney Houston chanter I Have Nothing ou lorsque Véronic DiCaire se glisse dans la peau de Lady Gaga pour interpréter Shallow.

Plusieurs segments du spectacle étaient accompagnés de chorégraphies habilement dansées. Comme la portion du spectacle réservée aux chansons contemporaines (Jaïn, Stromae, Hubert Lenoir, Christine & the Queens). Ou la portion du spectacle consacrée aux meilleures comédies musicales. D’ailleurs, une comédie musicale inspirée de la vie de Céline Dion a été inventée de toutes pièces pour le spectacle. On raconte les débuts de la Diva « couchée dans un tiroir de la maison familiale à Charlemagne » jusqu’à ses récents penchants pour le monde de la mode en passant par le refus de son trophée lors du gala des Prix Félix 1990.

Effusions de rires

Le public a ri de bon cœur lorsque Véronic DiCaire a interprété Y’a de la joie à la manière de Sofia Nolin ou J’aime ta grand-mère à la manière de Mireille Mathieu.

L’imitatrice a aussi imaginé ce que la chanson S’il suffisait d’aimer aurait eu l’air si elle avait été chantée par Édith Piaf, un exercice touchant. Elle s’est également intéressée à la gestuelle des chanteuses, par exemple, en interprétant Joe le taxi avec la voix de Vanessa Paradis mais les mimiques exagérées de Céline Dion. Ou en chantant Je t’aime avec la voix de Lara Fabien mais l’intensité des mouvements de danse de Tina Turner. Rires garantis.

La mise en scène était impressionnante avec son écran géant et ses quatre cages métalliques, une devant chaque musicien, sur lesquelles des jeux de lumières se sont succédé tout au long des 120 minutes du spectacle. Ce n’était pas Las Vegas, mais c’était un décor comme on en voit rarement lors de spectacle de tournée.

En plus d’étonner par la performance vocale, les nombreuses interprétations de chanson font voyager le spectateur vers autant de souvenirs. Comme le slow dansé sur Nothing compares to you de Sinead O’Connor. Comme le massacre de Piece of my heart de Janis Joplin lors d’un karaoké à la fin d’un party de Noël de bureau. Comme la danse sur un haut-parleur de Zombie de Cranberries dans un bar de la Wellington Sud. Comme le Macarena gigoté dans ce Tout-inclus mexicain. Ok, j’arrête.

Et comme chante Véronic DiCaire avec la voix de Diane Dufresne « Un souvenir heureux est plus vrai bien souvent que le bonheur ».