Mario Jean a amorcé le rodage de son sixième spectacle solo et sera de passage au Cabaret Eastman ce samedi.

Vaste expérience, mais pas de recette

Écrire un spectacle d’humour, même lorsqu’on se nomme Mario Jean, n’est pas une mince affaire. En dépit de sa vaste expérience, ce triple lauréat d’un prix Olivier affirme n’avoir jamais trouvé la recette pour créer des numéros épicés juste à point. L’humour comporte une dimension insaisissable et, par surcroît, les goûts du public changent constamment.

Plus jeune, Mario Jean a usé ses pantalons sur les bancs de l’École de l’humour. S’il y a appris quelques trucs pour devenir un humoriste efficace, rien ne s’apparentait à un canevas à suivre. Et sa longue carrière ne lui a pas fait découvrir de formule magique.

« Je dirais que ça prend beaucoup d’instinct pour réussir dans mon métier et il faut, en plus, demeurer le plus authentique possible pour conserver son public, confie-t-il. Par contre, en parallèle, on doit constamment se renouveler et évoluer avec la société, ce qui n’est pas toujours facile. »

Actuellement, Mario Jean achève l’écriture de son sixième spectacle. Il a commencé à le présenter dans de petites salles et se prépare tranquillement à passer en mode tournée en 2019.

« Je suis en rodage en ce moment. J’ai déjà 90 minutes de matériel qui fonctionne bien devant le public. Les directeurs des salles me le disent. Je suis donc en train de peaufiner. En janvier, je commencerai officiellement la tournée. »

L’humoriste aborde une kyrielle de sujets dans son nouveau spectacle. « La ligne directrice, c’est un peu avancez et ne lâchez pas. À travers les numéros, je fais le constat de qui je suis. Je parle aussi du consentement sexuel, de mes grands garçons toujours à la maison et de l’intelligence (en fait, comment on peut être con parfois et brillant à d’autres moments). »

L’angoisse du couple

Pour Mario Jean, le but premier demeure d’amener son public à rire à répétition. Il ne s’empêche toutefois pas de lancer quelques phrases plus touchantes, ici et là, ni de donner dans l’humour plus « intelligent ».

« Je ne dis pas que je ne fais pas des blagues niaiseuses des fois, mais j’ai horreur des rires gratuits. Si j’imagine des blagues qui ne sont pas liées à une réflexion, je les laisse tomber. J’aime prendre des thématiques et les approfondir. Je trouve que c’est la façon la plus facile de transmettre une émotion ou un message », explique-t-il.

L’homme de scène laisse entendre qu’il n’a pas de mal à dénicher de nouvelles thématiques lorsqu’il s’adonne à l’écriture.

« J’ai encore un heureux choix devant moi. Il y a des tas d’absurdités dans la société. Et puis, même si j’essaie de me renouveler, je reprends parfois des thèmes que j’ai traités dans le passé en essayant de les aborder d’une manière différente. Par exemple, la vie de couple. J’en parle à chaque spectacle et ça ne pose pas de problème. Ça angoisse tellement de gens, après tout », lance-t-il.

Tournée de théâtre

Ne reculant pas devant les nouveaux défis, Mario Jean a joué dans une pièce de théâtre pour la première fois de sa carrière l’été dernier au Théâtre La Marjolaine, à Eastman. Il partira en tournée tout l’automne avec les comédiens de cette pièce.

« Je vous écoute est signée par le chanteur Bénabar. Sur scène, c’est comme une partie de ping-pong. Le texte est à la fois drôle et intelligent. J’ai vraiment aimé mon expérience à La Marjolaine l’an dernier, surtout qu’on était en Estrie, où c’est plaisant de passer des vacances, et que je travaillais avec une bande de comédiens agréables. »

Il a aussi accepté de se charger de la mise en scène du gala de Fabien Cloutier au prochain ComédiHa, à Québec et il prépare des projets pour la télévision. Bref, le travail semble être le seul ingrédient valable pour qui souhaite obtenir du succès en humour.

Vous voulez voir?
Mario Jean
Samedi 2 juin, 20 h
Cabaret Eastman
Entrée : 41 $