Valérie Milot

Valérie Milot : réveiller le lion qui dort

Derrière le visage angélique de Valérie Milot se cachent deux forces de la nature. D'un côté, la musicienne, avec sa personnalité généreuse et accessible dotée d'un humour contagieux tout en finesse. De l'autre, sa harpe à pédales de 47 cordes retenues par deux tonnes de tension; «un lion en cage» pour reprendre ses mots.
«Les gens associent souvent la harpe à l'instrument des anges, un instrument qui ne peut défendre à lui seul un concert, mais bien au contraire. Une harpe, c'est presque aussi puissant qu'un piano, défend l'artiste, laquelle a d'ailleurs fait ses classes au piano avant d'adopter la harpe à l'âge de 10 ans. Ce qui m'a attirée au départ dans cet instrument est bien différent de ce qui m'a amenée à en faire une carrière. Toute jeune, j'ai été happé par la prestance de la harpe, son côté presque royal, mais c'est en explorant l'instrument de l'intérieur que j'ai découvert mon plaisir, dans l'envers de la médaille.»
De passage ce week-end à Richmond et Coaticook, la harpiste entend amener le public à découvrir la complexité et la puissance sous-estimée de son instrument à travers un répertoire varié. Sur sa page Facebook, on peut d'ailleurs visionner ses cours 101 et 102 de harpe, où on y apprend, entre autres, que les cordes sont constituées de trois matériaux différents : le métal, le nylon et majoritairement des boyaux issus d'intestins de mouton séchés. Le tout livré avec simplicité et humour, dans le même esprit que cette photographie promotionnelle prise avec l'homme fort Hugo Girard la suivant en portant sa harpe.
«Bien des gens ne perçoivent pas comment j'arrive à déplacer mon instrument quand ils me voient sur scène dans ma robe de concert. L'idée de faire appel à Hugo Girard, c'est un clin d'oeil. Il faut dire que je suis aussi vraiment impressionnée par sa performance dans les annonces de BMR, plus particulièrement celle où il joue de la flûte baroque. Bien souvent, les mimiques des acteurs qui jouent des instruments sont peu crédibles, mais dans son cas, c'est à s'y méprendre!»
À la conquête de l'Europe
Récipiendaire d'une impressionnante série de prix, dont le Prix d'Europe, Valérie Milot est la première harpiste en presque 100 ans à remporter cette bourse. Malgré sa jeune carrière, elle compte déjà à son actif six albums. Son plus récent Handel, Boieldieu, Mozart : Concertos pour harpe était en nomination pour un Félix au dernier Gala de l'ADISQ.
«En ce moment, je suis en développement du côté de l'Europe et du Canada anglais, partage Valérie. Ce qui me plaît à la base de mon métier de musicienne, c'est de pouvoir m'exprimer par ce langage universel qu'est la musique, de rencontrer des gens à travers ce langage et d'être comprise partout. Par contre, la harpe demeure un instrument un peu méconnu, on doit donc travailler doublement, mais jusqu'à présent ça va très bien et j'ai de beaux projets à l'horizon.»
VOUS VOULEZ Y ALLER?
Aquarelles
Valérie Milot
Centre d'art de Richmond
Ce soir, 20 h
Billets : 25 $
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Pavillon des arts et de la culture de Coaticook
Demain, 11 h
Billets : 28 $