L’artiste Jasmine Brien.

Urban Sketchers : maîtriser l’art du croquis

Les artistes en devenir sont souvent appelés à réaliser des croquis. En effectuant des dessins approximatifs et en dessinant rapidement, ils développent certaines habiletés. Or, ce qui est bon pour les novices peut également s’avérer formateur pour des créateurs aguerris. Le mouvement Urban Sketchers l’a bien compris et propose des rendez-vous consacrés entièrement à la réalisation d’ébauches diverses.

« On doit toujours se refaire la main en tant qu’artiste. À force de concevoir des croquis, notre œil perçoit les choses de plus en plus vite. Retourner à la base est important de temps à autre », illustre la peintre Jasmine Brien.

Habitant Austin, Jasmine Brien adore manier le crayon et la réalisation de croquis constitue visiblement un grand plaisir pour elle. Tellement qu’elle a décidé de créer un rendez-vous baptisé Artistes — Croquez sur le vif. L’événement se tiendra à l’abbaye Saint-Benoît-du-Lac, le 24 août prochain, et réunira des « sketchers » provenant de la région et de l’extérieur.

Le mouvement Urban Sketchers compte de nombreux chapitres un peu partout à travers le monde. Lorsque des groupes d’adhérents au mouvement se rencontrent, ils choisissent des lieux susceptibles de les inspirer ou de leur fournir des défis particuliers. 

« Souvent, les artistes restent à l’extérieur pour créer, sauf peut-être en hiver. On peut dessiner des paysages, des gens ou des immeubles. Ce qui est important, c’est de placer les choses dans un contexte. On ne veut pas simplement reproduire une personne ou un objet seul. Le pourtour doit être intégré au croquis », affirme Jasmine Brien.

Évidemment, les artistes, architectes et dessinateurs graphiques qui participent aux rencontres des Urban Sketchers partagent des connaissances, des techniques. Ce partage profite en outre aux artistes autodidactes, qui n’ont habituellement pas le même bagage d’expériences que leurs collègues diplômés en art.

À l’abbaye

En mettant sur pied l’événement Artistes — Croquez sur le vif, Jasmine Brien désirait « faire connaître la région de l’Estrie et permettre des échanges enrichissants entre créateurs ».

« L’abbaye est très grande alors c’est un très bon endroit pour accueillir de grands groupes de personnes. On aura aussi accès à une large galerie couverte pour dessiner et on pourra même s’installer à l’intérieur pour réaliser nos esquisses. Je crois que l’endroit est attirant pour des sketchers parce que les paysages et les bâtiments sont intéressants sur place. »

De toute évidence, la résidente d’Austin a frappé dans le mille avec son événement. Elle prévoit effectivement que plus de 100 personnes, en provenance de Montréal, Magog et Sherbrooke notamment, seront présentes. « J’espérais 20 à 30 participants. Mais il y a un plus gros intérêt que je le pensais au départ », reconnaît Jasmine Brien.

Considérant la réponse obtenue, l’artiste songe à répéter l’expérience dans le futur. « On pourrait refaire ça à l’abbaye une autre année. Peut-être aussi qu’il serait intéressant de choisir un nouveau lieu de rassemblement pour une seconde édition. C’est à voir », dit-elle. 

Retour vers l’art

Jasmine Brien a pratiquement toujours suivi des cours d’art. Elle a même appartenu au programme des Beaux-Arts de l’Université Concordia pendant une année. Toutefois, elle a surtout travaillé dans le domaine de la gestion durant sa carrière.

« J’ai recommencé à faire plus de création artistique il y a une dizaine d’années. J’aime beaucoup créer des portraits. J’ai été plus portée vers l’aquarelle à une époque, mais j’utilise davantage l’acrylique aujourd’hui. »

Si elle aspire à devenir une artiste professionnelle, Jasmine Brien admet qu’elle a toujours eu de la difficulté à vendre des toiles qu’elle a elle-même peintes et qu’elle juge réussies. Cela ne l’empêche cependant pas d’exposer à la salle communautaire de la municipalité d’Austin depuis des années. Ça vous intéresse? studiodartiste.wordpress.com.