Il ne reste plus que 12 épisodes à «Unité 9», qui permettra de boucler la boucle sur plusieurs intrigues développées au cours des années.

«Unité 9»: peut-on tout pardonner?

CHRONIQUE / Plus que 12 épisodes avant que Lietteville nous ferme ses portes. D’ici là, l’auteure Danielle Trottier compte régler plusieurs dossiers, mais pas à la sauvette. Les trois premiers épisodes d’«Unité 9», montrés aux journalistes, annoncent une quête vers la paix pour plusieurs personnages. Et pour y parvenir, ils devront chercher dans des zones grises et ô combien délicates.

Jeanne, qui nous a révélé Ève Landry au tout début de la série, sera certainement au centre de l’histoire pour ce dernier bloc d’épisodes. La belle amitié qu’elle entretient avec Eyota (Natasha Kanapé Fontaine), née au maximum, se poursuivra cet hiver. Par contre, ce lien qu’elle entretient depuis toujours avec Marie (Guylaine Tremblay) sera mis à rude épreuve. Jusqu’ici, personne d’entre nous n’aurait compris que Jeanne accepte d’adresser la parole à son agresseur, qui souhaite aujourd’hui obtenir la garde de la petite Victoire, née d’un viol. Vous verrez dès l’épisode de mardi que la réalité est plus complexe; de nouveaux éléments risquent de changer (un peu) votre opinion sur le violeur, Patrick Sirois (Maxime Dumontier).

Cette ambiguïté, qui a souvent suscité chez nous une empathie qu’on croyait improbable, a été l’une des grandes forces d’Unité 9 à travers les années : qu’on pousse le public à n’accorder ne serait-ce qu’une minute d’attention à des femmes qui ont commis des actes aussi horribles relevait du défi. C’est toute la profondeur et la subtilité de l’écriture de Danielle Trottier, qui nous ont gardés aussi longtemps devant notre écran le mardi à 20h. Pour l’auteure, c’est mission accomplie.

Prenez le personnage de Macha Vallières (Hélène Florent), qui a abusé d’enfants. L’image de son père, qu’elle a toujours idéalisée, en prendra un coup. Là aussi, sans jamais excuser l’acte, certains éléments expliqueront en partie le comportement de la détenue, encore appuyée par son ex-mari (Gabriel Sabourin), ce qui n’est pas banal. Mais qu’arrivera-t-il de notre Marie adorée? On peut supposer qu’elle fera enfin d’ici la fin de la saison son fameux aveu à Lucie, réclamé par le public, mais dans les faits, beaucoup plus ardu qu’une simple révélation.

J’adore Kathleen Fortin, qui apporte tout un relief au personnage de Manon «Boule de quille» Granger, que vous verrez beaucoup dans les prochains épisodes. Une stupéfiante transformation pour cette actrice, qui nous a éblouis en chanson à En direct de l’univers — Spéciale du jour de l’An. Il se crée entre Manon et le nouvel aumônier (René Richard Cyr) une relation des plus étranges; elle lui confie tout dans les moindres détails, y compris les abus sexuels dont elle a été victime. Ronald semble presque y prendre plaisir, ce qui ajoute à toute l’étrangeté du personnage. «Dans le fond, Ronald, c’est comme une femme de ménage; il veut juste nous aider à nous laver l’intérieur», dira Manon, dont on verra le frère dans des circonstances particulières.

Vous assisterez à plusieurs moments très émouvants dans les épisodes à venir. Dont une rencontre impliquant Manon, qui pourrait lui ouvrir de nouveaux horizons, et une scène où Jeanne fera la paix avec un des épisodes les plus durs de son passé. On a beaucoup pleuré sur le plateau en tournant les dernières scènes; nous verserons sans doute quelques larmes quand nous les verrons au printemps.

«Ça va faire peur au monde.» C’est une phrase qu’entendait le directeur des dramatiques André Béraud, quand il a donné le feu vert au projet d’Unité 9, d’abord refusé par TVA. L’univers d’une prison pour femmes faisait craindre une série glauque, trop sombre pour plaire au public. Le diffuseur a tenu son bout et le public s’est aussitôt pris d’affection pour ces criminelles. Le réalisateur Jean-Philippe Duval, qui venait du cinéma, aura tenu les sept saisons de la série, appuyé à quelques reprises par d’autres réalisateurs.

Déjà, la direction d’ICI Radio-Canada Télé sait ce qui devrait occuper la case du mardi à 20h cet automne. Le diffuseur développe un nouveau projet avec l’auteure Danielle Trottier et les producteurs Fabienne Larouche et Michel Trudeau, dont ils taisent pour l’instant la nature.

Près de 1,5 million pour «La fureur»

Jamais une émission ne dépasse le million le samedi soir à la télé généraliste. Mais c’était spécial cette semaine, alors qu’ICI Radio-Canada Télé ramenait La fureur pour un soir seulement. L’opération a été un succès, ralliant 1486 000 téléspectateurs, en direct devant leur écran, pour une part de marché de 46 %. Voilà qui donnera de l’espoir aux fans qui souhaitent le retour de l’émission. Pour ma part, je pense qu’un retour annuel serait le meilleur choix. Chaque semaine, ce serait peut-être un peu ambitieux. Le diffuseur n’a pas ailleurs pris aucune décision à ce sujet. À TVA Sports, le match opposant le Canadien aux Predators a été vu par 460 000 amateurs.