Le bédéiste d’origine sherbrookoise Samuel Cantin signe sa première websérie, « Sylvain le Magnifique », diffusée sur le site de Télé-Québec.

Une websérie signée Samuel Cantin

Samuel Cantin ne se contente pas de tailler de plus en plus sa place dans l’univers de la bande dessinée québécoise : voilà qu’il signe les textes d’une websérie produite par Télé-Québec, « Sylvain le Magnifique ». L’auteur originaire de Sherbrooke était de passage samedi au Rendez-vous Art BD, alors que les huit épisodes de la première saison venaient tout juste d’être mis en ligne.

« J’écris quand même vite, et en bande dessinée, ce qui est long, c’est de dessiner. Écrire un scénario, c’est plus dynamique, et c’est quand même cool de terminer un texte et de pouvoir juste le mettre entre les mains de gens à qui tu fais confiance, de ne pas avoir à dessiner tout ça », relate-t-il.

Il faut dire que Cantin ne fait pas particulièrement dans le court : sa plus récente bande dessinée, le deuxième tome de Whitehorse, faisait pas moins de 340 pages. « J’étais brûlé à la fin! » lance-t-il d’ailleurs.

Le bédéiste met en scène des personnages étranges : un démon qui travaille dans un magasin de livres et voitures usagés (Vil et misérable), un astronaute qui voyage dans l’espace et qui vit dans un déni profond (Phobies des moments seuls) ou encore le copain d’une actrice qui la suit désespérément jusque sur un plateau de tournage au Yukon (le diptyque Whitehorse).

Dans la même veine, Sylvain le Magnifique raconte l’histoire d’un célèbre illusionniste québécois, qui s’avère secrètement être un vrai magicien, avec une « vie sentimentale misérable » et dont « la compétition avec son rival, l’illusionniste Barloute l’Étonnant, ne le stimule plus autant qu’avant ».

Juste avec cette description, les amateurs du travail de Samuel Cantin savent qu’ils ne risquent pas d’être dépaysés.

« Le réalisateur [Henry Bernadet] m’a laissé beaucoup de place. J’ai juste écrit les textes, mais j’étais sur place tous les jours du tournage, et j’ai pu aider à la direction des acteurs, ou changer une réplique lorsque celle-ci ne sonnait pas bien. Je suis très satisfait du résultat, on était sur la même longueur d’onde », rapporte-t-il.

Retour au cinéma

Après son départ pour Montréal en 2005, Samuel Cantin a justement étudié en cinéma. La logistique inhérente aux plateaux de tournage l’avait toutefois découragé de se lancer comme réalisateur. « Mes expériences de plateau avaient été négatives et angoissantes, mais comme auteur, on n’a pas vraiment de responsabilités sur le plateau. Je pouvais prendre le temps de jaser avec les acteurs, c’était vraiment un rêve », raconte celui qui planche maintenant sur un court-métrage et un projet de long métrage.

L’auteur ne négligera pas pour autant la bande dessinée et ne prévoit pas quitter sa niche pour aller vers quelque chose de plus grand public.

« Je ne pourrais pas me censurer, en fait je m’en sacre un peu. Je sais que des fois ça me nuit, au niveau du langage ou de la longueur... Mon dernier album était probablement beaucoup trop long, mais j’aime tous les défauts qu’il a. En fin de compte, ça fait mon style. J’aime des fois que dans les films ou les livres ce soit too much, qu’il y ait des choses qui dépassent. Quand quelque chose me fait rire, même si c’est vulgaire, déplacé ou que ça n’a pas rapport avec l’histoire, j’ai vraiment de la misère à l’ôter. »

Manifestement, son éditeur (Pow Pow) n’y voit aucun problème, tout comme son public toujours grandissant.

Les huit épisodes de Sylvain le Magnifique, d’une dizaine de minutes chacun, sont disponibles gratuitement sur le site de Télé-Québec.