Valencia, artiste-peintre et créatrice de bijoux en micromacramé, et Hanna Krabchi, commissaire de l'exposition sur le Mois de l'histoire des Noirs à la Galerie d'art du Centre culturel de l'Université de Sherbrooke. À noter que l'exposition est installée dans le foyer derrière la salle Maurice-O'Bready, niveau parterre.

Une voix à toutes les communautés noires

Il y a les personnes noires à la peau foncée; les Noirs pâles; les Noirs aux cheveux frisés; les bruns chocolat; les Noirs de la couleur du café au lait. Il y a aussi tous ceux dont la peau est blanche, mais qui ont dans leurs gènes des origines aux différentes teintes de noir. Aujourd'hui, nombreux sont ceux qui sont mélangés, diversifiés, qui trouvent leurs origines sur plusieurs continents. Et c'est pour offrir une voix à ces communautés colorées que le Centre culturel de l'Université de Sherbrooke accueille l'exposition Le mois de l'histoire des Noirs.
Si février est reconnu comme le Mois de l'histoire des Noirs au Québec depuis 2007, l'expression n'est pas si juste, croit la co-commissaire de l'exposition, Hanna Krabchi. « Ce n'est pas la communauté noire du Québec que l'on veut reconnaître : ce sont des communautés noires! »
« L'approche de cette exposition, c'est de ne pas identifier les Noirs à l'Afrique seulement, mais à tous les continents. Nous avons des artistes originaires de l'Afrique, mais aussi d'Haïti, de Montréal, de Sherbrooke », souligne-t-elle.
Valencia, l'une des artistes invitées (et qui exposera une toile et des bijoux en micromacramé), représente selon elle l'image de l'avenir dans ce monde où les frontières sont de plus en plus minces.
« Ma mère est de Rouyn-Noranda, c'est une blonde aux yeux bleus, dit Valencia. Mon père est Haïtien. Et dans nos origines, il y a du sang écossais, amérindien, français! Et ça donne ça !» s'exclame-t-elle en montrant son visage à la peau ambrée et ses cheveux longs frisés. Impossible aussi de ne pas remarquer aussi son bien-être et son bonheur contagieux.
Recherche de modèles
En 2017, le racisme est-il encore d'actualité au Québec?
« Il y a encore du travail à faire, mais ce que je cherche surtout encore aujourd'hui ici, ce sont des modèles qui me ressemblent. Il n'y en a pas beaucoup au Québec. Quand j'étais jeune, j'admirais beaucoup Élisabeth Blouin-Brathwaite, la fille de Johanne Blouin et de Normand Brathwaite, parce qu'elle était issue exactement du même mélange que moi », se souvient Valencia.
Au total, six artistes exposeront leur art. Pas que de l'art afro, non. « Les artistes ont des approches artistiques et politiques différentes. Chaque artiste était libre de se représenter lui-même », soutient Hanna Krabchi.
Outre Valencia, il y aura Kevin Calixte, photographe, dont la recherche explore l'art de l'équilibre; Marie-Denise Douyon, une artiste qui crée des oeuvres par la récupération; Julien Trésor Kandolo, qui combine peinture et dessins; Kamissa Ma Koïta, qui offrira sa pratique expérimentale et transdisciplinaire inspirée des mouvements féministes, altermondialistes, queer ainsi que des cultures populaires; Malcolm Odd, artiste sherbrookois multidisciplinaire, poète, peintre et photographe.
Cette exposition est née d'un projet du Collectif du mois de l'histoire des Noirs de l'Université de Sherbrooke.
Vous voulez y aller?
Le mois de l'histoire des Noirs
Galerie d'art du Centre culturel de l'Université de Sherbrooke
Jusqu'au 18 février