Le personnage qu’incarne «Faf» tranche avec celui des autres humoristes. «La plupart arrivent hyper énergiques alors que moi, au contraire, j’ai l’air du gars que ça ne lui tente pas vraiment d’être là», indique-t-il.

Une soirée de rêve pour Pierre-Luc «Faf» Grenier

L’humoriste Pierre-Luc Grenier, connu sous le nom de «Faf», réalisera un rêve ce lundi au Petit Champlain alors que lui et un autre jeune humoriste de Québec, Kevin Vallée, assureront les deux premières parties du spectacle de Mike Ward.

«Mike Ward, c’est l’humoriste qui m’a le plus inspiré au Québec, alors oui, c’est spécial comme moment», raconte le résident de Sainte-Clotilde-­de-Beauce qui a balancé ses blagues teintées d’humour noir en première partie d’autres grands noms comme P.A. Méthot, Stéphane Fallu, Jean-François Mercier et Cathy Gauthier au cours des derniers mois.

C’est grâce au gérant de Ward, Michel Grenier, que «Faf» a appris la semaine dernière qu’il aurait la chance de se produire dans ce spectacle spécial réservé aux fans et dont tous les billets ont fait l’objet d’un tirage. «Michel a demandé à d’autres humoristes de la région qui faisait lever les foules dans le coin et mon nom et celui de Kevin sont sortis», raconte l’humoriste au look de «métalleux».

Inspiré principalement par l’Américain Rodney Dangerfield et le Britannique Jimmy Carr, Pierre-Luc est heureux de voir enfin sa carrière prendre son envol depuis l’été dernier. «J’ai maintenant un agent à Gatineau, j’ai des spectacles toutes les fins de semaine et Jean-François Mercier m’a ajouté comme ami Facebook pour me dire que je lui rappelais lui quand il était jeune et qu’il aimait bien mes blagues.»

En région

Alors que plusieurs humoristes de la relève choisissent de quitter leur région pour s’installer à Mont­réal, celui qui est éducateur spécialisé à la Commission scolaire de Beauce-Etchemins a plutôt décidé de demeurer dans son patelin situé à mi-chemin entre Thetford Mines et Saint-Georges de Beauce. 

«Ça m’a amené à faire beaucoup de route! D’ailleurs, j’ai achevé une auto à cause de ça. Et en région, il n’y a pas sept spectacles d’humour par soir comme à Montréal, mais, par contre, c’est plus facile de se démarquer», poursuit-il en faisant remarquer que son village, avec ses 549 habitants, a tout de même donné deux autres humoristes au Québec : Claude Doyon, ancien membre des Monstres de l’Humour aux côtés de Michel Courtemanche, JiCi Lauzon et Marcel Racine, ainsi que Roger Bernard, décédé tragiquement en 2009.

Maintenant âgé de 32 ans, Pierre-Luc Grenier fait de l’humour depuis qu’il a 17 ans. «Pendant longtemps, j’ai fait deux ou trois spectacles par an. Au début, c’était difficile de trouver des spectacles, car je n’étais pas très bon...» avoue-t-il avec candeur.

Tout a changé depuis un certain spectacle au Bateau de Nuit le 30 août 2016. «Depuis, je me fais offrir des spectacles toutes les semaines un peu partout au Québec», indique-t-il.

Il faut aussi dire que Pierre-Luc a fait une pause de la scène pendant trois ans pour revenir dans un esprit de renouveau. «Des humoristes me disaient qu’il fallait que j’aie un “personnage” sur scène, histoire de pouvoir rendre drôles des trucs qui ne sont pas drôles, drôles», rappelle-t-il.

«Comme j’ai toujours voulu faire de l’humour, j’ai décidé de m’y mettre, mais aussi je me suis dit que l’écriture était comme un muscle. J’écrivais deux heures par jour et je produisais environ 125 blagues à chaque jour. Ça a marché, je me suis amélioré. Mais après trois ans, je les ai presque toutes jetées pour n’en conserver qu’une ou deux. Aujourd’hui, j’ai 1200 blagues d’écrites pour mes spectacles et j’écris toujours au moins deux heures par jour. Parfois, je passe des nuits blanches à écrire», révèle-t-il.

Quant au personnage de scène qu’il a fini par développer, il tranche avec celui des autres humoristes. «La plupart arrivent hyper énergiques alors que moi, au contraire, j’ai l’air du gars que ça ne lui tente pas vraiment d’être là. Ça cadre très bien avec mon style plutôt dark et mon humour noir», ajoute «Faf».

La Minute Grasse

Le Beauceron a aussi développé, d’octobre 2016 à juin 2017, plus de 150 capsules intitulées La Minute Grasse diffusées sur Youtube. Appuyé des comédiens Jean Cloutier et Christine Chastenay-Dubé, «Faf» y mélange humour noir, humour absurde et autodérision en taquinant de temps à autre la controverse. 

«La Minute Grasse, c’était une excuse pour écrire encore plus de blagues. D’ailleurs, je vais recommencer bientôt. Moi, mon but n’est pas de passer un message ni de changer le monde, je veux juste faire rire», conclut-il.