En attendant d’aller conquérir Québec avec leur concert Harry Potter, présenté deux fois au Palais Montcalm ce printemps, l’Ensemble à vents de Sherbrooke et son chef François Bernier livreront leur dernier concert de la saison 2018-2019 samedi au Théâtre Centennial.

Une lancée à dos... de balai

Lorsqu’en août 2017, l’Ensemble à vents de Sherbrooke (EVS) a rempli les quelque 1000 sièges de la place Nikitotek de Sherbrooke, avec son concert consacré à la musique de la série cinématographique Harry Potter, le chef François Bernier a commencé à croire qu’il tenait un bon filon. D’où le concert Star Wars qui a suivi en 2018. Mais décision fut aussi prise, au sein du conseil d’administration, de tenter d’exporter la formule, en commençant par Québec.

Et Harry Potter a fait mouche : non seulement les 858 billets de la représentation du 11 mai, au Palais Montcalm de Québec, se sont volatilisés en six jours, mais au moment de l’entrevue, il n’en restait que onze pour la supplémentaire du 15 juin.

« On ne voulait pas s’aventurer à Montréal, parce qu’on savait que ce genre de concerts y est très courant. Nous avons donc regardé du côté de Québec, et les dirigeants du Palais Montcalm nous ont dit que, si nous avions rempli Nikitotek, nous devrions être en mesure d’aller chez eux. Nous avons décidé de tenter notre chance et de produire le concert, en assumant toutes les dépenses et en payant même un per diem aux musiciens », explique le maestro, rappelant qu’il n’est pas habituel, pour un ensemble dont les membres sont majoritairement bénévoles, de courir de tels risques.

« Mais ces risques n’étaient pas bien grands, compte tenu de la réponse lors du premier concert », s’empresse d’ajouter celui qui dirige les destinées de l’EVS depuis maintenant 19 ans. « Je dois avouer quand même que, quand nous avons vu les billets s’envoler dans les premiers jours, nous avons eu peine à le croire. Ça a été un peu la folie. »

Le public de Québec aura droit à la même formule qui avait emballé les Estriens il y a 18 mois, comportant, lors de l’entrée des musiciens (costumés pour l’occasion), une mise en scène évoquant l’arrivée des nouveaux élèves à Poudlard et leur répartition dans les quatre maisons.

« Les Serpentard s’étaient fait huer! Disons que c’était une belle façon d’aller chercher le public », rappelle en riant le maestro, qui s’était lui aussi déguisé en vieux sorcier.

« Je n’ai pas touché au programme musical. Il y a au moins une pièce extraite de chacun de huit films de la série. Ces trames sonores comptent vraiment des bijoux d’orchestration... lesquels passent souvent inaperçus, à cause de l’action qui est tellement forte! »

Digérer Hindemith

François Bernier espère évidemment que ces récentes réussites attireront un nouveau public aux concerts habituels de l’EVS. Ceux-ci rassemblent une moyenne de 300 mélomanes.

« J’avoue avoir éprouvé une certaine frustration de voir que, malgré ces succès, on ne soit pas capable d’avoir plus de gens à nos concerts courants. Mais j’ai changé mon attitude : les salles combles comme celles de Harry Potter nous permettent de faire connaître l’EVS et la qualité de ses musiciens. »

Si l’ensemble ne participe plus au Festival des harmonies du Québec, c’est parce qu’il récoltait sans cesse des notes de 97, 98 pour cent. Le maestro devait donc trouver de nouveaux défis pour faire évoluer ses interprètes. Heureusement, l’EVS s’est fait, avec les années, une excellente réputation, au point où certains compositeurs (la plupart sont toujours vivants) préviennent le chef lorsqu’ils écrivent une nouvelle création.

Sur le thème Métamorphoses symphoniques, le concert de samedi met au programme des œuvres pour ensemble à vents dérivées d’autres pièces classiques. Par exemple, les Variations symphoniques du Néerlandais Jacob de Haan s’inspirent de la Passacaille en do mineur pour orgue de Jean-Sébastien Bach. Et le généralement aride Paul Hindemith devrait être plus digeste, ses Métamorphoses reprenant des thèmes de Carl Maria von Weber.


«  J’avoue avoir éprouvé une certaine frustration de voir que, malgré ces succès, on ne soit pas capable d’avoir plus de gens à nos concerts courants. Mais j’ai changé mon attitude.  »
François Bernier

« Nous aurons deux pianistes avec nous pour interpréter les principaux thèmes ayant inspiré les œuvres au programme, pour que les spectateurs aient quelques repères musicaux. »

Vous voulez y aller?

Métamorphoses symphoniques
Ensemble à vents de Sherbrooke
Samedi 23 mars, 20 h
Théâtre Centennial de l’Université Bishop’s>
Entrée: 22 $ (étudiants et aînés : 17 $)