La comédienne, chanteuse et maintenant auteure Debbie Lynch-White était au Salon du livre de l'Estrie samedi pour dédicacer son premier livre, «Faut que je te parle».

Une jasette avec Debbie Lynch-White

Debbie Lynch-White avertit ses lecteurs dès la première page de son ouvrage: «ceci n’est pas une biographie». Pourtant, au fil des pages, on lira plusieurs anecdotes sur sa vie, son enfance, ses rencontres.

Pourquoi était-ce si important pour elle de spécifier que Faut que je te parle n’était pas un livre biographique? Un peu parce que 32 ans, c’est jeune pour écrire sa biographe, même si son CV de comédienne est déjà bien garni et compte des rôles phares comme celui de Nancy Prévost dans Unité 9 ou de la Bolduc dans le film du même nom, et qu’elle fait aussi carrière comme chanteuse.

Mais aussi parce que raconter sa vie n’était pas l’objectif du livre. «Je n’avais pas tellement envie de parler de ma carrière, parce que c’est ce dont on me parle tout le temps en entrevue. J’ai l’impression de l’avoir racontée souvent, donc j’avais plus envie de cibler des sujets qui m’allument, des questionnements que j’ai, des angoisses. J’avais envie de faire voir certains sujets différemment, d’amener une autre opinion», a-t-elle expliqué entre deux séances de dédicaces au Salon du livre de l’Estrie samedi.

«Évidemment, je pars de moi, de l’intime, donc c’est sûr qu’il y a des anecdotes reliées à ça et un côté biographique par la bande», poursuit-elle.

Vieillir, Facebook, la grossophobie...

L’éventail de sujets abordés par l’auteure est vaste, allant de la peur de vieillir jusqu’à la grossophobie, en passant par les questionnements sur la maternité et un long chapitre sur les conséquences de l’usage de Facebook.

Debbie Lynch-White assure qu’elle a suivi son intuition pour le choix des sujets ainsi que pour la structure de son livre, y allant au gré de son inspiration, arrêtant d’écrire parfois pendant un mois, avant d’avoir un flash et de s’y remettre tout d’un coup.

Elle a d’ailleurs écrit son livre dans «dans l’ordre»; alors qu’elle prévoyait réordonner les chapitres une fois le premier jet complété, elle a finalement décidé avec sa maison d’édition (Libre Expression) de tout laisser tel quel. «Au début, je parle de moi, de choses que je connais et dont j’ai souvent parlé, comme l’apparence, l’image ou ma peur de vieillir. À partir du cinquième ou du sixième chapitre, on passe en deuxième vitesse et c’est de plus en plus mordant, il y a une prise de parole plus claire», estime celle qui a mis un an à écrire le livre.

Celui-ci propose également des passages très touchants (c’est d’ailleurs de ceux-ci que ses lecteurs lui ont le plus parlé), comme le chapitre qu’elle adresse à son amoureuse Marina ou encore celui dédié à son père, décédé à la suite d’une longue maladie alors qu’elle avait 24 ans.

Ce chapitre se clôt d’ailleurs par quelques courriels tout simples qu’il lui a envoyés au fil des ans, reproduits tels quels, qui ouvrent une fenêtre sur l’homme qu’il était. «C’est un beau souvenir que j’ai de lui. C’est une idée qui m’est venue comme ça d’en mettre quelques-uns», dit-elle.

Le livre, sorti à la fin du mois de septembre, se lit d’une traite, comme on écoute une amie parler. «Beaucoup de gens me disent qu’ils l’ont lu en une journée. Je suis contente de ça, parce que dès le début, je disais à l’éditrice que je voulais une jasette. Je ne prétends pas que j’ai la science infuse, je ne suis pas là pour dire aux gens quoi faire, je suis la première à remettre en question mes opinions, pour évoluer. Si ça suscite une réflexion chez quelqu’un, j’ai fait la job que je voulais faire. Peut-être que ça va en laisser certains indifférents; c’est correct aussi», résume l’auteure.

Le Salon du livre de l'Estrie se poursuit dimanche; la programmation est disponible en ligne.

Vous voulez lire?

Faut que je te parle
Debbie Lynch-White
Libre Expression
226 p.