Une dixième et dernière saison au Théâtre de la Première Scène

À moins que des volontaires se manifestent pour prendre la relève, la 10e saison du Théâtre de la Première Scène de Marston sera la dernière. Le comédien, metteur en scène et gestionnaire Guy Gagnon a révélé que l'équipe actuelle de propriétaires, qui est à bout de souffle, jetait l'éponge.
Guy Gagnon en a fait l'annonce également au nom de ses complices Alain Camiré, responsable technique (éclairage, sonorisation, régie et accessoiriste) et l'épouse de ce dernier, Odile Paquette (billetterie, accueil, etc.).
«Nous avons avisé les comédiens déjà, mais peu de gens connaissaient la nouvelle. Il y a 10 ans, nous avions acheté la bâtisse de l'ancienne église pour 25 000 $. Notre budget de 100 000 $ nous laissait donc 75 000 $ pour l'aménagement, mais cela a coûté 225 000 $. Il a fallu tout refaire à l'intérieur, mettre du gypse à l'épreuve du feu, etc. Cinq années comme propriétaires ont eu raison de nos ressources financières. La municipalité de Marston a racheté l'édifice, à condition que nous signions un bail de cinq ans. Ce bail se termine cette année, nous ne le renouvelons pas», raconte M. Gagnon.
«Nous avons décidé de l'annoncer au début de la saison de théâtre, pour que des gens aient le temps de réfléchir à leur désir de prendre la relève à la fin de l'été... Ils devront s'entendre avec la municipalité de Marston. Je ne connais pas la vision du conseil municipal. Est-ce qu'ils ont d'autres projets? Je serais triste si la vocation théâtrale changeait pour autre chose. Je n'arrêterai pas de faire du théâtre, mais ce sera dans d'autres conditions, pas comme gestionnaire. Ça aura été une très belle expérience que je ne renierai jamais. D'année en année, on a toujours eu un coup de coeur pour l'une des trois pièces que nous présentions. Cette année, nous avons trois pièces qui vont avoir du succès, car je suis grandement satisfait de cette dernière programmation.»
Il y a 10 ans, l'équipe avait à relever un défi à contre-courant de la mode surannée des théâtres d'été. «Le public des théâtres d'été n'est plus ce qu'il était. Les premières années, nous avons acquis un permis de boisson, qui coûtait entre 600 et 700 $ par saison. Et nous avons vendu en tout à peu près deux caisses de 24 bières!» admet Guy Gagnon en ricanant.
«Ma chère conjointe Louise a eu raison. La première chose qu'elle m'a dite, au départ, c'est si je me rendais compte que j'allais passer mes étés au théâtre et oublier mes soirées de fins de semaine! Je ne regrette pas ces 10 années, mais je suis heureux que ce soit fini...»
La première pièce, Le capteur de rêves, un texte de Guy Dostie, mis en scène par Nathalie Michaud, sera à l'affiche les quatre prochains vendredis et samedis de l'été, puis suivra la deuxième pièce de l'été, Femme cherche homme désespérément, une comédie de Carole Tremblay, mise en scène par Guy Gagnon, avec des comédiens locaux, les vendredis et samedis du 21 juillet au 5 août. Enfin, Attends-moi à Tokyo sera présentée les vendredis et samedis, du 11 au 26 août, ainsi que le jeudi 31 août et le vendredi 1er septembre.