Voulez-vous y aller? Pierre-Luc Pomerleau Samedi 19 mai, 20 h 30 Vieux Clocher de Magog Billet : 29,50 $

Un « vrai » premier spectacle solo pour Pierre-Luc Pomerleau

« Le retour du jeune placier après 13 ans d’absence! » a écrit Pierre-Luc Pomerleau sur sa page Facebook. En effet, en 2005, l’humoriste présentait son tout premier one-man-show au Vieux Clocher de Magog, où il travaillait comme placier à l’époque. Le samedi 19 mai, il y retourne avec son « vrai » premier spectacle solo, armé de ses 34 ans et de son humour minutieusement réglé. Mais le fait que ce premier bébé scénique arrive huit ans après que Pierre-Luc eut obtenu son diplôme de l’École nationale de l’humour (ENH) témoigne surtout de son perfectionnisme.

« J’ai décidé de faire plus de scène plus longtemps, pour avoir un spectacle à mon goût et qui est le plus rodé possible. J’aime ça quand les choses sont fixées. Lorsque je fais les premières parties de François Bellefeuille, je rode des blocs de 4 à 7 minutes. Après, j’écrème et je garde juste ce qui est vraiment meilleur, ce qui est efficace. Ensuite, je change les mots, je trouve les bonnes tournures de phrase. C’est chirurgical. Moi, je suis comme ça », explique le Magogois d’origine.

En plus d’avoir réchauffé au-delà de 400 foules pour Bellefeuille, Pierre-Luc a retravaillé son matériel lors de 70 soirées supplémentaires. « J’ai aussi animé beaucoup de soirées d’humour. C’est une belle porte d’entrée pour essayer du nouveau matériel », ajoute-t-il.  

De son humour, Pierre-Luc Pomerleau dit qu’il concerne tout le monde, qu’il mise sur des référents partagés. « Ça tourne autour de ce que je vis. Je m’inspire de mon quotidien. Je ne réinvente pas la roue. Je n’arrive pas avec un style complètement différent, qui sort de l’ordinaire, mais je trouve un angle qui est bien à moi et qu’on ne pourra pas voir ailleurs. »

Si son spectacle est pour le moment sans titre, ce n’est pas parce que le contenu y manque. « J’ai de la difficulté à mettre un titre, parce que c’est un ramassis de plein d’affaires, mais ça se suit. Ça s’écoute bien », assure celui qui avait tellement de gags en banque qu’il a dû en reporter à son deuxième spectacle.

Le picasso comptable

Pierre-Luc Pomerleau était prédestiné à l’humour; il se produisait pour le plaisir lorsqu’il le pouvait, comme à Cégeps en spectacle ou lors de 5 à 8 à l’Université de Sherbrooke. Pourtant, c’est un baccalauréat en comptabilité qu’il a obtenu. Un jour, lors d’une présentation orale dans son cours de ressources humaines, il a laissé le comique l’emporter sur le professionnel, provoquant l’hilarité générale.

« Le prof m’a dit un des plus beaux commentaires que j’ai eus dans ma vie. En premier, il a dit à mes collègues : “Réalisez-vous la chance que vous avez d’avoir ce gars-là dans votre équipe?” Il s’est tourné vers moi et il m’a dit : “Qu’est-ce que tu fais ici? C’est comme si on empêchait Picasso de peindre.” »

Un de ses meilleurs amis, qui était assis dans la classe, a par la suite sommé Pierre-Luc de faire quelque chose de son potentiel et de participer à des concours d’humour. « Je lui ai répondu : “Trouve-moi un concours, pis je vais le faire.” Le lendemain, il m’est arrivé avec le Tremplin de Dégelis. J’ai dit : “Parfait, on le fait.” »

Il est reparti de Dégelis les mains vides, mais il a eu la chance de rencontrer une foule de gens du domaine du spectacle, dont JiCi Lauzon, Yvon Deschamps et Judy Richard. Il se rappellera toujours ce que cette dernière lui a lancé. « Elle m’a dit : “Tu as vraiment du talent, ce n’est pas parce que tu n’as pas gagné un concours que tu ne réussiras pas. Au contraire, c’est souvent ceux qui ne gagnent pas qui percent” », raconte Pierre-Luc.
 
Se planter pour apprendre

« Une chose en amène une autre dans la vie. Souvent, les jeunes me demandent c’est quoi, mon conseil, si tu fais de l’humour. Toutes les occasions que tu as de monter sur scène, il faut que tu les prennes. Parce que même si c’est un show pourri, que t’as pas été bon, bien t’apprends de ça. Il faut que tu te plantes en humour pour être meilleur », dit celui qui a, après son bac, fait des spectacles d’entreprise pendant qu’il travaillait comme comptable pour l’entreprise familiale.  

En 2010, il terminait ses études à l’École nationale de l’humour (ENH), déjà convoité dans le milieu. C’est aussi là qu’il a rencontré son grand ami François De Grandpré, avec qui il a coécrit son spectacle. On l’a par la suite vu dans des Galas Juste pour rire, notamment avec son personnage de coccinelle ou son numéro « de la Kit Kat ». Après, ce sont ses profonds malaises et ceux de ses trois acolytes qui ont amusé le Québec dans l’émission Jokers, diffusée à V télé pendant trois saisons.

Depuis 2013, il mise sur sa passion de la scène et ratisse encore le Québec en première partie de François Bellefeuille. La complicité qui s’est installée entre les deux a permis à Pierre-Luc d’évoluer au fil des conseils de celui qui a cru en lui. « L’objectif, c’est de partir de mon côté à un moment donné, mais pour l’instant, ça me permet de jouer non-stop. »

VIP au liquor store

Samedi prochain, c’est chargé de souvenirs qu’il montera sur la scène du Vieux Clocher de Magog. Il y travaillait surtout pour y voir défiler ses idoles, ceux qu’il écoutait depuis longtemps sur ses VHS enregistrés. La chance de discuter avec eux se présentait même fréquemment.

« On allait prendre des verres avec les artistes au Liquor Store de Magog, on était VIP! ricane-t-il. Pour moi, le Vieux Clocher, c’était pas une job. Je savais même pas combien je gagnais, je m’en foutais! Ça a été une belle école, de beaux moments dans ma vie. Quand je suis arrivé à l’ENH, j’ai constaté que d’avoir vu autant d’humoristes et autant de numéros évoluer m’avait donné une facilité pour l’écriture. »

Voulez-vous y aller?
Pierre-Luc Pomerleau
Samedi 19 mai, 20 h 30
Vieux Clocher de Magog
Billet : 29,50 $