Hugues Rocheleau

Un succès presque total

La première représentation de la pièce Slàv depuis que le Festival international de jazz de Montréal a annulé toutes les représentations en raison de la controverse raciale suscitée par le spectacle a fait salle comble au Centre culturel de l’Université de Sherbrooke mercredi soir. Les spectateurs rencontrés par La Tribune ont en grande majorité adoré la pièce de Robert Lepage.

« C’était très bien, Robert Lepage est très inspirant. Une belle soirée et ça nous porte vraiment à réfléchir sur l’histoire de l’esclavage. Je ne connais pas la première version du spectacle, mais celle-ci est très bien. »

— Hugues Rocheleau de Montréal

Morgane Grondin

« J’ai beaucoup aimé. On apprend des choses qu’on ne sait pas nécessairement sur l’histoire du monde. L’esclavage ne concerne pas seulement l’Amérique. Si le spectacle était comme ça avant, pour moi il n’aurait pas dû y avoir de controverse. Ce qui compte ce n’est pas qui montre le message, mais le message lui-même. Qu’importe si la personne est noire, blanche ou autre. Le message de la pièce est merveilleux. C’est un message d’espoir. Il existe encore de l’esclavage aujourd’hui et il faut qu’on fasse tout pour que ça n’existe plus. »

— Morgane Grondin, originaire de l’île de la Réunion

« Je ne m’attendais pas du tout à ce que c’était surtout avec les voix et les chants. C’est de l’art. J’ai beaucoup aimé. »

— Aline Pelletier de Saint-Denis-de-Brompton

« La scénographie était impressionnante. On a apprécié. Ça ne m’a pas dérangée qu’il y ait des blancs, c’est le message qui est important. »

— Hélène Pelletier de Saint-Denis-de-Brompton

Josée Roy-Thompson

« J’étais tellement contente de voir que le spectacle allait avoir lieu. Ça m’apporte beaucoup. J’ai aimé la façon dont ç’a été présenté, ça me rejoignait. »

— Josée Roy-Thompson

« Je ne peux pas dire que j’ai beaucoup aimé la pièce. Si je me fie aux discussions que j’ai eues avec des personnes qui ont vu la première mouture, je comprends que très peu de choses ont changé à part peut-être les dialogues. D’un point de vue historique, le spectacle est incroyablement problématique, je ne comprends pas pourquoi on ne le soulève pas. Il est encore question des centaines de milliers d’enfants irlandais esclaves. Robert Lepage a été prévenu que l’esclavage irlandais n’a jamais existé. C’est une occasion manquée de raconter l’histoire des Amériques noires. »

— Jean-Pierre Le Glaunec, professeur d’histoire à l’Université de Sherbrooke et spécialiste de l’histoire de l’esclavage