David Goudreault animera le spectacle du 11 avril pour souligner la création du Sentier de la parole dans le secteur Lennoxville.

Un sentier de la parole à Champlain et Bishop’s

Ce sera au tour de l’Université Bishop’s et du Collège régional Champlain de Lennoxville d’avoir un sentier poétique, à l’image de Saint-Venant-de Paquette. Le Sentier de la parole verra le jour sur ces deux campus du secteur de Lennoxville et il sera consacré en majeure partie à la poésie des Premiers peuples. La création du Sentier sera soulignée le 11 avril lors d’un spectacle au Théâtre Centennial.

« Le début du sentier devrait être accessible cet automne. Il faut faire tout le tracé. Pour la première étape, 15 poèmes ont été retenus », indique Nathalie Mamias, professeure de français au Cégep de Champlain.

Comment a germé l’initiative?

« C’est dans ma tête depuis un sacré moment, depuis plusieurs années. On a reçu des sommes pour l’amélioration du français du ministère de l’Éducation. Je me suis dit : ‘‘Pourquoi on ne ferait pas quelque chose? ’’ Je suis une amoureuse éperdue de Saint-Venant-de-Paquette et du sentier poétique. J’y suis allée maintes et maintes fois... » De fil en aiguille, après des discussions avec Sylvie Cholette, la directrice des Amis de St-Venant, le concept sherbrookois est né.

À titre honorifique, le chanteur Richard Séguin sera le parrain du sentier et la réalisatrice Alanis O’Bomsawin, la marraine. L’auteur et chroniqueur David Goudreault en sera le porte-parole et il agira comme maître de cérémonie lors du spectacle.

Les premiers poèmes qui ponctueront le sentier seront dévoilés le soir du 11 avril, lors du spectacle présenté au Théâtre Centennial.

Des étudiants de Champlain, de Bishop’s et de différents centres d’éducation aux adultes les feront découvrir sous forme de vidéos. « On aura des poètes, de la musique, on va présenter les textes qui vont être choisis », décrit Mme Mamias, en rappelant que les campus se retrouvent en territoire abénaquis.

On retrouvera entre autres sur scène Alanis O’Bomsawin, Richard Séguin, Florent Vollant, Jean Sioui, Moe Clark et Beatrice Deer, pour ne nommer que ceux-là.

Le spectacle aura lieu à compter de 20 h. Les billets sont notamment disponibles à la billetterie au Théâtre Centennial et au réseau Ovation.

Le projet permettra d’accentuer la collaboration entre les institutions anglophones et Saint-Venant. « On va être associés à la Grande nuit de la poésie. C’est le début d’une longue association. » Un site éphémère a d’ailleurs été installé, lors de la dernière édition, afin d’exposer des textes d’étudiants.

Les initiatives en lien avec les autochtones se multiplient dans le réseau universitaire ces jours-ci. La semaine dernière, par exemple, La Tribune écrivait que l’Université de Sherbrooke offrira un premier cours de langue abénaquise. La faculté de droit de l’UdeS a aussi reçu une aide financière afin de bonifier l’acessibilité des étudiants autochtones au programme de droit.

« Il se passe vraiment quelque chose à l’échelle nationale. Il semble y avoir une prise de conscience de la réalité autochtone. C’est important de relever que cet éveil-là vient beaucoup des communautés; c’est parce que ça bouge. Il y a toute une jeune génération qui se retrouve début vingtaine, qui sont dans des milieux difficiles, mais ils ont envie de faire quelque chose », commente Jean-François Létourneau, enseignant au Cégep de Sherbrooke et l’un de ceux qui ont participé au choix des textes du Sentier de la parole. L’auteur du livre Le territoire dans les veines souligne que ces jeunes sont actifs dans plusieurs domaines, tant en droit que dans le monde artistique.