Karelle, Lisa-Marie et Lysianne Gauthier espèrent démystifier la réalité de la vie de triplées avec le livre Jamais deux sans trois qu’elles ont coécrit et publié à compte d’auteur.

Un roman à six mains

«Avez-vous la même personnalité? Est-ce que vos copains vous mélangent parfois? Êtes-vous vraiment pareilles physiquement?»

Lysianne, Lisa-Marie et Karelle Gauthier se sont déjà fait poser ces questions – et bien d’autres – des tonnes de fois. Il faut dire que des triplées, c’est assez rare, et que ça pique la curiosité.

C’est dans l’optique de démystifier leur réalité qu’elles ont décidé de coécrire le livre Jamais deux sans trois, qu’elles ont publié à compte d’auteur à l’automne dernier. «On se fait poser des questions depuis qu’on est jeunes. Avec ce livre, tout le monde va pouvoir être au courant des réponses!» lance en souriant Lysianne.

Écrire un livre à six mains semble être tout un défi, mais les sœurs sont habituées; après tout, elles ont déjà écrit trois contes pour enfants ensemble.

Elles ont cependant laissé de côté les histoires de Noël, de Pâques ou d’Halloween pour ce nouvel ouvrage...

Livre hybride

Le livre que les trois auteures âgées de 22 ans proposent s’adresse principalement à un public d’adolescentes, et est une sorte d’hybride entre un roman et un magazine. Certaines sections du livre sont sur papier glacé, et rapportent des informations à la manière d’un magazine, sur la vie des triplées elles-mêmes. C’est dans ces sections informatives qu’elles répondent précisément aux fameuses questions.

Le reste du livre est toutefois le récit d’une soirée de fête, racontée selon le point de vue de chacune des trois filles — ou plutôt de leurs alter ego, Odélia, Allie et Magdeleine, histoire de clairement se camper dans l’autofiction. Les sœurs qualifient d’ailleurs leur livre de «roman à choix», car après avoir complété un test de personnalité au début de l’ouvrage, le lecteur peut s’identifier à une fille en particulier et lire seulement sa version de la fête, ou bien lire les trois parties intégralement.

«Le fait qu’on raconte la même soirée à partir de trois points de vue différents, ça montre qu’on a chacune notre vision sur ce qui se passe», souligne Karelle, qui mentionne qu’elle et ses sœurs se font souvent demander si elles pensent toutes de la même façon.

«Les adolescents constituent un public intéressant à toucher, parce que les jeunes veulent connaître plein de choses et sont captivés», ajoute celle, qui a déjà écrit deux romans pour adolescentes auparavant.

En appartement ensemble

Les sœurs Gauthier sont originaires d’Asbestos, mais elles habitent actuellement en appartement ensemble à Sherbrooke pour leurs études universitaires.

On l’aura deviné: même si elles se ressemblent énormément, ça ne veut pas dire qu’elles étudient toutes dans le même programme. Lysianne est en service social, Lisa-Marie en enseignement au primaire et préscolaire et Karelle en enseignement du français au secondaire.

Il reste que cette cohabitation a grandement facilité leur travail pour la conception du livre, qui aura duré deux ans en tout. 

Comme les sœurs n’occupent un emploi que l’été — et qu’elles ne sont pas en couple pour l’instant —, elles travaillent consciencieusement à leurs projets communs les fins de semaine.

Les triplées sont très autodidactes; elles ont fait l’ensemble de la maquette du livre elles-mêmes dans Word. L’ouvrage est en vente à la coopérative de l’Université de Sherbrooke et au Mégaburo d’Asbestos, et une bande-annonce pour le livre est disponible sur leur page Facebook «Karelle Gauthier, auteure, et les triplées Gauthier».

La question qu’elles sont le plus tannées de se faire poser

«Est-ce que vous vous échangez vos chums, des fois?» (La réponse est non.)

La question qu’elles aimeraient se faire demander

«Vous vous sentez comment, quand on vous pose constamment des questions sur le fait que vous êtes des triplées?»

Leur lectrice la plus fidèle
Leur mère lit tout ce qu’elles écrivent au fur et à mesure!

Un beau commentaire
«Notre grand-mère a lu le livre et nous a dit qu’elle-même avait appris que certaines choses qu’elle faisait nous affectaient sans même qu’elle le sache!» rapporte Lisa-Marie en riant.