Louise Simard lance son livre « L'autre saison » ce mois-ci.

Un retour vers soi pour l'écrivaine Louise Simard

La vie ne s’arrête pas soudainement après le cap de la soixantaine, rappelle Louise Simard. Si elle est plutôt reconnue pour ses romans à saveur historique, l’auteure estrienne lance ce mois-ci son livre « L’autre saison », une histoire en partie policière, mais qui met en lumière l’automne mouvementé d’une sexagénaire d’aujourd’hui.

Au lendemain d’une paisible cueillette de champignons, l’héroïne, Marie, vit un dramatique événement qui apportera sa série de bouleversements. Mêlée à une enquête, elle ne peut s’empêcher de s’imprégner de ses propres questionnements. Tous les aspects de sa vie sont remués en tous sens.  

« Il y a un crime sans criminel, une enquête sans enquêteur, raconte Louise Simard. On va vraiment dans le quotidien et l’état d’âme de l’héroïne. C’est un livre sans prétention didactique ni littéraire. C’est un roman qui se présente comme ça. » 

« J’avais envie de mettre en scène quelqu’un de plus vieux, avoue-t-elle. Ce n’est pas vrai que plus rien n’arrive dans la soixantaine. On peut vivre des drames, des douleurs, des joies, on peut avoir une vie active... J’ai monté 52 montagnes l’année dernière. »  

Ni policier ni dramatique, L’autre saison est plutôt « à multiples tiroirs », comme l’avance l’Estrienne d’adoption. Installée à Stoke depuis 30 ans, elle s’est plu à imaginer le personnage principal se promener dans les Sentiers de l’Estrie. L’ouvrage laisse toutefois le lecteur libre de désigner ses propres lieux géographiques, note-t-elle. À chacun sa montagne.

L'auteure estrienne Louise Simard

Intimiste

« Quand on commence à écrire, la plupart du temps, ça mène à une œuvre autobiographique. Moi, après mes débuts, je suis allée vers des romans historiques qui se passent aux États-Unis, en Australie, etc. En vieillissant, je reviens vers moi-même, vers ce que je vis, ce que j’aime et ce que j’ai envie de faire découvrir aux gens. » 

Dans son approche intimiste, la créatrice de Marie en fait ainsi une sorte d’extension d’elle-même. « Mais pas dans ce qu’elle vit. Ça, j’en suis complètement détachée, mais elle est une grande part de moi dans ce qu’elle est et dans ce qu’elle aime. » 

Surtout, elles partagent une profonde passion pour la nature. « Moi, je ne vis que par la nature. Mes moments de bonheur viennent toujours de là. J’avais envie d’en parler », explique celle qui dédie la page Facebook « Louise Simard-romancière » à des clichés romantiques de ce que Dame Nature peut offrir. 

Au-delà de sa trame principale, cette invitation de 200 pages dans l’univers de Marie s’attarde de façon très personnelle aux détails d’une promenade en forêt.

« Si je vois une fleur ou un oiseau, je veux savoir leur nom. Je suis curieuse de leur personnalité. C’est comme une rencontre avec quelqu’un : on veut savoir son nom. » 

Un penchant qui allait de soi pour celle qui héberge des oiseaux de proie blessés ou malades. À travers les livres jeunesse qu’elle a pondus à ce sujet ou à travers L’autre saison, l’écrivaine dévoile aussi une affection particulière pour les amitiés intergénérationnelles. Des relations qui, dans sa vie personnelle, passent par la nature.

« Je crois qu’il peut y avoir des coups de foudre enfant-adulte », dit-elle en songeant à ses petits-enfants par alliance qu’elle a visités en Australie récemment. 

« Ce sont des petits enfants de nature. Ils s’émerveillent de tout et connaissent bien leur environnement », sourit-elle. Et quand on connaît la nature, on a plus envie de la sauver, ajoute la femme de lettres.

Des vacances

Ce 26e roman a pris forme lentement, « au gré des saisons », explique-t-elle. Son mari ayant récemment pris sa retraite, Louise Simard renoue plus difficilement avec l’assiduité et la discipline nécessaires à l’écriture.  

« Mais pour un roman comme celui-ci, on n’a pas besoin d’aller faire des recherches comme on le fait pour un livre historique. Quand on se lance dans de telles recherches, on ne peut pas s’arrêter quand on veut, n’y consacrer qu’une journée de temps en temps. Il faut rester dedans et s’assurer qu’on ne commet pas d’anachronisme. Si on est au XVIIIe siècle et qu’il est question d’un bouton, il faut chercher quel type de bouton on portait dans ces années-là, on peut passer trois heures sur un bouton! Pour ce livre-ci, j’écris plutôt sur mon environnement, au gré de moi-même. C’est un peu comme des vacances. La seule exigence est d’être cohérente entre les actes et les états d’âme de mes personnages. » 

Le livre est allé dans plusieurs directions au départ, raconte-t-elle. Sa fervente admiration pour le défunt auteur policier Henning Mankel l’a doucement tentée. 

« Dans ses livres, on explore tout ce qu’il y a autour. Il y a la personnalité du policier, ses états d’âme, etc. Sans avoir aucune envie de lui ressembler, je voulais essayer de mettre en scène un crime et de creuser autour. Comme le roman policier n’est pas dans ma nature, je suis vite retournée vers mon personnage central, vers la façon dont Marie résiste à tout ça. C’est elle que j’ai suivie, finalement. Ça partait d’une admiration, mais rapidement, je suis revenue au naturel, à ce que je suis vraiment. » 

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L'autre saison
ROMAN
Éditions Goélette
200 p.