Les frères Raphaël et Mickaël Fortin, alias Hey Major, sont prêts à renouer avec leur public sherbrookois et la Fête du lac des Nations mercredi soir.

Un renouveau en duo pour Hey Major

On ne peut plus vraiment parler d’un nouveau départ, puisque cela fait maintenant un an que le guitariste Anthony Simoneau-Dubuc a tiré sa révérence d’Orange O’Clock. N’empêche, ça s’est déjà vu, des groupes musicaux qui font naufrage après avoir perdu un membre important.

Mais pas pour les frères Mickaël et Raphaël Fortin, qui, même si l’apport de leur ami était incontournable, ont connu un second souffle avec cette nouvelle aventure en duo. Fouetté par le défi de réussir à deux ce qui marchait tellement bien à trois, le tandem sherbrookois n’a jamais été aussi créatif qu’au cours de la dernière année. Et pour marquer cette transition, Orange O’Clock est devenu Hey Major en avril dernier.

« C’était important que ce nouveau chapitre-là dans notre histoire ait un nom. Et comme nous sommes de grands admirateurs de David Bowie depuis presque toujours — c’est vraiment un artiste qui a été très influent pour nous —, nous avons décidé de faire un clin d’œil au Major Tom de la chanson Space Oddity. »

Et de créer en même temps un jeu de mots musical, « A major » signifiant « la majeur » en anglais.

Le passage de trio à duo a surtout suscité une sorte de retour aux sources pour les frères Fortin. Forcés de réarranger leurs chansons pour la scène, ils ont renoué avec les bienfaits de la simplicité, redonnant à l’instrument avec lequel ils ont d’abord appris la musique, le piano, la place qui lui revenait.

Et comme la plupart de leurs chansons, notamment celles de leur premier album Crazy Carnival (2014), ont été créées avec cet instrument, l’élagage s’est fait tout naturellement.

« Mais je dirais que c’est une direction que nous avions commencé à prendre quand nous étions encore un trio, commente Raphaël. C’était logique de se concentrer davantage sur le piano — c’est l’essence du groupe — et de se fier à des artistes comme Billy Joel, Elton John ou Queen, qui font du rock avec cet instrument. »

MOINS DE CRISES, PLUS DE LUMIÈRE


Raphaël a aussi été amené à prendre une place plus importante dans la création des chansons, alors que c’est son aîné qui se chargeait essentiellement de l’écriture et de la composition jusqu’à maintenant.

« C’est un des gros changements et des beaux ajouts à notre musique. D’avoir des idées de lui et de travailler des textes ensemble a fait naître une nouvelle dynamique », souligne Mickaël.

« Les textes sont peu moins sombres qu’avant, poursuit Raphaël. Les personnages de nos chansons vivaient souvent des difficultés, mais maintenant, il y a toujours de la lumière au bout du tunnel, une lumière qu’on ne voit peut-être pas dans les moments de crise. »

Il y a un peu plus d’un an, Orange O’Clock a passé quelques mois en studio avec le réalisateur Éloi Painchaud pour travailler son matériel. Des séances qui devaient aboutir à un album, mais qui ont surtout engendré un regain ayant poussé les musiciens à créer assez de chansons pour deux albums.

« On est encore à l’étape des choix : on écoute notre répertoire pour sélectionner les chansons qui méritent d’être gardées, explique Mickaël. En comptant les deux dernières années, on en est à 30, 40 chansons. Ça a vraiment été un flot d’inspiration. »

Il faut dire qu’ils sont maintenant appuyés par la maison de disques Indica. L’étiquette qui a notamment lancé Half Moon Run et Valaire les a beaucoup aidés dans le travail de réorientation de leur son, raison pour laquelle aucun album n’est encore paru. Indica a aussi incité les frères Fortin à mettre l’accent sur le chant, la voix et les harmonies vocales.

BOB DYLAN


Quant au spectacle qu’ils donneront mercredi soir à la Fête du lac des Nations (mine de rien, c’est leur troisième présence, après avoir fait le Bistro SAQ en 2013 et la grande scène en 2014), les Hey Major préviennent les amateurs sherbrookois qu’ils n’ont jamais entendu 95 pour cent du matériel qui sera joué. Le duo réserve d’ailleurs quelques surprises.

Mais pour donner une petite idée aux admirateurs et leur faire patienter les dernières heures, ils ont mis en ligne lundi une interprétation de Knocking on Heaven’s Door de Bob Dylan. « Quand nous sommes tombés à deux, les gens de Sherbrooke nous ont tellement dit souvent qu’ils avaient hâte de nous réentendre! Ça a été une grande vague d’amour », rapporte Mickaël.

Grâce à la magie de l’échantillonnage et à leurs talents de multi-instrumentistes, ils n’auront recours à aucun autre musicien pour les appuyer dans leur prestation. « Il n’y aura ni séquence ni trame sonore, même si le spectacle est quatre fois plus rempli qu’avant. Ça reste une prestation live », insiste Mickaël.

Vous voulez y aller?
Hey Major
Mercredi 18 juillet, 20 h
Grande scène Loto-Québec
Fête du lac des Nations
Entrée : 20 $ (adolescents : 15 $)