«Ce sera comme un party de filles. On va manger, boire un verre, rire et discuter. Il faut fêter ça agréablement», affirme la comédienne et humoriste Nabila Ben Youssef.

Un party de filles avec Nabila

Nabila Ben Youssef s’offrira une première escapade à vie à Valcourt le 8 mars pour la Journée internationale des droits des femmes. Pour cette soirée exclusivement féminine, la présence de l’humoriste allait de soi.

« J’accepte toutes les invitations pour le 8 mars ! Je suis une féministe aguerrie. Je suis connue comme militante pour la condition féminine, alors je suis ravie de l’invitation », confiait Nabila cette semaine.

En riant, la dame affirme d’ailleurs que les organisateurs l’ont « réservée » depuis près d’un an pour ce 5 à 8 humoristique, tenu par la Chambre de commerce et industrie de la région de Valcourt et le Centre culturel Yvonne L. Bombardier. « J’irai parler de ma liberté, de ma liberté d’ici. Ils savent que je n’ai pas la langue dans ma poche. »

L’affiche de l’événement donne d’ailleurs le ton. « Vous êtes une femme ? Félicitations ! Vous répondez aux critères pour participer à cette soirée cocktail. »

« En fait, ce sera comme un party de filles. On va manger, boire un verre, rire et discuter. Il faut fêter ça agréablement », annonce la Tunisienne d’origine, installée au Québec depuis plus de vingt ans.

Pour ce rendez-vous de trois heures, elle propose donc un spectacle d’humour, suivi d’une période d’échanges. Durant sa prestation de 45 minutes, Nabila Ben Youssef abordera notamment le mouvement #MeToo, parlera d’elle et de sa quête de liberté. « Je vais aussi parler de ce qui se brasse avec la laïcité parce que pour moi, cette laïcité est indispensable à l’égalité hommes-femmes. Mais il y a encore du travail à faire ! », dit-elle.

Quant aux questions qui feront surface pendant le volet « causette », elle s’attend à tout. Pas de problème, elle en a l’habitude. « Quand je faisais mes spectacles, j’avais souvent une période de questions à la fin. Malgré tout ce que je disais durant une heure et demie, il restait toujours des choses à démystifier, des choses qui n’étaient pas claires pour les gens. Les Québécois sont de nature très curieuse. Et ils veulent toujours savoir pourquoi j’ai choisi le Québec ! », indique celle qu’on a surtout connue à travers ses spectacles Arabe et cochonne bio, puis Drôlement libre.

C’est là que le public a découvert son audace, son humour sans tabou et son franc-parler.

Faire autre chose

Elle n’a d’ailleurs aucune intention de changer son style. « C’est dans ma nature ! Les gens m’aiment pour ça. Au contraire, je veux être encore plus audacieuse. On fait ce métier pour casser les tabous et c’est l’occasion ou jamais d’aller loin dans les propos et de foncer », croit-elle, en avouant que ce désir de repousser les limites complique un peu l’écriture de son troisième spectacle solo. « J’écris tranquillement le prochain... »

Car elle ne fait pas qu’écrire. Elle s’amuse aussi à tenter de nouvelles expériences. « J’ai envie de vivre autre chose complètement, je fais notamment du théâtre et j’adore ça. Je suis comédienne à la base ; j’ai fait de l’humour un peu par désespoir à mon arrivée au Québec, faute de rôles. Ça m’a tellement manqué d’être en gang ; j’ai besoin de ça », poursuit-elle, en rappelant également son désir de faire de la télévision.

Le théâtre dont elle parle, c’est la pièce Comment je suis devenu musulman, qui aborde la spiritualité, la religion, l’identité et la peur de l’autre. Celle-ci connaît un beau succès et fera l’objet d’une tournée jusqu’en 2020. Encore là, les représentations sont souvent suivies d’une période de questions, « car c’est un sujet qui intrigue et interpelle les gens ».

S’ouvrir

Nabila Ben Youssef en connaît un bout sur la réalité des immigrants. En cette veille du 8 mars, elle conseille aux femmes immigrantes « de profiter de leur liberté, des opportunités et de la générosité des Québécois ».

Et aux Québécois, elle suggère quoi ? « Je leur dis de nous approcher sans avoir peur, d’assister à nos événements, car cela leur apportera beaucoup de belles choses. Ils ont tout à gagner à s’ouvrir à nous. Et je leur dis aussi de ne pas nous juger trop durement, de faire la part des choses. Ceux qui ne veulent pas s’intégrer représentent une toute petite minorité. Il faut aller vers les bonnes personnes. »

ENVIE D'Y ALLER ?

Quoi : 5 à 8 humoristique avec Nabila Ben Youssef

Quand : ce vendredi 8 mars à 17 h

 : Centre culturel Yvonne L. Bombardier à Valcourt

On réserve au 450 532-2250