Maïka Langlois, Èva Lecours-Bélisle et Rose Poirier, autrices du livre Il y aura un jardin.
Maïka Langlois, Èva Lecours-Bélisle et Rose Poirier, autrices du livre Il y aura un jardin.

Un jardin de préoccupations et d’espoir au Mont Notre-Dame

Isabelle Pion
Isabelle Pion
La Tribune
« Je vis dans un monde où nous sommes notre plus grand ennemi [...]. Je vis dans un monde où chacun se préoccupe plus de son gazon que des autres. »  « Nous te sortirons de cette guerre, Madame La Terre. »

Ce sont des images comme celles-là qu’a suscitées la chanson Il y avait un jardin, de Georges Moustaki, dans la tête d’élèves du Collège Mont Notre-Dame. Des images et des mots qui, mis bout à bout, ont donné naissance à une mosaïque de 25 textes et 20 œuvres, regroupés dans un livre intitulé Il y aura un jardin.

C’est le responsable de la bibliothèque du Collège du Mont Notre-Dame, Alain Riou, qui a eu envie d’entendre ce que les jeunes femmes de l’école secondaire privée avaient à dire, pour « donner la parole à cette génération souvent oubliée par les décideurs ». 

« Je marche beaucoup pour venir au travail. Une journée que je marchais sur les pistes cyclables qui longent la rivière Magog, j’écoutais la chanson de Georges Moustaki. Ça me parlait par rapport à ce qu’on vit avec la crise climatique. Ça m’a donné l’idée de savoir ce qu’en pensaient les élèves. J’en ai parlé avec les enseignantes en français et en art... » raconte M. Riou, au sujet de la genèse du projet, qui a mené à un lancement virtuel, mardi.

Les élèves de tous les niveaux ont été invitées à participer en automne 2019. Les œuvres artistiques et littéraires ont ensuite été sélectionnées par un comité. L’autrice Véronique Drouin de Sherbrooke a travaillé comme mentore auprès des élèves, qui signent leur nom au bas des pages du recueil.

Vitrine pour les arts

Alain Riou y voyait aussi une façon de faire rayonner la culture au sein de l’établissement, et au-delà de ses frontières. Si les sciences et les sports bénéficient d’une belle vitrine extérieure, c’est peut-être moins le cas sur le plan culturel. « On le voit moins, ce qu’on peut faire », souligne ce père de quatre enfants. « Le but est de répéter l’expérience d’ici deux ans. On veut laisser le temps au livre de vivre », note M. Riou.

Six des jeunes autrices ont remporté des prix dans le cadre des concours littéraires de l’Association des membres de l’Ordre des Palmes académiques. Ashley Sylvester, Clara Bélanger et Héloïse Boutreux se sont distinguées du côté de l’AMOPA-Québec, tandis qu’Amandine Acquart-Taylor, Sofia Touchette et Mathilde Pfeuti-Pelletier ont été les gagnantes de l’AMOPA-France. 

Èva Lecours-Belisle est l’une des autrices de l’œuvre collective. La question de l’environnement l’interpelle, comme le laisse entendre son texte où une première déportation de Terriens vers une planète habitable doit avoir lieu... en 2078.

« Ça a une grande influence sur mon futur, si je veux avoir des enfants et vivre ma vie pleinement », lance-t-elle au bout du fil, en soulignant le stress constant de savoir ce qui va se passer avec l’environnement.

Elle souligne le contraste entre l’accord au passé du titre de la chanson, et le futur employé pour le livre, Il y aura un jardin. 

Parce que si les écrits font bien ressentir les préoccupations des jeunes autrices, ils reflètent aussi leurs plus grands espoirs. Le recueil est en vente à la Biblairie GGC, à la Librairie Appalaches et à la réception du Collège Mont Notre-Dame.