Tel un jalon dans l’histoire du Chœur symphonique de Sherbrooke, les chœurs d’opéra seront au programme du concert du 24 novembre, sous la direction du chef Jean-Philippe Dutil.

Un jalon pour le Chœur symphonique

On pourrait dire que les grands airs d’opéra sont comme un jalon qui revient régulièrement dans l’histoire du Chœur symphonique de Sherbrooke. L’ensemble de 110 voix, qui soulignera son quarantième anniversaire en 2020, offrira auparavant Un après-midi à l’opéra le week-end prochain, accompagné d’un orchestre de 22 musiciens. Une prestation qui rappellera sûrement quelques souvenirs aux plus fidèles amateurs.

En novembre 1998, le Chœur symphonique, alors dirigé par Marc Bernier, avait donné un de ses plus mémorables concerts avec un programme consacré aux grands airs de Carmen, Nabucco, Madame Butterfly, Lohengrin... L’interprétation du célèbre Chœur des Hébreux (Va, pensiero) était passée à l’histoire. Tellement que l’année suivante, pour une prestation de l’Ensemble Prestissimo du chef François Bernier pour sauver l’École de musique de l’Université de Sherbrooke (alors menacée de fermeture), le Chœur symphonique était revenu interpréter les meilleurs moments de son concert d’opéra.

« Il y a eu un autre concert d’opéra en 2011, pour le 30e anniversaire, avec un accompagnement au piano », mentionne le chef actuel Jean-Philippe Dutil, qui a jugé qu’il était temps de retourner sur ces eaux familières.

« Certains choristes me faisaient régulièrement cette suggestion. C’est une option que je gardais dans ma poche. Pour cet automne, comme j’étais plus ou moins satisfait du programme que j’avais choisi, j’ai ressorti cette carte », raconte-t-il.

Représenter le peuple

Mais le chef Dutil étant ce qu’il est, la matinée du 24 novembre ne sera pas constituée que de succès. Oui, le Va, pensiero est au menu (autrement il y aurait eu lynchage), de même que plusieurs grandes pages signées Verdi (Il trovatore, Aïda, La Traviata), Mozart (Les noces de Figaro), Donizetti (Don Pasquale), Gounod (Faust, Roméo et Juliette, Mireille)...

Mais le directeur musical a débusqué dans ses recherches des œuvres peu connues dont le compositeur semble sorti de nulle part. Qui a déjà entendu parler des opéras Andrea Chenier d’Umberto Giordano et Mefistofele d’Arrigo Boïto?

« Les chœurs d’opéra ont souvent un côté un peu plus populaire, avec des mélodies faciles à retenir. D’ailleurs, les choristes représentent régulièrement le peuple dans la mise en scène. C’est rassurant de se jeter sur des œuvres qu’on connaît, mais je n’aime pas simplement refaire ce qu’on est habitué d’écouter. Surtout que le répertoire est tellement riche, avec tant de choses qu’on n’entend jamais! En faisant la recherche, je suis tombé sur des musiques vraiment belles. Par exemple, presque tout le monde connaît l’Intermezzo pour orchestre de Cavalleria rusticana de Mascagni, mais pas le chœur de l’œuvre (du moins, pas moi!). J’ai ainsi trouvé de petites perles, très faciles d’accès, que le public, selon moi, va aimer dès la première écoute. »

« Mefistofele, je crois que c’est le seul opéra de Boïto qui s’est rendu jusqu’à nous, poursuit Jean-Philippe Dutil. C’était un perfectionniste qui avait une vision bien à lui de ce que devait être un opéra. C’est teinté un peu de l’univers de Wagner, avec de grands contrastes », explique le chef de chœur à propos de ce compositeur italien qui est surtout passé à la postérité comme auteur de livrets, notamment d’Otello et Falstaff de Verdi, ainsi que de La Gioconda de Ponchielli.

Les chœurs de Gounod

Afin d’offrir une partie notable de son programme en français, Jean-Philippe Dutil s’est tourné vers Charles Gounod, dont quatre extraits seront chantés. « On ne le connaît pas tant que ça, mais il a écrit des pages majeures de l’opéra français. Et ses chœurs sont toujours beaux! »

« Un tel programme demeure quand même un défi pour les choristes, car on change d’atmosphère d’une pièce à l’autre. Ce n’est pas comme chanter une messe de Mozart avec les mêmes matériaux musicaux. On parle ici de courts extraits, de trois à huit minutes, et chaque fois, il faut aborder un nouveau style. J’ai aussi tenté de couvrir plusieurs époques : classique, romantique, postromantique... » résume celui qui vient aussi de prendre les rênes des Bishop’s University Singers et qui participera, avec trois autres chefs de chœur, au concert de Noël de l’Orchestre symphonique de Sherbrooke le 8 décembre.

« Et en 2020, pour notre 40e anniversaire, nous refaisons le Requiem allemand de Brahms. »

Vous voulez y aller?

Un après-midi à l’opéra
Chœur symphonique de Sherbrooke
Dimanche 24 novembre, 15 h
Église Sainte-Famille de Sherbrooke
Entrée : 25 $ (étudiants : 15 $)
Billets en vente chez Chaussures Caron, Filles d’Ariane et au 819 565-2998.