Lou Gramm

Un Gramm de nostalgie

Le hard rock a été aux années 1980 ce que le punk a été à la fin des années 1970 et Lou Gramm, ex-chanteur du groupe américano-britannique Foreigner, est là pour nous le rappeler.
« Ce que j'offre au public, c'est un peu l'ensemble de ce que j'ai fait avec Foreigner et ensuite comme artiste solo », dit Gramm en entrevue téléphonique depuis sa ville natale de Rochester, dans l'État de New York.
Ironiquement, pendant qu'il mène de son côté une tournée canadienne, le groupe qu'il a quitté en 2003 sillonne cet été les États-Unis sur la même affiche que Styx et avec Kelly Hansen au micro.
Avec ses musiciens, dont son frère Ben, à la batterie, Gramm promet de demeurer fidèle au son et à l'âme des pièces du groupe qui a empilé les tubes entre 1977 et le milieu des années 1980 et vendu 80 millions d'albums dans le monde.
« Nous demeurons passablement sur la même voie et fidèles aux arrangements originaux », dit le chanteur au timbre blues-soul, qui a redécouvert la foi chrétienne après des années de consommation de drogues et une tumeur au cerveau à l'âge de 47 ans, une maladie qu'il a vaincue.
Les immenses succès de Foreigner, dont Feels Like the First Time, Cold as Ice, Waiting for a Girl Like You et l'incontournable I Want to Know What Love Is, de même que plusieurs titres personnels de Lou Gramm, dont Midnight Blue, feront donc vibrer le coeur de nombreux Sherbrookois avec sans doute une pincée de nostalgie.
Dans l'imaginaire populaire
Le rockeur, dans la jeune soixantaine, nous replongera dans cette décennie très foisonnante au plan musical, où, contrairement à la première moitié des années 1970, le rock se voulait en général propret, voire prévisible, un rock « d'aréna », calibré pour la radio FM.
Il n'empêche qu'outre Foreigner, de nombreux autres groupes de l'époque - Journey, Asia, Bon Jovi et Def Leppard, notamment - ont marqué l'imaginaire populaire, pour ne pas dire planétaire, avec des pièces souvent très mélodieuses, parfois grandiloquentes, apprêtées à la sauce des années 1980, c'est-à-dire avec beaucoup de synthétiseurs, une section rythmique bétonnée, des chanteurs à voix et des solos de guitare presque chronométrés.
« Je trouve qu'aujourd'hui les groupes n'ont plus la même longévité que ceux des années 1970 et 1980. Je ne peux pas me l'expliquer : il y a d'excellents groupes qui, malgré quelques succès, ne durent pas », observe Gramm, qui a quitté Foreigner une première fois en 1990 pour y revenir et le quitter à nouveau en 2003.
« De même, il est rare que des chanteurs de talent entament une carrière solo après la disparition de leur groupe » se désole-t-il.
« Pour ma part, je suis toujours surpris de voir des jeunes assister à mes spectacles et côtoyer des gens dans la vingtaine et dans la trentaine et, bien sûr, des gens dans la quarantaine et la cinquantaine, ceux qui ont permis à Foreigner de connaître un tel succès », explique Lou Gramm, qui dit grandement apprécier l'accueil du public après une si longue carrière.
« Et ils connaissent tous les paroles des chansons! » ajoute-t-il.
Comment explique-t-il cela?
« Je crois bien que, comme nous tous, les jeunes ont écouté les disques de leurs parents », répond-il.
Lorsqu'on lui demande s'il a été lui-même influencé par les goûts musicaux de ses parents, Lou répond par l'affirmative et souligne que ces derniers étaient eux-mêmes musiciens.
« Mon père jouait de la trompette et dirigeait un big band, tandis que mère était chanteuse. J'ai donc été élevé en entendant Count Basie, Benny Goodman et Frank Sinatra », souligne le chanteur.
« Et lorsque mon père était à la recherche d'une station de radio diffusant de la musique qu'il aimait, il tombait parfois sur une station rock et il m'arrivait à l'occasion d'entendre des bouts de chansons comme Blue Suede Shoes, ce qui m'a donné la piqûre pour la musique », ajoute-t-il.
D'abord batteur, puis batteur et chanteur, Lou Gramm a décidé à 19 ans de se débarrasser de ses baguettes et de se consacrer au chant pour devenir quelques années plus tard la voix de Foreigner.
Le reste appartient à l'histoire du rock.¸
Lou Gramm
Samedi 22 h 30
Première partie : Angel Forrest (20 h)
Grande scène, parc Jacques-Cartier