André Jacques

Un deuxième polar d'André Jacques couronné meilleur au Québec

L’auteur sherbrookois André Jacques a remporté pour une deuxième fois en carrière le prix Saint-Pacôme, un prix récompensant le meilleur de la littérature policière québécoise. Alors que son œuvre La bataille de Pavie avait récolté ce même prix en 2016, c’est son nouveau volume Ces femmes aux yeux cernés (Druide), dans lequel évolue toujours son fidèle personnage Alexandre Jobin, qui a raflé l’honneur samedi soir.

« Je ne croyais pas le remporter une deuxième fois! On travaille toujours un peu dans l’ombre, on n’a pas beaucoup de réactions de nos lecteurs. Quand on a une reconnaissance comme ça qui vient d’un jury qui en lit beaucoup et qui connaît ça, c’est très touchant », partage l’auteur en entrevue avec La Tribune avant de qualifier ce prix « d’Oscar du roman policier ». 

André Jacques rivalisait avec François Lévesque pour Neiges rouges (Alire) et Johanne Seymour pour Rinzen — La beauté intérieure (Libre Expression) pour ce prix auquel est rattachée une bourse de 3500 $. 

« Quand on a l’honneur d’être lauréat de ce prix-là, on ne change pas de vie, on ne change pas d’auto la semaine suivante.... Mais la visibilité, pour nous, ce n’est pas quelque chose de très durable. On n’est pas longtemps la saveur du mois. Alors ce prix-là donne une espèce de renaissance au roman. La grande majorité des amateurs de polar lisent des romans étrangers. Chaque fois qu’il y a une occasion pour que le roman policier québécois soit à l’honneur et soit sous les projecteurs, c’est formidable. Pas seulement pour moi, pour tout le milieu et tous les auteurs du domaine », se réjouit le romancier, qui sera d’ailleurs au Salon du livre de l’Estrie pour présenter ses œuvres, du 17 au 20 octobre. 

Selon son président Richard Migneault, le jury de l’événement porté par la Société du roman policier de Saint-Pacôme aurait été séduit par qualités littéraires de l’ouvrage, par la complexité de l’enquête et par la profondeur des personnages. « Ce roman nous révèle une maîtrise assurée du récit, une mise en place sans faille du suspense et des personnages récurrents qui se complexifient à chaque roman, poursuit M. Migneault. André Jacques nous plonge dans le milieu de l’art et de ses travers, tout en nous charmant par la qualité de sa langue et la justesse de son style. »

« Je crois que ce qui est différent, c’est que le personnage principal n’est pas un policier traditionnel, commente André Jacques. C’est un antiquaire qui a une formation militaire. Il arrive toujours quelque chose qui le plonge dans une situation qu’il n’a pas nécessairement voulue, une situation un peu atypique. Je pense aussi que je fais beaucoup voyager mes lecteurs. Chaque roman ou presque commence à Montréal, mais ensuite, l’antiquaire est amené à se déplacer ailleurs. Cette fois, c’était à Barcelone et à Paris. » 

À double tranchant, cet honneur le pousse à se dépasser encore, exprime-t-il. « C’est un honneur, mais on a aussi le devoir de continuer à travailler à ce niveau. C’est important de garder le même calibre », lance-t-il, confirmant la venue d’un septième tome à sa série.