Des artistes locaux pourraient parcourir la Ville de Sherbrooke cet été pour permettre une certaine forme d’animation des espaces publics municipaux.
Des artistes locaux pourraient parcourir la Ville de Sherbrooke cet été pour permettre une certaine forme d’animation des espaces publics municipaux.

Un appel de projets pour animer la ville en temps de pandémie

Des artistes locaux pourraient parcourir la Ville de Sherbrooke cet été pour permettre une certaine forme d’animation des espaces publics municipaux. La Ville de Sherbrooke a approuvé un investissement de 180 000 $ pour animer à la fois le centre-ville et les espaces publics de tous les arrondissements... en espérant que les règles de la Santé publique le permettent d’ici la fin de l’été.

Concrètement, une des solutions pour faire vivre la culture cet été serait de faire circuler une camionnette qui transportera des artistes à travers la Ville. « Cette camionnette serait joliment décorée et serait dotée d’un système de son à partir duquel de courtes prestations se dérouleraient devant un public ciblé et consciencieusement choisi pour limiter les rassemblements », indiquent les documents municipaux rendus publics lundi. 

« Par exemple, des prestations pourraient avoir lieu en invitant le public à y assister à partir d’un balcon ou d’un espace qui rend possible la distanciation réglementaire. La camionnette pourrait se déplacer dans le cas d’un attroupement imprévu. »

On organiserait donc des prestations courtes pour un nombre restreint de spectateurs. Les manifestations artistiques seraient originales et produites par des acteurs locaux. 

Ann-Janick Lépine, chef de la division de la culture à la Ville de Sherbrooke, précise qu’il est présentement interdit de tenir des manifestations culturelles et que la Ville travaille en prévision d’un assouplissement des règles. « Nous avons donc formé un comité de programmation pour travailler en prévision d’un déconfinement de la culture. Nous nous réunirons le 2 juillet dans l’intention de faire un appel de propositions aux organismes et aux artistes. Nous donnons la priorité à l’art vivant, aux prestations à petite échelle. »

En attendant ces performances, il sera possible de créer des œuvres d’art éphémères à disposer là où la population pourrait passer, comme à proximité de l’oasis urbaine du centre-ville.

« La plupart des grandes villes ont opté pour des performances sur internet. Nous préférons l’art vivant. Si le gouvernement le permet, nous ne serons pas en réaction, mais plutôt en action. »

Paul Gingues

Les documents municipaux indiquent aussi que des activités sociocommunautaires, par exemple du yoga ou du zumba, pourraient être offertes selon la même formule à la population excentrée et ayant des besoins particuliers, comme les CHSLD, les coopératives d’habitation, les hôpitaux et les quartiers comportant une clientèle plus vulnérable. 

Le budget normalement consacré à la programmation de la place Nikitotek, soit 75 000 $, sera réservé pour des animations culturelles au centre-ville alors que le budget résiduel des Concerts de la Cité (105 000 $) ira aux animations culturelles dans les autres espaces de la Ville. 

« Il faudra calibrer le budget pour ne pas devoir fermer le robinet trop vite », indique Mme Lépine.

On espère en arriver à six jours d’animation par semaine jusqu’au 31 août et plusieurs animations chaque jour dans tous les arrondissements. 

Le président du comité de la culture, Paul Gingues, y voit une occasion unique de « faire évoluer la Politique culturelle de la Ville. »

Citant des extraits de ladite politique, il rappelle que la culture favorise l’enracinement dans les quartiers et qu’elle doit être accessible à tous les citoyens sur l’ensemble du territoire. Le politique suggère aussi de faire circuler des spectacles gratuits dans les parcs dans la saison estivale pour inciter les jeunes et leur famille à s’intéresser davantage aux arts.

« Oui, il faut animer le centre-ville, mais il n’y a pas que le centre-ville, puisqu’il sera de toute façon perturbé par les travaux et les mesures de la Santé publique. J’ai présenté ce projet le 20 mai dernier. Je me réjouis que nous puissions aller de l’avant dès cette année avec ce projet. Je suis heureux de voir évoluer notre politique vers les citoyens en allant les rejoindre dans leur quartier, leur faire découvrir les artistes de chez nous et surtout animer notre ville comme jamais auparavant. »