Les dessins de l’artiste sherbrookois Ultra Nan illustrent le tout nouveau jeu de société Egocentric World, cocréé par le Sherbrookois François Bergeron et le Français Julien Vaucanson. Commercialisé par la maison européenne Bordeline Éditions, le jeu est en vente à Sherbrooke à la boutique Le Griffon, rue Wellington.
Les dessins de l’artiste sherbrookois Ultra Nan illustrent le tout nouveau jeu de société Egocentric World, cocréé par le Sherbrookois François Bergeron et le Français Julien Vaucanson. Commercialisé par la maison européenne Bordeline Éditions, le jeu est en vente à Sherbrooke à la boutique Le Griffon, rue Wellington.

Ultra Nan entre en jeu

Karine Tremblay
Karine Tremblay
La Tribune
Il habite le paysage de la ville depuis une quinzaine d’années et voilà qu’il se promène désormais dans les chaumières européennes : l’emblématique petit bonhomme imaginé par le Sherbrookois Ultra Nan a été choisi pour illustrer Egocentric World, tout nouveau jeu de société produit par la compagnie française Borderline Éditions.

Le joli partenariat est arrivé au hasard d’un coup de fil. L’illustrateur, qui préfère taire son identité et rester dans l’ombre du personnage qu’il a créé, n’a eu à faire aucune démarche. Ou presque. 

« Le Sherbrookois François Bergeron m’a contacté parce qu’il travaillait sur un concept de jeu avec un ami français, Julien Vaucanson. Tous deux voulaient utiliser mes images pour développer leur prototype, demande à laquelle j’avais acquiescé. »

C’était il y a déjà quelques mois. Les deux complices sont repartis avec une banque d’illustrations à partir de laquelle ils ont peu à peu donné vie à leur idée ludique. Un premier démo réalisé a vite attiré l’attention des éditeurs chez Bordeline. 

« La compagnie souhaitait commercialiser le jeu et elle tenait à le faire en conservant mes illustrations. » 

Parce que le thème central véhiculait un message qui correspondait à sa vision, et parce qu’un projet comme celui-là permettait à son personnage de vivre autrement, dans un contexte différent et auprès d’une nouvelle clientèle, Nan a dit oui. À une seule condition : pas question de faire imprimer les cartes de jeu en Chine. Là-dessus, le créateur estrien était intraitable.  

« J’ai fait ajouter une clause à ce propos dans notre contrat d’entente. Je n’aurais pas pu donner mon aval à quelque chose qui allait à contresens de mes valeurs », résume-t-il. 

Entre le Uno et le poker

Les cartes à jouer, qui mettent toutes en vitrine le sympathique personnage signé Ultra Nan, ont donc pris le chemin d’une imprimerie polonaise. En vente depuis peu en Europe, Egocentric World a traversé l’Atlantique et est depuis vendredi disponible ici, en édition limitée.  

« On a reçu une centaine de boîtes qui seront vendues au Griffon, sur la rue Wellington. Le prix est raisonnable, ça tourne autour de 17,99 $ », mentionne Ultra Nan. Celui-ci évoque un croisement entre le Uno et le poker pour résumer l’esprit du jeu. 

« C’est assez simple à comprendre, les parties sont courtes, mais très agréables, indique-t-il. Ça demande du bluff, du calcul, de l’anticipation, un peu de stratégie, aussi. Et bien sûr, il y a une part de hasard dans le processus. Les instructions soulignent qu’on peut y jouer à partir de l’âge de sept ans, mais je multiplie les manches avec ma fille de cinq ans et elle s’avère une redoutable adversaire. »

Cocréateur du concept, François Bergeron insiste sur le côté léger et accessible du jeu de cartes, qui s’est déjà attiré les louanges du site jeux.com.

« Ça s’adresse à tout le monde et c’est facile à apprendre parce qu’on n’a pas à mémoriser tout plein de règles. Le jeu se compose d’un paquet de cartes numérotées de 1 à 12. Le but, c’est de réduire la valeur des cartes dans notre main. Les cartes les plus fortes ont des propriétés appréciables, alors on aime les avoir au début pour faire progresser le jeu, mais on a quand même intérêt à vite s’en départir », précise le concepteur. 

Nutritionniste de profession, celui-ci se passionne pour les jeux de société depuis la belle époque de son parcours secondaire, au Séminaire de Sherbrooke, où il faisait partie d’un club qui enchaînait les parties sur l’heure du midi. 

C’est grâce à un groupe Facebook de jeux à imprimer qu’il a fait la rencontre virtuelle de Julien Vaucanson. Celui-ci avait jeté les premières bases de Egocentric World en utilisant des images d’hommes politiques. Il a contacté François Bergeron pour que, ensemble, ils poussent l’idée plus loin.

« J’ai pensé remplacer les illustrations qu’il avait choisies par les dessins engagés et politisés d’Ultra Nan, dont j’avais remarqué le travail, note-t-il. Je suis évidemment bien fier de voir que le jeu est maintenant commercialisé et qu’il fait rayonner le talent d’un artiste sherbrookois. »