Le personnage de Jeanne jouée par Eve Landry (à droite)

Trop violent, Unité 9?

CHRONIQUE / L’épisode particulièrement violent d’Unité 9 de mardi dernier a fait beaucoup réagir sur les réseaux sociaux. D’ailleurs, si vous ne l’avez pas vu, ne pas lire ce qui suit. Plusieurs ont jugé la violence de certaines scènes excessive, entre autres celle d’un double viol dont a été victime le personnage de Jeanne (Eve Landry). Des images crues qui ont choqué.

L’auteure Danielle Trottier s’attendait à des réactions, mais justifie sa décision. «Ma job, c’est de prendre des risques. Ce risque-là, je l’ai pris pour les victimes d’abus sexuels», dit-elle. L’auteure a voulu dépeindre cette cruelle réalité, ayant rencontré elle-même plusieurs victimes. «Je savais bien que je touchais à quelque chose de sensible, mais je savais aussi que c’était un sujet trop important. Il faut que ces femmes, qui sont des survivantes, sachent qu’elles ne sont pas seules à vivre ces situations.»

Dans d’autres scènes, elle souhaitait aussi donner une voix aux femmes autochtones, avec le personnage d’Eyota Standing Bear, joué par Natasha Kanapé Fontaine. Lors d’une scène de fouille à nu, presque insoutenable, la caméra s’est attardée sur les inscriptions «Fuck Door», tatouées sur le corps de la nouvelle détenue, terrifiée.

Au moment d’écrire ces lignes, Radio-Canada avait reçu 33 plaintes et commentaires, tous négatifs, de téléspectateurs. Aux communications, on juge que la scène en question n’était pas gratuite, étant donné qu’Unité 9 se déroule dans un milieu de vie difficile. On précise aussi qu’on verra comment Jeanne survivra à cet abus dans la deuxième portion de saison, dès janvier. Notons que des avertissements sont apparus au retour des pauses publicitaires, de même qu’une pastille indiquant que l’épisode s’adressait aux 16 ans et plus.

APPARENCES ADAPTÉE EN FRANCE

Au tour des Français de chercher Manon : le tournage d’une adaptation d’Apparences, la série de Serge Boucher, commence là-bas la semaine prochaine. L’œuvre sera diffusée au cours de l’automne prochain sur la chaîne France 3 et produite chez Samka Productions. Voilà quatre années que la maison de production Pixcom planchait sur ce projet, qui a d’abord été développé par TF1 avant d’être repris par France Télévisions. Pour la France, les 10 épisodes seront réduits à six, mais la série reprend sensiblement la même histoire, celle d’une actrice populaire dont la sœur jumelle, Manon, disparaît mystérieusement. Le rôle de Nathalie, joué ici par Geneviève Brouillette, est attribué en France à l’actrice belge Helena Noguerra, aussi chanteuse et romancière, d’origine portugaise. Comme pour l’œuvre de Michel Tremblay, l’écriture de Serge Boucher semble universelle. «Les drames familiaux fonctionnent partout à travers la planète», remarque le président de Pixcom, Nicola Merola. Trois auteurs signent l’adaptation en France. Par ailleurs, la série Vertige, également de Pixcom, intéresse aussi les Français. Une version doublée de l’œuvre québécoise a été diffusée en Espagne il y a quelques mois. Chez nous, la série mettant en vedette Fanny Mallette avait été présentée à Séries+.