Transcender l’épreuve par des chansons

Elle s’appelle Hanorah, le même nom que la mère adoptive de son père, batteur dans un groupe rock. Dans sa maison, il y avait de la musique, beaucoup de musique. Du soul, du rock, du funk, du blues, de la pop, du jazz et plein d’autres choses qui ont nourri son imaginaire. On en voit un petit bout sur son nouveau EP intitulé For the Good Guys and the Bad Guys, créé avec le guitariste Paul De Rita, le bassiste Alexandre Lapointe, le claviériste Daniel Thouin et le batteur Maxime Bellavance.

« J’ai déjà sorti des enregistrements à mon compte, mais le vrai début, c’est avec celui-ci. J’ai attendu de trouver mon band pour réaliser ce projet et parmi les 20 ou 25 chansons qui ont été réalisées, j’en ai gardé cinq, celles qui reflètent le mieux où je suis rendue. On y retrouve plusieurs genres musicaux, le lien étant assuré par le blues », a raconté la jeune femme, au cours d’une entrevue téléphonique accordée au Quotidien.

La voix est élégante ; les effets mesurés. Il est facile de succomber au charme des mélodies, souvent entraînantes. Derrière la musique, cependant, se profilent des expériences douloureuses, à commencer par une agression sexuelle dont Hanorah a été la cible en 2012. Depuis ce temps, bien des étapes ont balisé son retour à une forme de sérénité. L’une d’elles fut sa participation à la cinquième saison de l’émission La Voix.

« C’était une façon d’établir le contact avec le public québécois, ainsi que les gens de l’étiquette Dare To Care, qui ont produit le EP. Ça m’a également permis de tester des outils psychologiques ayant pour objectif de m’aider à composer avec mon anxiété. À cet égard, ce fut une expérience positive », rapporte la chanteuse. Le passage du temps a aussi modifié le regard qu’elle porte sur l’agression, sa façon de l’aborder.

« Les premières compositions étaient pleines d’amertume. J’étais fâchée. Puis, il y a eu une évolution qui découle du fait j’ai trouvé de l’aide, tout en me faisant de nouveaux amis », confie Hanorah. Sur le EP, deux pièces évoquent cette épreuve, Clementine et Going Down. Elles ont été soigneusement calibrées, l’auteure ne souhaitant pas épouser le ton du preacher afin de livrer son message.

« Il faut trouver de la joie dans la vie, sans toutefois masquer les épisodes difficiles qu’on doit traverser. Je profite aussi de l’occasion pour rappeler aux gens que ce n’est pas correct, ce qui arrive à leur soeur, leur mère ou leur fille. Les agressions sexuelles ne sont plus des faits isolés », affirme la chanteuse, qui voulait également que la musique se tienne toute seule.

Dans une veine similaire, Saturn Return s’adresse à un ami qui a traversé une mauvaise passe. « C’est une pièce où j’offre du support, celle que je préfère au plan vocal », révèle Hanorah. À cet égard, elle signale la contribution du légendaire Alan Prater. Il l’a aidée à préparer les séances d’enregistrement, lui a conseillé de ne pas trop en faire. Leur rencontre fut trop brève à son goût, mais comme elle se produira au Festival d’été de Québec le même jour que The Brooks, le 7 juillet, peut-être chanteront-ils ensemble.

Au Café Summum

En attendant, elle participera au Festival jazz et blues de Saguenay, le 26 avril, à 21 h, à la faveur d’une incursion au Bistro Café Summum de Chicoutimi. Appuyée par quatre musiciens, la Montréalaise revisitera le nouveau EP, tout en proposant quelques titres qui seront diffusés ultérieurement. Signe de son éclectisme, l’une de ces compositions possède des accents rock, tandis qu’une autre se révèle beaucoup plus douce.

« Trop souvent, lorsque j’écoute les albums des autres, j’ai le sentiment qu’il n’y a pas de différence entre les tounes. Je trouve ça répétitif, fait observer Hanorah. À l’intérieur de mon répertoire, par contre, j’ai tendance à aller dans des coins extrêmes. Je tiens à ce qu’il soit coloré, au lieu de faire la même chanson, over and over. »

Vous voulez y aller?

Hanorah
27 juillet, 20h
Chapelle du rang 1 de Lac-Mégantic
Entrée : 28 $