Benoit Sévigny

Tourner dans sa ville... ou presque

Durant trois jours, le centre-ville de Sherbrooke a pris des allures d'une petite ville du nord-est des États-Unis. Parmi les quelque 120 membres de l'équipe de tournage du téléfilm North Pole se trouve un technicien sherbrookois: Benoit Sévigny. Pour la première fois, le chef éclairagiste participe à la production d'une oeuvre importante dans sa ville natale.
«La dernière fois que j'ai tourné ici, je crois que c'était il y a environ quinze ans pour une pub du Maxi! Ça me fait drôle de tourner dans ma ville, même si on fait tout pour y donner des allures de ville américaine!»
Benoit Sévigny devait éclairer lundi les scènes qui se déroulaient devant le Théâtre Granada. Les enseignes des boutiques de la Wellington Nord ont été placardées de faux panneaux de commerces fictifs. Des décorations de Noël ont aussi été installées un peu partout. Même les voitures affichaient des plaques d'immatriculation de l'Illinois.
«Hier (dimanche), on était devant l'hôtel de ville et à l'école secondaire Mitchell. Aujourd'hui (lundi), la rue Wellington Nord a été bloquée à la circulation. Même avant de transformer les lieux, je trouve que Sherbrooke a beaucoup changé depuis ma jeunesse, surtout le centre-ville!» a lancé Benoit Sévigny.
C'est à l'âge de 17 ans que l'ancien élève du Séminaire de Sherbrooke a quitté son patelin afin d'étudier le théâtre ou les communications. Il souhaitait devenir comédien. Il est aujourd'hui un spécialiste en éclairage.
«Mon choix s'est arrêté sur la technique et le poste d'éclairagiste m'attirait davantage. Mon rôle aujourd'hui, c'est de recréer la lumière naturelle devant le Granada. Le soir, le terrain de jeu change complètement! Le défi est énorme.»
Après Café de Flore et C.R.A.Z.Y.
Ce téléfilm racontant l'histoire d'un petit garçon qui tente de ramener l'esprit de Noël dans sa ville n'est pas la plus grande production à laquelle Benoit Sévigny a participé. Et ce, malgré la présence de Tiffany Thiessen (Beverly Hills 90210) et Candice Glover (American Idol) au sein de la distribution.
«J'ai participé à de nombreuses téléséries américaines comme Life of Pi ou même des films bien connus au Québec comme Café de Flore et C.R.A.Z.Y. de Jean-Marc Vallée. Les contrats, je les obtiens grâce aux contacts surtout. Cette fois, on parle d'une production à petit budget : environ sept millions de dollars», indique le pigiste.
Et selon son expérience, comment pourrait-il qualifier Sherbrooke en lien avec le potentiel cinématographique?
«Sherbrooke constitue un très bel endroit pour y tourner des scènes. Partout, on y trouve des décors dignes de la Nouvelle-Angleterre notamment. Plusieurs oeuvres ont été tournées ici. On pense entre autres à In Love and War ou bien encore The Secret. Dans North Pole, on retrouvera entre cinq à sept minutes de scènes prises à Sherbrooke», précise Benoit Sévigny.
«On a obtenu une collaboration exceptionnelle à Sherbrooke, ajoute Karl-Jessy Jomphe, responsable du repérage des lieux. Après avoir reçu l'accord de la Ville, il a fallu s'entendre avec les commerçants et le Service de police de Sherbrooke. Nous recevrons une facture bientôt afin de nous permettre de dédommager les différentes organisations.»