Émilie Dubreuil revient du Mexique, où elle a suivi la caravane des migrants en route vers les États-Unis.

TLMEP: un récit prenant et bouleversant

CHRONIQUE / L’information internationale n’a plus l’espace qu’elle mériterait sur notre chaîne publique. Mais dimanche à «Tout le monde en parle», tout le plateau était accroché au récit prenant, bouleversant et essentiel d’Émilie Dubreuil sur les espoirs terriblement déçus des migrants, principalement en provenance du Honduras et du Salvador. De retour du Mexique, la journaliste de Radio-Canada, à qui je décerne l'étoile du match, y a suivi leur caravane en route vers les États-Unis, et son témoignage déchire le coeur.

Ces milliers de migrants en quête d’un monde meilleur se sont unis pour se déplacer en groupe, sachant que ce sont des routes excessivement dangereuses; plusieurs y sont enlevés ou carrément assassinés chaque année. Leur voyage vers les États-Unis n’a rien à voir avec le rêve américain : «ils fuient le désespoir, les menaces de mort, une mafia extrêmement violente», rappelle la journaliste. Le réveil a été brutal une fois rendu à Tijuana, à la frontière entre le Mexique et les États-Unis, marquée par cet immense mur de métal et ces gardes armés. Dans cet enfer sur terre qu’est Tijuana, Émilie Dubreuil craint que ces migrants, particulièrement les femmes seules et les enfants, soient victimes de la traite des personnes et à la prostitution juvénile. Un bandeau rappelait hier que les Américains ont fermé complètement leur frontière à cet endroit.

Juste à temps pour les Fêtes, Judi Richards et ses filles Sarah et Karine Deschamps proposent Héritage, un album bilingue de reprises, dont Aimons-nous d’Yvon Deschamps, qu’elles ont incluses dans leur spectacle Noël chez les Deschamps. «Un Toulouse 2.0», a lancé Dany Turcotte, rappelant l’ancien trio pop de Judi Richards, récipiendaire du tout premier Félix en 1980. L’expérience de Karine Deschamps à La voix en 2013 lui a laissé un goût plutôt amer. «J’ai reçu beaucoup de messages méchants, et même ma famille en a reçu», a raconté la chanteuse. Ariane Moffatt, qu’elle avait choisie, a aussi été insultée pour s’être retournée. Sarah-Émilie, elle, est directrice de programme pour la fondation Evenko. Seule Annie, qui fait aussi de l’humour, n’était pas sur le plateau.

À la retraite depuis presque 10 ans, Yvon Deschamps se garde occupé, entre ses grilles de Sudoku et ses cours d’espagnol et de piano. Il donne aussi de son temps à une fondation qui porte son nom dans le Centre-Sud, pour venir en aide aux jeunes de ce quartier défavorisé de la métropole. Certains lui ont reproché de s’être associé au Pacte pour la transition, alors qu’il avait acquis la vieille Bentley de Charlie Chaplin. «J’ai 83 ans, j’me pitcherai pas dans l’trafic en bicycle!» a blagué le père des humoristes.

Seul de sa classe à ne pas avoir été approché par un agent après sa sortie du Conservatoire d’art dramatique, Philippe-Audrey Larrue-St-Jacques a trouvé «la lumière» en humour. L’amoureux de littérature, tiré à quatre épingles et découvert dans Like-moi!, ouvre et ferme son one-man-show, Hélas, ce n’est qu’un spectacle d’humour, en lisant Émile Nelligan. Avant de donner son spectacle en France, il l’a testé auprès des Français de Montréal, «qui sont vraiment gentils». Mais «ceux de Paris ne sont pas si gentils que ça», a-t-il constaté une fois là-bas, où on lui a reproché son accent. Dès l’enfance, il jurait parmi la masse; un enfant qui pouvait parler du Molière d’Ariane Mnouchkine n’était pas forcément accepté des autres. «J’étais pas le caïd, j’ai eu des petits problèmes d’inclusion dans la cour d’école», admet-il. «Si tu me reçois avec de la fondue ou de la raclette, [ça signifie que] je ne suis pas assez important pour une cuisson», dit-il au sujet de ses efforts pour bien paraître.

Rayonnante, Ginette Reno a sauté de joie en recevant un disque d’or pour la vente de 40 000 copies de son 40e album, À jamais, son premier en sept ans. «Je ne suis plus sur la garantie», affirme la chanteuse, qui voit cet album comme son testament. Elle égrène ses problèmes de santé, «diabète, troubles cardiaques, surdité, apnée du sommeil, polypes intestinaux», avec l’énergie d’une battante, sans jamais se plaindre. D’ailleurs, elle reproche aux chanteuses, celles qui «préfèrent jouer au golf», de ne pas chanter à la mesure de leur talent. Un plateau avec Ginette Reno est toujours un plateau plein de vie.

«Votre fierté linguistique est une belle leçon pour nous, les Québécois francophones», a lancé Guy A. au quatuor invité à commenter les récentes décisions de Doug Ford touchant les Franco-Ontariens. La députée conservatrice Amanda Simard a pris position contre son propre parti, «un geste politique courageux», a souligné l’animateur. Elle a rappelé qu’«il n’y a pas d’épargne» dans la décision d’abolir le Commissariat des services en français, pour laquelle le premier ministre ontarien a reculé depuis, du moins en partie. Des quatre, l’avocat en droits linguistiques Ronald Caza était le plus vigoureux, considérant que le choix de Doug Ford envoyait un bien mauvais message, celui qu’il ne vaudrait plus la peine de faire des efforts pour protéger la langue et la culture, un combat de tous les jours pour les Franco-Ontariens. En réaction aux propos de Denise Bombardier sur la quasi disparition des francophones à l’extérieur du Québec, il a affirmé qu’il y avait plus de francophones en Ontario que dans la ville de Québec.

Fort sympathique ce Snails, producteur et DJ, dont la musique électronique fait danser les foules, et qui rêvait d’être invité à Tout le monde en parle. Issu du monde métal, il a créé son propre style, le «vomitstep», un «sous-genre musical». De par son succès international, certains le croient Américain, mais Snails s’appelle Frédéric Durand et vient de Ste-Émélie-de-l’Énergie. Membre votant de l’Académie des Grammy depuis que le duo Skrillex et Diplo l’a  remercié sur scène, il entreprend une longue tournée américaine.

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