La route a été longue, les embûches, nombreuses, mais depuis le 19 décembre, Tim Brink tient enfin dans ses mains son premier album solo, This Is Ours.

Tim Brink : le fruit d’une longue attente

SHERBROOKE — La route a été longue, les embûches, nombreuses, mais depuis le 19 décembre, Tim Brink tient enfin dans ses mains son premier album solo, « This Is Ours ». Pour le chanteur et musicien estrien, cela met un terme à presque cinq ans à dire aux personnes de son entourage que son premier opus était en route.

« Pendant tout ce temps, la deuxième question que les gens me posaient, quand ils me croisaient dans la rue, c’était : et puis, est-ce que l’album sera prêt bientôt? Évidemment, il n’y avait aucune mauvaise intention là-dedans, mais à la longue, j’ai fini par me sentir mal et honteux que le disque ne soit pas encore sorti et ça n’a pas aidé ma voix à guérir », raconte celui qui a traversé une période d’épuisement après sa participation à La voix en 2016.

« Déjà à l’époque, mes capacités de chant étaient à environ 60 pour cent », ajoute-t-il.

Certains se souviendront peut-être de ce fameux soir de juillet 2016 où Tim a assumé la première partie de Robert Charlebois à Cookshire-Eaton avant de filer à Sherbrooke pour partager la scène du Sherblues avec Martin Goyette.

« C’est sûr que j’ai eu besoin de cortisone ce jour-là! raconte-t-il en riant. Surtout que ma voix était déjà dans un de ses pires états. J’ai donné beaucoup de spectacles après La voix, trois ou quatre par semaine, dont plusieurs à l’extérieur de la région, et j’ai toujours gardé mon emploi de gérant de restaurant [au Shalimar] à travers tout ça. C’est après l’été 2016 que j’ai vraiment craqué. J’ai continué de travailler en restauration, mais j’ai arrêté les spectacles. Disons que j’ai appris que je n’avais plus 20 ans mais 40. »

Repos, cures d’eau et de jus, entraînement physique, diète sans alcool et abandon de la cigarette l’ont aidé à retrouver ses précieuses cordes vocales, qu’il estime à environ 85 pour cent de capacité aujourd’hui, ce qui était suffisant pour l’enregistrement d’un disque. « J’ai trouvé ça long », avoue celui qui a également fait partie du spectacle Footloose, présenté à Montréal en 2017 puis à Québec en 2018 (l’affaire Gilbert Rozon a plombé cette production de Juste pour rire, qui devait se rendre aussi à Paris et Toronto).

Doux loup

Avec This Is Ours, ceux et celles qui connaissaient déjà le côté rock de Tim Brink, comme à l’époque où il était la voix de Pete Möss, découvriront une facette plus folk, même un peu country du chanteur. Mais ce genre de musique a toujours fait partie de la vie du Sawyervillois d’origine. Certaines des chansons ont été écrites par Tim il y a déjà dix ans.

« Il y a deux loups en moi, celui qui grogne et celui plus doux, qui ne pouvait vraiment s’exprimer dans mes autres projets musicaux. C’est celui-là qu’on entend enfin sur cet album. »

Le disque est un amalgame de chansons de party et de chansons d’amour, résume Tim. « Mais quand je parle d’amour, je ne fais pas juste référence à ma fiancée, mais aussi à l’amour que j’éprouve pour ma sœur, pour mes amis, etc. Sheila’s Pearls raconte la vie d’une mère d’enfant autiste, qui lui donne tout d’elle. Exponentially Beautiful parle d’abord de la femme formidable qu’est ma sœur, mais aussi de la beauté des liens d’amour, d’amitié ou de famille qui durent. J’ai souvent des chansons comme celle-là qui peuvent être reçues de deux façons différentes. »

Et ne cherchez pas le mot crujali dans un dictionnaire anglais. « C’est un nom fictif, que j’ai inventé pour parler de mon meilleur ami, JF Leclerc, de notre capacité à redevenir des enfants quand on est ensemble. Ça a donné la chanson Crujali & Pigeonhole. »

« Le titre de l’album [C’est à nous] fait référence à ce qui se passe entre une personne qui joue et une personne qui écoute. Il faut les deux pour que quelque chose se passe. J’ai du plaisir à jouer seul, mais jamais autant que devant du monde. Cette synergie-là est la meilleure des drogues », dit-il avant d’éclater de rire.

Tim a tenu à produire lui-même son disque. « Je voulais vraiment garder le contrôle sur le projet », explique celui qui se charge aussi de la distribution. L’album est actuellement en vente au Black Cat Books de Lennoxville, aux Caffuccino Jacques-Cartier et Magog, au Shalimar et chez le disquaire Rétropop de Fleurimont. Il sera également offert sur iTunes en février.

Le lancement de This Is Ours aura lieu officiellement le 1er­ mars au Théâtre Centennial. Quant aux spectacles, il faudra attendre l’été prochain.

« J’ai un agent qui travaille là-dessus et même un peu plus loin que le Québec. Mon but, c’est de pouvoir un jour gagner ma vie avec la musique. Disons que j’ai un bon feeling. »