Accompagnée par les quatre musiciens de l’ensemble Quartango, la soprano Marie-Josée Lord vient présenter au Théâtre Granada Tangopéra!, concert pendant lequel elle interprète des airs d’opéra remaniés, des classiques argentins et d’originales compositions.

Tango chanté

Marie-Josée Lord avait la voix plongée dans le répertoire solaire de son spectacle «Yo Soy Maria» lorsque Quartango a eu l’idée d’amalgamer son univers latin au sien. La proposition d’une alliance opéra-tango a immédiatement plu à la soprano. « Ce genre de projets, j’aime beaucoup, parce que ça me fait découvrir autre chose, ça m’emmène ailleurs. »

L’ailleurs a cette fois les couleurs de Buenos Aires. Avec le réputé quatuor, la soprano interprète des airs d’opéra remaniés façon tango, de même que des classiques argentins et d’originales compositions. Bizet, Piazzolla, Weill sont quelques-uns des compositeurs dont les airs sont à l’honneur. Avec les musiciens René Gosselin (contrebasse), Antoine Bareil (violon), Stéphane Aubin (piano) et Jonathan Goldman (bandonéon), la diva offre aussi une version remaniée de Summertime et de Besame Mucho. Entre autres.

« C’est un tour de chant dans lequel j’habille ma voix de teintes un peu plus espagnoles. Avec Quartango, j’ai une belle complicité. L’ambiance de ce concert est chaleureuse, sensuelle, rythmée, empreinte d’une belle folie. Ça me permet de m’amuser avec ma voix, que j’ai toujours considérée comme un instrument, mais que j’ai aussi longtemps vue comme une petite bête que je devais dompter. »

« Avec les années, ça a un peu changé. On collabore mieux, ma voix et moi, parce qu’on se connaît. Au départ, c’était quand même surprenant, pour moi, ce son qui sortait de je ne savais pas où. C’était chaque fois comme une surprise. Aujourd’hui, je connais les mécanismes de ma voix, je sais comment la réveiller, lui donner ampleur et profondeur », dit celle qui a commencé à chanter à 22 ans, presque par hasard. Deux ans plus tard, elle gagnait sa vie avec la puissance de ses cordes vocales.  

Cohabitations artistiques

Depuis, elle n’a jamais eu peur de marier les disciplines, de varier les répertoires. Elle sait que ça peut déstabiliser les puristes. Et puis après?

« Moi, j’aime ce que je fais. Et je veux que les gens comprennent ce que je fais. Pour ça, il faut parler un langage qui les rejoint, il faut être accessible. Après ça, le croisement des univers artistiques, c’est une grande richesse. Je ne pense pas qu’un art peut exister tout seul dans son coin, parce que, ainsi, il se perd. On gagne à le faire cohabiter avec d’autres modes d’expression. C’est comme ça que tout prend du sens, que tout prend une autre dimension », précise la chanteuse qui, en 2010, remportait le Félix de l’album classique de l’année avec son premier disque.

La cantatrice a depuis lancé Yo Soy Maria (2012) et Amazing Grace, un opus de Noël (en 2014). Elle s’apprête à enregistrer un nouvel album avec l’Orchestre symphonique de Laval. Devant public. Puccini, Verdi et Massenet sont notamment au menu de ce concert d’exception qui aura lieu mercredi (25 octobre).

« Enregistrer devant une foule, ça amène une spontanéité et une liberté qu’on ne peut pas avoir en studio. Ça fait naître de belles choses. Ma compagnie de disques le sait. De là l’idée d’une captation du spectacle Pour l’amour de l’opéra. »

VOUS VOULEZ Y ALLER

Tangopéra!
Marie-Josée Lord et Quartango
Samedi 28 octobre, 20 h
Théâtre Granada
Entrée : 43,50 $