Les artistes Michelle Boulay et Étienne Saint-Amant devant Syncrétisme au centre-ville de Sherbrooke.
Les artistes Michelle Boulay et Étienne Saint-Amant devant Syncrétisme au centre-ville de Sherbrooke.

Syncrétisme : le fruit d’une rencontre évolutive

Andréanne Beaudry
Andréanne Beaudry
La Tribune
À travers la vitrine du 30, rue Wellington Nord, les Sherbrookois peuvent venir profiter des dernières heures d’exposition de l’œuvre collaborative des artistes Étienne Saint-Amant et Michelle Boulay. La toile Syncrétisme, accompagnée d’un court poème, est exposée depuis vendredi, et ce, jusqu’à lundi.

« Dans la vie, je suis une personne qui provoque les rencontres », lance Michelle Boulay. À la base, la photographe ne connaissait pas du tout l’artiste professionnel en arts technologiques, mais quelques-uns de ses amis, oui.

Intriguée, elle s’est intéressée de plus en plus à son travail en tant qu’artiste. « J’ai vraiment été impressionnée par son parcours, mais aussi par son travail et toute la démarche autour de ses œuvres. Je trouve que son côté scientifique et calculé, qui n’est pas du tout mon domaine soit dit en passant, est mystérieux et fascinant. »

Michelle Boulay l’a donc contacté tout bonnement sur les réseaux sociaux sans attente quelconque. Après quelques rencontres, autour d’un café ou lors d’une randonnée hivernale, les deux artistes ont appris à se connaître.

Une photo : la première étape avant Syncrétisme

L’œuvre collaborative est née d’une photo de Michelle Boulay prise en haut du mont Royal. « Dès mon retour, j’ai fait le traitement. En réalité, j’en ai fait un montage dans le style symétrique, double exposition, mais en post-traitement. J’ai vraiment joué avec les couleurs, pis tout d’un coup, je me suis dit que je pourrais l’envoyer à Étienne afin de lui proposer d’ajouter sa vision et ses techniques à partir de l’œuvre », explique-t-elle.

« Son image, c’était une œuvre parfaite. Alors je me demandais comment j’allais empiéter dans cet univers-là en intégrant mon imagerie », affirme Étienne Saint-Amant.

L’ajout d’Étienne Saint-Amant, grâce à un système précis et une formule mathématique unique, a finalement créé un effet de « rivière » au paysage montréalais de la photo.

« Montréal, c’est quand même un symbole d’urbanisme et de désolation en même temps. Pour moi, une ville c’est un symbole d’activité et de communication », mentionne-t-il.

Étienne Saint-Amant poursuit sa réflexion en soulignant que la société vit en quelque sorte une « névrose collective » présentement. « J’aime le décrire de cette manière parce que je pense vraiment que nous sommes, en tant que société, à côté de nos pompes dans l’évaluation actuelle des priorités. »

Cette œuvre évolutive est d’ailleurs décrite par les deux artistes comme étant un chaos collectif. « Je voyais en même temps l’urbanité et la terre qui gronde. Cette espèce de catastrophe qui nous arrive tous présentement », résume brièvement la photographe.

La pièce physique de Syncrétisme est aussi présentée avec un poème sur le même thème.

« C’était la dernière étape de notre collaboration, mais celle où nous avions vraiment créé quelque chose ensemble. Parce que ce n’était pas le cas auparavant », souligne-t-elle.

En pleine nature, ils ont alors composé le poème que nous retrouvons affiché dans la vitrine de la rue Wellington Nord près de l’œuvre physique.

« J’aime dire que notre œuvre est multimodale, car c’est un mélange de poésie, de photographie, d’imagerie et de traitement d’images, et d’art mathématique aussi », conclut Étienne Saint-Amant.