Mariana Mazza et Katherine Levac

Suivre et créer les vagues

Suivre les vagues, mais aussi tenter de les créer : en 37 ans à la tête du Vieux Clocher de Magog, Bernard Caza a appris à attraper les courants, mais n’a pas cessé de faire les choses à sa manière pour autant. Ainsi, cette nouvelle génération d’humoristes à guichets fermés dès leur premier spectacle solo (Simon Gouache, Phil Roy, Jay Du Temple, Katherine Levac, Mariana Mazza, les Grandes Crues...), la salle magogoise l’a adoptée immédiatement, fidèle à son rôle d’entremetteuse entre le public et les nouveaux visages. Mais le directeur artistique persiste et signe à maintenir les spectacles de chansons, notamment par le retour de ses dimanches d’été en musique, et se démarque cette fois par une plongée, l’automne prochain, dans l’univers du classique.

En effet, la salle de la rue Merry, plutôt rompue à accueillir les rires et les guitares électriques, fera une place à la soprano Marie-Josée Lord le 4 octobre prochain ainsi qu’au pianiste sherbrookois Tristan Longval-Gagné le 18 novembre.

« Le Vieux Clocher n’a pas tout ce qu’il faut pour présenter toutes les formes d’art, comme le théâtre, la danse ou les grands ensembles. Mais j’ai déjà reçu Marc Hervieux, qui a adoré sa soirée, et un spectacle comme Femmes de Marie-Josée Lord, je trouvais ça l’fun. Et je suis très heureux qu’un pianiste comme Tristan s’installe devant le Yamaha du Vieux Clocher. C’est un piano que Claude Léveillée aimait beaucoup. Vic Vogel a enregistré deux disques avec cet instrument. Et André Gagnon disait que c’était rare, un piano avec une attaque comme celle-là. »

Le directeur artistique du Vieux Clocher de Magog Bernard Caza est très fier de la programmation été-automne.

Retrouver l’intimité
De la programmation été-automne du Vieux Clocher de Magog, officiellement présentée aux médias ces jours-ci, on peut souligner plusieurs nouveautés en humour, dont celles de Philippe Laprise (Je m’en occupe!, du 17 au 21 juillet), André Sauvé (Ça, du 31 juillet au 4 août), Alexandre Barrette (8 septembre), Philippe Bond (14 et 15 septembre), Guillaume Wagner (Du cœur au ventre, le 19 octobre), Patrick Groulx (9 novembre) et P-A Méthot (23 et 24 novembre). Certaines seront en rodage, d’autres à terme.

De toute façon, le mot rodage est en perte de vitesse, constate Bernard Caza, qui voit passer entre ses murs des prestations déjà très avancées même si la première médiatique montréalaise n’a pas encore eu lieu.

« Auparavant, les rodages n’étaient pas aussi longs avant Montréal. Maintenant, ça s’étend sur plusieurs mois. Le mot n’a plus le même sens. Les spectacles qui passent ici ne sont plus au stade où deux ou trois numéros complets risquent d’être remplacés : ils sont achevés, même si la presse de Montréal ne les a pas encore vus. »

Ce qui est réconfortant pour Bernard Caza, c’est de voir revenir les spectacles d’artistes qui remplissent en ce moment les plus grandes salles, mais qui tiennent à regoûter l’intimité du Vieux Clocher. Ce sera notamment le cas pour Phil Roy (du 10 au 14 juillet), Jérémy Demay (du 24 au 28 juillet), Pierre Hébert (du 7 au 11 août), Katherine Levac (du 14 au 18 août), Mariana Mazza (du 21 au 25 août et du 28 août au 1er septembre), Simon Leblanc (7 septembre et 6 octobre), Guy Nantel (28 et 29 septembre), Dominic Paquet (5 octobre), Jean-Michel Anctil (2 et 3 novembre), 2Frères (8 décembre) et Peter MacLeod (14 et 15 décembre).

Les Grandes Crues

« Certains sont simplement de grands amis du Vieux Clocher, mais je vais toujours me rappeler Rachid Badouri, qui, après 75 salles de 800 à 1500 spectateurs, demandait qu’on lui programme une fin de semaine chez nous. Il avait besoin d’un endroit pour reprendre un contact plus direct avec l’auditoire. Quand tu n’es qu’à un mètre des gens, tu les vois se donner des coups de coude, tu leur laisses davantage le temps de rire. Tu ne passes pas aussi vite au gag suivant lorsqu’une dame s’essuie les yeux juste devant toi. »

Philippe Bond

Fin du creux de vague
Parce que les spectacles d’humour sont prépondérants au Vieux Clocher et que plusieurs humoristes y ont pris leur envol, Bernard Caza doit un peu se battre pour rappeler que la chanson y a encore sa place. Cette année, sa série estivale comprend le retour d’Offenbach (29 juillet), Bruno Pelletier (5 août), Les Vieux Criss (12 août), l’incontournable Désherbage de Tire le coyote (19 août) et Patrice Michaud, qui, même s’il a officiellement terminé sa tournée en salles en mai, fera une exception (26 août). Pour l’automne, on note la présence de Ludovick Bourgeois (21 septembre), The Franklin Electric (16 novembre), Kaïn (17 novembre) et le nouveau spectacle de Pascale Picard (1er décembre). Sans oublier ce fidèle Gilles Vigneault (11 octobre), qui sera là deux semaines avant de célébrer ses 90 ans.

« J’ai l’impression qu’on est en train de sortir du creux de vague en chanson. En tout cas, je veux redonner envie aux gens de voir des musiciens sur scène. Avec des spectacles comme celui des 2Frères, j’ai vu du monde y reprendre goût. »