L'auteur-compositeur-interprète sherbrookois Stéphane Longval lance ce mardi (26 septembre) son troisième album, Entre l'arbre et l'époque, à la Salle Le Tremplin de Sherbrooke. Le disque sera en vente sur Bandcamp dès mercredi.

Stéphane Longval : Prendre le temps

À la fin de sa tournée, lorsque les applaudissements ont salué sa dernière prestation sur scène, à la Place des Arts de Montréal, Stéphane Longval a longuement savouré le moment. Parce que la soirée avait été en tout point parfaite. Et parce que ce spectacle d'exception était peut-être le dernier.
« Je n'en avais pas beaucoup parlé autour de moi, mais je n'étais pas certain de vouloir faire encore de la musique. L'année qui avait suivi la sortie de mon deuxième disque, À force de battre, avait été un grand tourbillon. À travers le boulot, la chanson, les concours et la vie tout court, j'avais l'impression de ne pas trouver mon point d'équilibre. »
L'auteur-compositeur-interprète sherbrookois a remisé ses chansons pour un temps. Pendant un an, il a pataugé dans les projets créatifs et scéniques de son amoureuse, l'écrivaine Claire Vigneau. La parenthèse lui a redonné de l'élan.
Il a fini par ressortir calepin et stylo, il a recommencé à fredonner des mélodies. Une chanson à la fois, il a tricoté un troisième album, Entre l'arbre et l'époque, qu'il lance mardi.
« Ça m'a pris deux ans, ça s'est fait en douceur. Ce temps-là, j'avais besoin de le prendre », précise celui qui, au quotidien, travaille aussi comme psychologue industriel.
Le titre dont il a coiffé son bouquet de 12 chansons réfère à cette dualité qu'il ressent lorsqu'il pose le regard sur le monde dans lequel il évolue.
« J'aime aller dans la nature, je m'y sens bien, mais je ne pourrais pas être complètement reclus dans le bois. Ça me plaît de vivre en ville, d'aller au cinéma à pied, de voir des spectacles. Je me demande parfois à quelle époque j'appartiens... J'ai mon ordi, je me sers de la technologie, j'y vois beaucoup de points positifs et je suis capable de regarder mes courriels aux trois secondes, oui, mais parfois, je m'interroge sur la pertinence d'être si branché. Quand je vois tout le monde qui a le regard rivé sur son téléphone, au parc ou dans la rue, je trouve ça un peu triste. À force de se projeter dans un univers virtuel, on passe peut-être un peu à côté du monde réel et de l'instant présent. »
Épurer le style
Lui, il ne voulait pas passer à côté de ce qu'il avait à dire, de ce qu'il avait à transmettre.
Il continuera à interpréter sur scène quelques chansons des débuts, comme l'humoristique Grinn Cheese (gagnante du Prix Étoile Galaxie de la meilleure chanson country au Festival western de Saint-Tite en 2012). « J'aime qu'un spectacle ne soit pas monochrome, je prends plaisir à me promener dans le drôle autant que dans le touchant. »
Sur disque, il avait cependant besoin d'emprunter une nouvelle avenue. Avec Vincent Poirier, réalisateur et complice musicien des débuts (avec qui il a d'abord formé le duo Sacha-Frédéric), il s'est donné comme mot d'ordre d'épurer le style.
« Je voulais un album encore plus près de qui je suis. Je souhaitais être plus direct, dans les mots comme dans le son. Mon approche est sans paravent. En enlevant une couche, on se dévoile davantage, on s'expose différemment, avec plus de vulnérabilité, probablement. »
La violoniste Julie Larochelle s'est jointe au projet en chemin. Ses cordes se marient bien au folk de Longval qui, dans sa nouvelle galette autoproduite, a aussi creusé des thèmes qu'il n'avait pas osé aborder auparavant. La langue française, la culture et l'identité, par exemple, sont au coeur de l'engagée Dans nos mots. « Je voulais en parler, même si ce n'est pas une question très à la mode, actuellement. J'avais envie de dire à quel point nos racines françaises et notre culture sont importantes à préserver. C'est le coeur de notre identité. Savoir qui on est, comme peuple, je pense que ça nous rend ensuite plus tolérants, plus accueillant envers l'autre », exprime celui qui laissera le temps aux chansons de se déposer dans l'oreille du public avant de les faire entendre sur planches.
À part deux spectacles, les 27 et 28 octobre, au Tremplin, Stéphane Longval n'a rien au calendrier de son automne.
« Les autres shows viendront plus tard, même si je sais que c'est contraire à la tendance qui veut qu'on fasse tout, tout de suite. »
Pas grave. Coincé entre « l'arbre et l'époque », lui, il choisit de prendre le temps.
Vous voulez y aller?
Lancement
Entre l'arbre et l'époque
Stéphane Longval
Salle Le Tremplin de Sherbrooke
Mardi 26 septembre, 18 h
L'album sera en vente sur Bandcamp dès mercredi (27 septembre)